Posted by: africanpressorganization | 17 July 2015

Initiative en Ethiopie pour offrir plus de possibilités aux jeunes ruraux / Un projet financé par l’Italie met l’accent sur des politiques visant à traiter les causes sous-jacentes de la mobilité économique


 

Initiative en Ethiopie pour offrir plus de possibilités aux jeunes ruraux / Un projet financé par l’Italie met l’accent sur des politiques visant à traiter les causes sous-jacentes de la mobilité économique

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 17 juillet 2015/African Press Organization (APO)/ La FAO et le gouvernement de l’Ethiopie viennent de parapher un accord de partenariat qui vise à réduire la mobilité des jeunes due à la pauvreté par la mise en œuvre dans le secteur agricole et, plus largement, dans les zones rurales, de politiques innovantes créatrices d’emplois et d’occasions d’affaires pour les jeunes.

Etalé sur deux ans, le projet financé par le gouvernement italien vise à mieux cerner la dynamique conduisant les populations rurales – les jeunes en particulier – à quitter leur foyer pour partir à la recherche d’un emploi ailleurs.

De meilleurs éléments probants sur les tendances et les impacts de la migration rurale aideraient les décideurs à améliorer les politiques de développement agricole et rural afin d’accroître les possibilités d’emploi et rendre ainsi les zones rurales plus attrayantes pour les jeunes.

La contribution totale du gouvernement italien se monte à 2,5 millions de dollars pour l’ensemble du projet qui inclut une initiative similaire en Tunisie. L’accord de partenariat avec le gouvernement tunisien sera signé à une date ultérieure.

Le projet permettra en outre de renforcer les compétences des ministères éthiopiens de l’agriculture, de la jeunesse, du travail et de la formation professionnelle pour ce qui a trait à la conception et à la mise en œuvre de ces politiques.

Les représentants des organisations du secteur privé et de la société civile seront également pris en charge et leurs capacités renforcées pour qu’ils puissent participer à l’élaboration de politiques et de programmes ad hoc.

Les initiatives orientées vers la société civile viseront à autonomiser les organisations de producteurs, les groupes de jeunes et les réseaux de migrants en particulier.

L’accord de partenariat a été paraphé par M. Tefera Derebew, Ministre éthiopien de l’agriculture et du développement rural, et M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, dans le cadre d’un événement lors de la 3ème Conférence internationale sur le financement du développement.

M. Derebew s’est félicité, dans une déclaration, de la conclusion de cet accord.

Quant à M. Graziano da Silva, il a souligné notamment: «Au cours des prochaines décennies, les tendances démographiques, la mondialisation, les inégalités et le changement climatique vont probablement accroître les pressions migratoires à l’intérieur et à l’extérieur des frontières. Les migrations motivées par la détresse sont particulièrement importantes chez les jeunes ruraux.»

Le chef de la FAO a encore dit: «L’Ethiopie est confrontée à un défi majeur de migration de jeunes mais elle est à l’avant-garde pour ce qui est des efforts de transformation de son secteur agricole et de ses régions rurales vers des voies de développement plus inclusives et plus riches en emplois.»

Egalement présent à la cérémonie de signature M. Guseppe Mistretta, Ambassadeur d’Italie en Ethiopie, dont le pays fournit les ressources essentielles servant à financer ce projet. L’Italie, qui prête un grand intérêt à la question de l’emploi des jeunes à travers le monde, accorde une place privilégiée à cette problématique dans ses programmes de développement.

Au début de la semaine, le premier ministre italien Matteo Renzi, qui prenait la parole à la conférence d’Addis, devait souligner l’intention de son gouvernement de dynamiser son effort de coopération avec les pays africains.

«Le véritable défi pour nous, a dit M. Renzi, n’est pas seulement de sauver des vies humaines, mais de créer des emplois ici et de nouvelles perspectives d’espoir. Les gens fuient la pauvreté, le besoin, les conflits, les persécutions et partent à la recherche d’un meilleur avenir».

«Nous devons nous pencher sur les causes profondes qui forcent les migrants à quitter leur famille. Nous devons investir en Afrique. Nous devons y investir absolument dans l’agriculture, l’alimentation, la création d’emploi pour vaincre la pauvreté économique», s’est exclamé M. Renzi.

Améliorer les connaissances

Les résultats attendus de l’accord FAO-Ethiopie soutenu par l’Italie incluent:

•    l’amélioration des connaissances et de la sensibilisation pour tirer le meilleur parti du potentiel de la mobilité économique afin de promouvoir l’emploi des jeunes dans l’agriculture. Cela implique l’évaluation de l’impact des schémas de mobilité sur les moyens d’existence en milieu rural, et du rôle que les migrations et les transferts de fonds jouent dans les processus de transformation rurale et la création d’emplois.

•    le renforcement en Ethiopie des politiques visant à faciliter aux jeunes des zones rurales l’accès à l’emploi dans les activités agricoles et non agricoles, notamment à travers la promotion des start-ups et des occasions d’emploi hors saison.

Les leçons tirées de l’expérience en Ethiopie contribueront à éclairer le débat mondial sur la mobilité économique. Les données recueillies seront également utilisées pour renforcer le dialogue international tel que ceux en cours entre l’Union européenne et les pays africains et dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen.

Les problèmes régionaux reflètent un défi mondial

Actuellement, on compte 740 millions de migrants internes et 232 millions de migrants internationaux dans le monde, dont beaucoup de jeunes, surtout des zones rurales, qui sont contraints de migrer en raison de la pauvreté et du manque de possibilités locales.

En Ethiopie, où plus de 30 pour cent de la population vivent dans l’extrême pauvreté et 32 pour cent sont sous-alimentés, la migration à la fois interne et externe est une stratégie de subsistance essentielle pour de nombreux ménages.

Les jeunes Ethiopiens vivant dans les zones rurales sont confrontés à des difficultés croissantes pour accéder à la terre en raison à la fois de la pression démographique, de la dégradation de l’environnement et de l’absence d’emplois.

La majorité des migrants sont des hommes qui laissent souvent aux femmes le soin de s’occuper toutes seules de la ferme et du ménage. Cela met les femmes dans une position particulièrement défavorable, car elles rencontrent de grandes difficultés à obtenir des intrants, des crédits et d’autres moyens de production agricole. En outre, elles voient diminuer leurs chances de trouver un emploi alternatif ou des opportunités commerciales.

 

SOURCE 

Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO)


Categories

%d bloggers like this: