Posted by: africanpressorganization | 25 November 2011

Intervention de Sem Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine à la 3èeme réunion des ministres des affaires étrangères du forum de coopération Afrique-Amérique du Sud (ASACOF)


 

 

Intervention de Sem Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine à la 3èeme réunion des ministres des affaires étrangères du forum de coopération Afrique-Amérique du Sud (ASACOF)

 

MALABO, Guinée Equatoriale, 25 novembre 2011/African Press Organization (APO)/ — Monsieur Le Président de la République de Guinée Equatoriale, Président de l’Union africaine,

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères de la République de Guinée Équatoriale, Président du Conseil Exécutif de l’Union africaine,

 

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères de la République fédérale du Nigéria, Coordonnateur ASACOF pour l’Afrique,

 

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères de la République fédérative du Brésil, Coordonnateur ASACOF pour l’Amérique Du Sud,

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire exécutif de l’UNASUR,

 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

 

Distingués participants, Mesdames et Messieurs,

 

1.    Permettez-moi tout d’abord, de réitérer au nom de la Commission de l’Union africaine et en mon nom personnel, notre profonde gratitude à SEM. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée Equatoriale, à son Gouvernement et au Peuple Équato-guinéen pour les efforts qu’ils ont aimablement consentis pour accueillir les travaux de notre réunion, conformément à la décision du 17ème Sommet de l’UA de Juillet dernier, de tenir en Guinée Équatoriale, le 3ème Sommet de l’ASA prévu initialement en Libye. En acceptant d’abriter ces assises dans cette belle ville hospitalière de Malabo, la République de Guinée Équatoriale adhère pleinement aux efforts déployés pour le renforcement du partenariat d’exception que l’Union africaine et l’Amérique du Sud ont ambitionné d’établir entre nos régions depuis la Déclaration d’Abuja de novembre 2006, sur la base de liens forgés par une histoire et un héritage culturel communs et renforcés par des valeurs fondamentalement partagées. Et aujourd’hui encore, la présence dont nous honore le Président de la République de Guinée Equatoriale, Président de l’Union africaine, ce dont nous le remercions profondément, atteste s’il en était encore besoin, de la ferme volonté africaine au plus haut niveau, de consolider ce partenariat.

2.    Je tiens donc à vous remercier tous d’avoir bien voulu, en venant participer à cette 3ème réunion des ministres des Affaires étrangères du Forum de coopération Afrique – Amérique du Sud (ASACOF), marquer votre détermination à faire de cette rencontre, un événement en soi c’est-à-dire, un fait après lequel les choses ne seront plus ce qu’elles étaient auparavant. Car durant ces deux prochains jours, je compte bien que nous aurons tous à cœur de faire de sorte que nos travaux restent dans les annales de notre partenariat comme un tournant historique dans la concrétisation effective des engagements que nous avions pris depuis l’institutionnalisation de nos relations de coopération.

3.    Pourquoi le cacher en effet, il s’agit maintenant d’infléchir le cours tranquille de notre partenariat vers une dynamique plus soutenue et plus productive, en lui donnant un contenu pratique qui au-delà de la rhétorique, va contribuer à apporter ensemble des réponses concrètes aux préoccupations prioritaires de nos peuples notamment, pour ce qui est de leurs aspirations légitimes en termes de développement, de progrès, de sécurité et de dignité.

4.    Les contacts et les réunions effectués jusqu’ici, ont certes, permis de dynamiser notre coopération et de consacrer notre partenariat dans divers domaines. Dans ce cadre, les responsables de haut niveau du Groupe de coordination du Forum Afrique-Amérique du Sud de la coopération (ASACOF) se sont réunis à New York, le 24 Septembre 2011, en marge de la 66ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies pour préparer cette rencontre ministérielle et faire le point des progrès accomplis depuis le IIème Sommet ASA de Margarita, au Venezuela en Septembre 2009.

5.    Faut-il également rappeler que durant la réunion de nos ministres des Affaires étrangères tenue en marge de la 65ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies en Septembre 2010, nous avons adopté un Plan de Mise en œuvre Afrique –Amérique du Sud 2010-2015 qui couvre huit domaines de coopération et qui agence les projets et les programmes à mettre en œuvre en priorité.

6.    De tout cela émerge une volonté mutuelle jamais démentie de poursuivre le partenariat mais les résultats réalisés jusque-là restent cependant modestes au regard des potentialités immenses et des capacités dont disposent nos deux régions.

En clair, notre partenariat requiert un nouvel élan et un nouveau souffle politique pour avancer de manière irréversible et concrète et le principal défi est d’assurer effectivement la mise en œuvre effective des projets et des programmes convenus.

7.    Dans cette perspective, nous nous devons par exemple de clarifier des questions restées en suspens comme le rôle et les fonctions du Comité Présidentiel Stratégique ainsi que l’intégration de son mandat aux structures et institutions existantes de l’ASA ; il s’agit aussi et ce, conformément à la Décision du Sommet de l’Union africaine de Kampala qui a souligné la nécessité d’approfondir les modalités de fonctionnement de ces institutions afin d’assurer une bonne appropriation desdites Institutions, de renforcer les groupes de travail, de mettre en place un Instrument de financement pour la mise en œuvre de projets concrets et surtout de nous fixer un calendrier d’activités et un programme de travail de l’ASA. C’est d’ailleurs ce qu’a préconisé la 1ère réunion de travail du Comité Stratégique présidentiel tenue à Caracas en août 2010 en appelant la mise en place d’un calendrier stratégique 2010-2020. Concernant en particulier le Mécanisme de suivi, il relève d’évidence de la responsabilité des deux Parties de fournir l’appui nécessaire pour l’accomplissement de son mandat.

Monsieur Le Président de La République,

Mesdames et Messieurs,

8.    Mais il s’agit également et ce n’est pas le moins, de raffermir les jalons d’une coopération Sud-Sud pour le développement dans un contexte global de mondialisation accélérée et de successions de crises, contexte qui nécessite de notre part, une mobilisation et une solidarité accrues pour coordonner nos démarches et combiner les forces de nos deux groupes régionaux qui sont appelés à devenir des acteurs de plus en plus présents sur la scène internationale et qui représentent des potentiels certains.

9.    Dans un monde confronté à de nouvelles menaces globales et en même temps porteur de nouvelles opportunités, nous devons être des alliés privilégiés qui peuvent ensemble multiplier leur potentiel d’action et de négociations pour peser de tout leur poids dans la gouvernance internationale. Aujourd’hui, les thèmes dominants de l’Agenda international appellent des réponses qui dépassent largement la capacité de chaque région, du changement climatique à la réforme des Nations unies en passant par la lutte contre la criminalité organisée. Somme toute, notre partenariat Afrique –Amérique du Sud représente une Alliance stratégique pour une mondialisation maîtrisée ! Cela ne dépend que de nous car de la qualité et du bon fonctionnement de notre partenariat découlent le rôle et la présence que nous pouvons avoir sur l’échiquier mondial et au sein des organismes internationaux, au vu simplement du nombre élevé de nos membres, sans parler du poids économique et politique de chaque région !

10.    A cet égard, je voudrais insister sur la nécessité de poursuivre nos consultations politiques à tous les niveaux. Cette dynamique de concertation permanente favorisera l’échange de nos expériences respectives et aidera indubitablement au renforcement de nos capacités et de nos moyens d’action ainsi que le suivi de notre partenariat.

11.    Chacun ici est conscient que ceci demande un engagement continu des deux Parties et de la constance dans l’effort. Mais comme tout un chacun ici également, je reste confiant dans la mesure où les fondements de ce partenariat n’ont jamais été remis en cause. Ainsi, l’Afrique est toujours prête et disposée à s’engager davantage dans ce partenariat et attend aussi un engagement tout aussi fort de la part de l’Amérique du Sud.

12.    Je suis convaincu que cette importante rencontre constituera un mécanisme de levier efficace pour dynamiser et consolider le cadre institutionnel au sein duquel nous sommes rassemblés aujourd’hui et qui traduit notre volonté commune à préserver et à renforcer la dynamique que nous avons imprimée aux relations entre nos deux régions qui aspirent à bâtir un partenariat multidimensionnel au mieux de leurs intérêts mutuels.

 

Monsieur Le Président de La République,

Mesdames et Messieurs,

 

13.    En d’autres termes et pour conclure mon propos, cette rencontre est essentielle, en ce sens que de ses résultats dépend la concrétisation sinon même la crédibilité de notre partenariat. Il nous faut donc garder à l’esprit l’importance des enjeux, l’urgence des décisions, l’importance des besoins et surtout notre responsabilité à tous devant nos Peuples, devant l’Histoire et devant nos générations à venir.

14.    Ne nous quittons donc pas sans avoir arrêté et précisé les conditions et les modalités pratiques des voies et moyens de cette solidarité et de ce partenariat dont nous nous réclamons et je forme l’espoir que le Sommet de l’ASA prévu l’année prochaine ici même en République de Guinée Équatoriale permettra la consécration des résultats des travaux de notre réunion de ces deux prochains jours.

15.    Voilà esquissés brièvement les objectifs de notre rencontre. Il ne tient qu’à nous qu’une nouvelle et grande page de l’histoire de la coopération Sud-sud s’écrive. L’Afrique et l’Amérique du Sud, de par leur lutte commune ainsi que leurs valeurs partagées et de par leur poids conjugués, se doivent d’être en première ligne pour en être les co-auteurs.

16.    Je vous remercie de votre aimable attention.

 

SOURCE 

African Union Commission (AUC)


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