Posted by: africanpressorganization | 27 July 2011

Afrique: baisse persistante des investissements étrangers directs, les flux intrarégionaux doivent encore réaliser leur potentiel


 

 

Afrique: baisse persistante des investissements étrangers directs, les flux intrarégionaux doivent encore réaliser leur potentiel

 

NEW YORK, 27 juillet 2011/African Press Organization (APO)/ — Selon le World Investment Report 2011 (1) (Rapport sur l´investissement dans le monde 2011), les entrées d´IED en Afrique pour l´année ont totalisé 55 milliards de dollars, soit 10 % du total des flux d´IED vers les pays en développement, contre 12 % en 2009. Les IED dans le secteur primaire, notamment le secteur pétrolier, ont continué de dominer les flux d´investissement à destination du continent.

 

Le World Investment Report 2011, sous-titré Non-equity modes of international production and development (“Modes de production internationale sans participation au capital et développement”), a été rendu public aujourd´hui.

 

Pour la deuxième année consécutive, les IED en Afrique du Nord, qui représentent environ un tiers du total des flux d´IED vers le continent, ont reculé pour s´établir à 17 milliards de dollars, mais le taux de la baisse a fortement diminué et la sous-région présente une image contrastée. En 2010, les flux d´IED en Jamahiriya arabe libyenne, par exemple, ont grimpé de plus de 40 %, à 3,8 milliards de dollars; ce rebond semble toutefois devoir être de courte durée compte tenu de la situation politique qui règne dans le pays.

 

Les entrées d´IED dans les pays de l´Afrique de l´Ouest ? qui absorbent environ un cinquième (11 milliards de dollars) du total des flux vers le continent ? ont aussi diminué. Des préoccupations d´ordre réglementaire concernant le secteur pétrolier ont contribué à une baisse de 29 % des investissements au Nigéria, qui a tout de même absorbé plus de la moitié des entrées d´IED dans la sous-région. Au Ghana et au Niger, le secteur pétrolier naissant a attiré des entrées records, avec 2,5 milliards de dollars et 947 millions de dollars, respectivement.

 

En Afrique centrale et en Afrique de l´Est, les flux d´IED ont augmenté en 2010 pour atteindre 8 milliards de dollars et 3,7 milliards de dollars, respectivement. Les investissements dans les principaux pays d´accueil d´Afrique centrale (Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo et Tchad) se sont dirigés surtout vers des projets liés au pétrole. Le seul IED d´envergure dans un secteur non primaire a été réalisé dans un projet de télécommunications en République démocratique du Congo. La part d´IED en Afrique de l´Est n´a que légèrement progressé (2,5 %), les investissements à Madagascar, premier pays d´accueil de la sous-région, ayant accusé une baisse sensible (-19 %).

 

Les entrées d´IED en Afrique australe ont chuté de 24 %, à 15 milliards de dollars, la sous-région attirant tout de même plus d´un quart des flux à destination de l´Afrique. Le deuxième pays d´accueil de la région, l´Afrique du Sud (fig. 1), a vu ses entrées d´IED plonger de plus de 70 %, à 1,6 milliard de dollars, soit un sixième seulement du niveau record atteint par le pays en 2008. L´Angola, premier pays d´accueil d´IED d´Afrique, a aussi enregistré un fort recul de l´IED. L´un des problèmes du secteur pétrolier angolais est que sa production a dépassé le quota qui lui a été alloué par l´Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

 

Si l´on en juge par les données sur les investissements de création de capacités dans les quatre premiers mois de 2011, les entrées d´IED en Afrique du Nord devraient baisser, dit le rapport. Aucune grande transaction de fusion-acquisition ne semble avoir eu lieu au cours des cinq premiers mois de l´année. Les activités liées à la recherche de ressources naturelles, notamment par les sociétés transnationales (STN) d´Asie, devraient certes alimenter les IED en Afrique sub-saharienne en 2011, mais le continent risque fort de connaître encore une année difficile.

 

À long terme, les flux d´investissement les plus profitables au développement viendront sans doute des pays voisins, dit le rapport. Même s´il semble que des IED provenant d´autres pays du continent commencent à s´orienter vers des secteurs non liés aux ressources naturelles, les flux intrarégionaux sont encore très faibles ? 46 milliards de dollars seulement entre 2003 et 2010, soit 5 % du total des IED africains (tableau 1). L´harmonisation des accords commerciaux régionaux et une planification plus rapide et mieux coordonnée de l´IED aideraient l´Afrique à tirer pleinement parti de son potentiel en matière d´investissement intrarégional, affirme le rapport.

 

SOURCE 

Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED)


Categories

%d bloggers like this: