Posted by: africanpressorganization | 31 March 2011

Conférence de Londres sur la Libye / Conférence de presse du ministre d’état, ministre des affaires étrangères et européennes, Alain Juppé

 


 

 

 

Conférence de Londres sur la Libye / Conférence de presse du ministre d’état, ministre des affaires étrangères et européennes, Alain Juppé

 

 

LONDRES, Royaume-Uni, 31 mars 2011/African Press Organization (APO)/ — Conférence de Londres sur la Libye / Conférence de presse du ministre d’état, ministre des affaires étrangères et européennes, Alain Juppé

Mesdames et Messieurs, merci d’être venus à ma rencontre.

Cette Conférence de Londres a été une très bonne conférence et je voudrais féliciter nos amis britanniques, le Premier ministre David Cameron qui a introduit nos débats et le ministre des Affaires étrangères, mon collègue et ami William Hague, qui les a conduits pour ce succès.

Pourquoi peut-on parler d’un succès ? Eh bien parce qu’entre les 40 participants, pays ou organisations internationales, les Nations unies bien sûr, le représentant de la Ligue arabe, le secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique, il y a eu une totale unité de vues. Les nuances étaient vraiment infinitésimales. C’est un consensus très fort de cette coalition internationale. Consensus autour de plusieurs idées que je voudrais rappeler simplement avant de répondre à vos questions.

D’abord, l’intervention, qui s’est déroulée depuis maintenant environ 10 jours en vertu des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, a, de l’avis général, permis d’éviter un bain de sang. Ce bain de sang qui était annoncé par Kadhafi lui-même. Ce bain de sang a été évité à Benghazi et, de façon générale, l’étau qui se resserrait sur les opposants à Kadhafi a été desserré. Je voudrais rappeler, comme je l’ai fait depuis le début de cette intervention, qu’il y a moins de 10 jours, la France a fourni à peu près le tiers de la force aérienne qui est intervenue au-dessus de la Libye.

Deuxième point de consensus, c’est que rien n’est acquis pour autant. Les populations civiles ne sont pas encore à l’abri des attaques de Kadhafi et de ses troupes. La preuve, ce qui se passe à Misrata qui est bombardée à la fois par la terre et par la mer. Il faut donc continuer notre intervention et nous faisons confiance à l’OTAN pour conduire les opérations jusqu’à ce que les objectifs de la résolution 1973 soient atteints ; c’est-à-dire que les populations civiles ne soient plus menacées.

Troisième sujet de consensus, c’est que l’intervention militaire n’est pas une fin en soi. C’est un moyen, pas une fin. Seul un processus politique apportera une solution durable. Ce processus politique, il appartient aux Libyens de l’engager, de le définir et de le conduire à terme. Ce sont les Libyens qui choisiront leur avenir, leur régime politique et certainement pas la coalition internationale.

Nous pouvons néanmoins les aider, et c’est le point suivant qui a fait consensus. D’abord en rappelant un certain nombre de principes qui, pour nous, ne sont pas négociables, à savoir l’intégrité territoriale de la Libye et le respect de la volonté populaire telle qu’elle s’exprime aujourd’hui en Libye.

Nous pouvons ensuite les aider par une aide humanitaire ambitieuse, car, malheureusement, la situation humanitaire est extrêmement précaire ou détériorée dans beaucoup d’endroits, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Sous la coordination des Nations unies, tous les pays présents ainsi que l’Union européenne se sont engagées à accentuer leurs efforts en matière humanitaire. Vous savez que c’est l’action prioritaire que l’Union européenne a retenue pour ce qui la concerne.

Nous pouvons également aider à ce processus en renforçant les moyens du Conseil national de transition. J’étais heureux de voir que la plupart des interventions ont reconnu que ce Conseil national de transition était un interlocuteur tout à fait valable ; plusieurs pays l’ont d’ailleurs reconnu. Ses dirigeants qui étaient ici ont été reçus ; j’ai moi-même reçu trois d’entre eux en fin de matinée.

Enfin nous pouvons aider en facilitant, en encourageant au dialogue entre toutes les parties qui devraient participer à une sorte de conférence nationale pour déterminer l’avenir de la Libye autour du Conseil national de transition. Cela implique bien sûr des représentants de la société civile et, vraisemblablement aussi, un certain nombre de personnalités ou de responsables qui aujourd’hui sont à Tripoli autour de Kadhafi et que nous appelons à lâcher le clan Kadhafi car il n’y a pas d’avenir pour Kadhafi en Libye.

La résolution du Conseil de sécurité ne demande pas l’éviction de Kadhafi, mais la plupart des pays de la coalition considèrent qu’il doit quitter le pouvoir. Je vous rappelle que des sanctions très sévères ont été prises à son encontre et qu’une procédure a été engagée auprès de la Cour pénale internationale.

Enfin, dernier point, qui lui aussi a fait consensus et qui était particulièrement important pour la France, nous avons bien clarifié la responsabilité de chacun. L’OTAN a pris la relève des États-Unis pour le commandement militaire de l’opération. Il s’agit de bon sens, c’est l’organisation qui est le mieux à même de le faire. J’ai pu observer que les pays arabes qui sont engagés dans l’opération, c’est-à-dire le Qatar et les Émirats arabes unis, sont parfaitement d’accord pour ce commandement militaire confié à l’OTAN.

Mais il était absolument indispensable de mettre en place une instance politique chargée de la réflexion et de l’initiative stratégique pour faciliter ce que j’ai dit tout à l’heure, à savoir le processus de paix et, naturellement, ce n’est pas l’OTAN qui peut jouer ce rôle. C’est la raison pour laquelle a été annoncée, en fin de réunion, comme synthèse de nos travaux, la création de ce Groupe de contact dont la composition n’est pas encore complètement arrêtée ; il a été retenu le principe d’une quinzaine d’États plus les organisations internationales, c’est-à-dire les Nations unies bien sûr, l’Union africaine, la Ligue arabe, l’Union européenne ; une vingtaine de participants au total. Nous avons même proposé, et il a été accepté par tout le monde, que la prochaine réunion de ce Groupe de contact se tienne au Qatar et la suivante en Italie. Alors, ne me demandez pas encore exactement le calendrier, mais ce sera dans les semaines qui viennent puisque ce Groupe de contact aura pour vocation de suivre très précisément, très attentivement l’évolution de la situation, en liaison bien sûr avec l’OTAN pour ce qui concerne la partie militaire.

Vous savez que la France tenait beaucoup à la création de ce Groupe de contact et que, de ce point de vue aussi, nous considérons que la réunion de Londres est un succès.

Q – Monsieur le Ministre, comment expliquez-vous l’absence de l’Union africaine à cette réunion de Londres aujourd’hui ? Et est-ce que vous la déplorez ?

R – Nous regrettons que l’Union africaine ne soit pas présente et nous avons fait tous nos efforts pour la convaincre de venir. J’ai moi-même eu Jean Ping au téléphone hier assez longuement. Je crois qu’il n’y a pas eu, au sein des États africains, de consensus. À partir du moment où, dans cette organisation internationale, intergouvernementale, il n’y a pas consensus, la décision de venir n’a pu être prise. Mais nous espérons bien, et nous allons le lui proposer, que l’Union africaine acceptera de faire partie du Groupe de contact. Elle a un rôle évident à jouer pour nous aider principalement dans le processus de réconciliation ou de dialogue national.

Q – Monsieur le Ministre, Mme Rice, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, n’exclut plus de soutenir militairement les insurgés. Est-ce que c’est une hypothèse qui vous paraît pouvoir s’appliquer à la France ? Et, deuxième question, est-ce que, sur le terrain, on n’est pas en train de passer d’une application stricte de la résolution 1973… à ce qui pratiquement revient à aider militairement les insurgés ?

R – Sur le premier point, je vous rappelle que ce n’est pas ce que prévoit la résolution 1973 ni la résolution 1970. Donc, pour l’instant, la France s’en tient à la stricte application de ces résolutions. Cela dit, nous sommes prêts à en discuter avec nos partenaires.

Sur le deuxième point, je crois que nous sommes très exactement dans la ligne de la résolution 1973 qui nous donne mandat d’utiliser les moyens nécessaires pour protéger les populations.

Vous avez pu observer que les forces de la Coalition ont été extrêmement soucieuses d’éviter tout dommage collatéral, comme on a l’habitude de dire, et là, nous intervenons exclusivement sur des cibles militaires pour empêcher les forces de Kadhafi d’utiliser les moyens dont elles disposent contre les populations civiles.

Aujourd’hui, Kadhafi a encore des moyens aériens – enfin plus beaucoup – mais qu’il utilise pour bombarder. Il a des navires qu’il utilise pour bombarder des populations civiles, des villes. C’est à ce moment-là que nous intervenons. Non, je crois que nous sommes parfaitement dans la mission de la résolution du Conseil de sécurité.

Q – Est-ce que vous pouvez nous expliquer l’articulation entre les différentes instances. Parce que nous avons compris qu’il y avait aussi un groupe des 11 qui s’était réuni avant la conférence proprement dite. Alors, quelle est l’articulation entre ce groupe des 11, le Groupe de contact, l’OTAN ? Est-ce que ce sera, par exemple, le Groupe de contact qui désignera, éventuellement, les objectifs à atteindre…

R – Quels objectifs ?

Q – militaires.

R – Militaires. Ah non, sûrement pas !

Ecoutez, il n’y a pas trois instances, il n’y en a que deux. Ce matin, nous avons eu une première réunion entre pays contributeurs et cette après-midi une réunion élargie. Mais, aujourd’hui, l’organisation est, je crois, assez claire : c’est un groupe politique de contact qui est chargé de fixer les grandes orientations et de suivre l’évolution sur le plan politique.

Je prends un exemple : Kadhafi accepte un cessez-le-feu, est-ce que nous considérons que cette offre de cessez-le-feu est valable ou pas ? Est-ce que c’est une façon déguisée de geler la situation sur le terrain et d’aboutir à une sorte de séparation de la Libye en deux parties ? Est-ce que cela implique le strict respect des résolutions du Conseil de sécurité qui demandent non seulement le cessez-le-feu mais également le retrait dans les cantonnements des troupes de Kadhafi ? Une telle réflexion incombe bien évidemment à une structure politique qui sera celle du Groupe de contact.

De même, si nous avons des initiatives à prendre pour faciliter le dialogue national autour du Conseil national de transition avec les autres partenaires de ce dialogue, ce n’est pas le Conseil de l’Atlantique Nord, ce n’est pas le «NAC», comme on dit, qui va s’en occuper ; c’est le Groupe de contact.

Je signale que ce Groupe de contact continuera à opérer vraisemblablement même si l’intervention militaire cesse. Et il y a, à côté, le Conseil de l’Atlantique Nord qui, lui, est dans sa compétence lorsqu’il organise les opérations, c’est la planification, la conduite opérationnelle, les décisions de caractère militaire.

Donc, pour répondre à votre question, le choix des cibles, ce n’est certainement pas le Groupe de contact qui va le faire, c’est la responsabilité de l’OTAN.

Q – Monsieur le Ministre, est-ce que la question du sort du colonel Kadhafi a été évoquée ? Est-ce qu’il y a des options qui sont privilégiées ?

R – Je vous rappelle que, dans les résolutions du Conseil de sécurité, il n’est pas demandé d’éliminer Kadhafi, politiquement s’entend. C’est donc aux Libyens d’en décider. Nous faisons confiance à ce que j’ai appelé le dialogue national ou la conférence nationale qui se réunira pour en décider. Ça, c’est la position collective. Il y a beaucoup d’États qui considèrent que Kadhafi est hors jeu. Quand on s’est comporté comme il s’est comporté, quand on a utilisé des armes lourdes, des avions, des chars pour tirer sur la population, quand on a menacé d’un bain de sang la population entière d’une ville, qu’on est sous le coup d’une enquête de la Cour pénale internationale et de sanctions extrêmement lourdes aux Nations unies, on est hors jeu. C’est la position de la France, bien sûr, mais aussi celle de beaucoup de nos partenaires.

Q – Y a-t-il une option privilégiée ?

R – Je vous l’ai dit, c’est aux Libyens de s’en débarrasser.

Q – Y a-t-il un consensus ?

R – Ce n’est pas un sujet qui nous a occupés.

Q – La création du Groupe de contact veut-elle dire la dissolution de la coalition ?

R – Je ne comprends pas bien votre question. Il n’y a pas deux groupes. Il se trouve que nous avons commencé la journée par un groupe qui n’avait aucune existence institutionnelle pour préparer la réunion de l’après-midi. Cet après-midi, nous avons créé un Groupe de contact. Il n’y a aucune ambigüité. N’essayons pas de mettre de la complexité là où il n’y en a pas. Il y a un Groupe de contact dont la configuration va être définie dans les prochains jours et puis il y a l’OTAN.

Q – Il n’y aura plus jamais de réunion du groupe ?

R – Ça, on verra. On aime bien se réunir lorsque l’on est d’accord. Il y a une bonne ambiance, c’est la raison pour laquelle nous avons fini à l’heure. Il n’y a eu aucun désaccord, cela a été assez rapide.

Q – À propos de la Syrie, qu’attendez-vous du changement de gouvernement ? Si les violences continuent, songez-vous à des sanctions comme en Libye ou en Côte d’Ivoire ?

R – Nous avons pris une position très claire sur ce qui se passe en Libye. Nous condamnons toute violence dans la réaction et la répression des manifestations populaires. Le droit de manifester – là aussi, bien sûr sans violence – est, pour nous, un droit fondamental qui doit être respecté partout – et nous l’avons dit. Nous appelons par ailleurs à des réformes et à un dialogue puisque c’est que souhaitent, à l’évidence, les peuples ; c’est notre position. Nous n’en sommes pas encore à l’étude de sanctions ou de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie.

Q – Avez-vous discuté de l’armement des Libyens avec vos partenaires ? Est-ce que vous le souhaitez ? Est-ce que vous craignez une partition de la Libye ?

R – Nous sommes prêts à discuter. Je n’irai pas au-delà, je ne vous dirai pas quel pourrait être l’aboutissement de la discussion. En revanche, nous pouvons être inquiets d’une éventuelle partition de la Libye. Il y a eu, là aussi, une unanimité absolue autour de la table pour refuser cette hypothèse. Nous ferons tout pour maintenir l’intégrité territoriale de la Libye.

Q – En cas de demande de cessez-le-feu de la part de Kadhafi, à quelle condition serait-elle acceptable ?

R – C’est très clair. Il ne faut pas que ce soit, une fois encore, une tromperie. Je vous rappelle qu’il a également proposé un cessez-le-feu la semaine dernière et, pendant ce temps-là, il continuait son offensive sur Benghazi. Il n’y aura cessez-le-feu qu’après vérification par les Nations unies de la réalité de ce cessez-le-feu et du respect des résolutions du Conseil de sécurité, qui demande l’arrêt des hostilités mais aussi le retrait des troupes des villes où elles se sont installées, le retour dans les cantonnements et le strict respect de l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité, et notamment pas de calculs ou de tromperies pour aboutir à une sorte de partition de fait de la Libye.

Q – Pouvez-vous nous parler du rôle du Groupe de contact ?

R – Je pense que le rôle des deux parties est parfaitement clair. Il y a le NAC, le Conseil de l’Atlantique Nord, qui est en charge de la prévision et de la conduite des opérations sur le terrain ; cela relève de la responsabilité des militaires. Et il y a une autre structure, qui a été créée aujourd’hui, le Groupe de contact, qui est en charge des aspects politiques de l’opération, de la partie stratégique du futur de l’opération en Libye et, principalement, de la préparation du processus de paix en Libye.

Q – Monsieur le Ministre comment répondez vous à la position russe, récemment, selon laquelle les pays engagés dans cette opération sont parties prenantes dans une guerre civile ? Par ailleurs, que se passe-t-il si les insurgés tirent eux-mêmes sur des civils dans le cadre des opérations. Je pense notamment à Misrata ?

R – Sur le premier point, on connaît la position de la Russie. Je me bornerai à répondre à nos amis russes par une seule question : qu’auraient-ils dit si la résolution 1973 n’avait pas été votée, si la réunion de Paris n’avait pas été tenue, et si le dimanche qui a suivi les avions français, pour l’essentiel, n’étaient pas intervenus au dessus de Bengazi pour stopper les attaques de Kadhafi – avec les intentions qu’il avait clairement exprimées, à savoir  se venger par un bain de sang ? Voilà, je réponds à cette question par celle-là. Nous ne sommes pas là pour faire la guerre, nous sommes là pour protéger les populations et c’est très exactement la démonstration que nous avons faite depuis maintenant dix jours.

La deuxième question, concernant les rebelles, ce n’est pas ce qu’ils font aujourd’hui, Madame.

Q – Est-ce que l’idée d’un sauf-conduit pour Kadhafi a été discutée à la conférence ou en coulisse? Quelle est la position française à ce sujet, concernant la possibilité permettant au Colonel Kadhafi de s’en aller, de partir en exil vers un autre pays ?

R – Je vous ai dit que cela relève de la compétence des partenaires libyens du Conseil de transition, il leur appartient d’organiser l’avenir du pays et de décider de l’avenir de Kadhafi. Le gouvernement français estime qu’il n’a plus d’avenir politique en Libye, qu’il est illégitime, et cette vision des choses est partagée par de nombreux autres pays, le Royaume-Uni comme de nombreux autres. Mais il appartient aux Libyens de décider… (inaudible) et de se déterminer quant au sort de Kadhafi.

Q – Il y a un envoyé spécial français qui est sur place maintenant à Benghazi. Quel sera son rôle ? Et deuxième point, en ce qui concerne le Yémen, est il vrai que la communauté internationale et un certain nombre de pays ont adressé un ultimatum à M. Abdel Al Saleh pour qu’il quitte le pouvoir ?

R – Nous avons effectivement organisé la présence diplomatique de la France à Benghazi auprès du Conseil national de transition, en la personne de l’un de nos diplomates qui s’est porté volontaire, M. Sivan. Il est arrivé aujourd’hui je crois à Benghazi. Il aura une fonction diplomatique, mais il n’est pas «ambassadeur» puisque nous n’avons pas formellement reconnu un État à travers le Conseil national de transition. Il est responsable diplomatique chargé des relations avec le Conseil national de transition, alors qu’il y a d’autres pays qui ont des consulats à Benghazi et qui envisagent de renforcer aussi leur dispositif diplomatique.

Pour le Yémen, nous avons demandé, comme nous l’avons fait en Syrie, comme nous le faisons partout, aux autorités du Yémen de s’interdire l’emploi de la violence contre les populations civiles, d’engager des réformes, et de dialoguer.

Q – Souhaitez-vous que le Conseil de transition participe au Groupe de contact ?

R – Je crois qu’il ne faut pas mélanger les choses. On peut l’entendre, on peut discuter avec lui mais… Je pense que le Groupe de contact est une instance internationale chargée du pilotage de l’intervention internationale. C’est une question d’ailleurs, il est vrai dont on n’a pas discuté entre nous. On peut peut-être évoluer là-dessus mais, a priori, je ne pense qu’il ait un rôle comme partie prenante, comme interlocuteur oui mais pas comme membre à part entière du Groupe de contact.

Q – Toujours sur le CNT, est-ce que d’autres pays sont prêts à reconnaître le CNT et de manière générale, progresse-t-on sur la voie d’une reconnaissance du CNT ?

R – Plusieurs pays l’ont déjà fait : j’ai parlé du Qatar. Je sais que les représentants du CNT, Mahmoud Jibril notamment, ont été reçus par William Hague, par David Cameron. Je crois qu’ils doivent avoir des contacts avec les Allemands. Je crois donc qu’il y a une très sensible évolution et que tout le monde considère aujourd’hui que le CNT est un interlocuteur valable.

Q – Dernière question, est-ce que sur la question humanitaire, des décisions ont été prises ?

R – Des décisions concrètes non, sinon de faire un maximum d’efforts dans le domaine de l’humanitaire, et le Secrétaire général des Nations unies, qui était là, a indiqué que les différentes agences compétentes des Nations unies allaient évidemment s’investir massivement. Mme Ashton, qui était là aussi, a rappelé que l’Union européenne était décidée à faire le maximum. Il y a déjà des choses qui se font, il y a plusieurs pays, vous le savez, qui ont envoyé des avions, des navires… La France l’a fait. Nous allons donc continuer. Nous sommes en train d’étudier aussi l’idée du corridor humanitaire qui permettrait d’approvisionner l’aide humanitaire dans les zones où on en a le plus besoin. Il n’y a pas de difficultés uniquement à l’Ouest, à Tripoli aussi il y a des situations humanitaires qui sont très difficiles. Je crois que tout ceci va s’organiser concrètement avec les organisations qui sont compétentes en la matière.

Q – Est-ce que ces corridors humanitaires pourraient être sécurisés militairement ?

R – Il n’y aura pas d’intervention au sol, ça c’est très clair. Il pourrait être sécurisé par les Libyens eux-mêmes, par l’opposition libyenne, mais ça c’est autre chose.

Q – ….malgré votre lapsus tout à l’heure ?

R – Qu’est ce que j’ai dit ?

Q – «On the ground»

R – Mais je parlais de frappes «on the ground», il n’y a pas de forces françaises «on the ground».


SOURCE 

France – Ministry of Foreign Affairs


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