Posted by: africanpressorganization | 28 March 2011

Intervention de SEM Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine à la 4ème Réunion annuelle conjointe de la Conférence des Ministres de l’Économie et des Finances de l’Union africaine

 


 

 

Intervention de SEM Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine à la 4ème Réunion annuelle conjointe de la Conférence des Ministres de l’Économie et des Finances de l’Union africaine

 

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, March 28, 2011/African Press Organization (APO)/ — Intervention de SEM Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine à la 4ème Réunion annuelle conjointe de la Conférence des Ministres de l’Économie et des Finances de l’Union africaine

 

Monsieur Le Premier Ministre de la République Fédérale Démocratique d’Éthiopie,

Monsieur Le Secrétaire Exécutif de la Commission Économique de Nations Unies pour l’Afrique,

Monsieur Le Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement,

Monsieur Le Ministre des Finances du Malawi et Président du Bureau sortant,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur Le Commissaire de l’Union Africaine,

Monsieur Le Sous Secrétaire General des Nations Unies, Conseiller Spécial pour l’Afrique,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Hauts Commissaires et Chefs de Mission diplomatique et consulaire,

Mesdames et Messieurs les Experts,

 

Honorables invités,

 

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur et un privilège pour moi de prendre la parole devant cette éminente Conférence dont l’institutionnalisation a été décidée par les Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine en juillet 2005 à Syrte, à la requête de nos Ministres Africains de l’Économie et des Finances.

 

Chacun comprendra alors si je salue tout spécialement Monsieur Le Premier Ministre de la République Fédérale Démocratique d’Éthiopie qui a bien voulu accepter de nous faire l’honneur de présider cette cérémonie inaugurale. Sa présence parmi nous aujourd’hui témoigne de son engagement permanent à s’associer à la recherche des voies et moyens pour relever les défis que notre continent affronte quotidiennement sur le chemin de son développement économique et social. Je voudrais par la même occasion lui exprimer, au nom de la Commission de l’Union Africaine et en mon nom propre, nos sincères remerciements pour la tenue de la présente session de votre Conférence à Addis Abéba et pour toutes les facilités accordées à l’ensemble des délégations.

 

Je voudrais également rendre hommage à mon frère et ami Abdoulie Janneh, Secrétaire Exécutif de la Commission Économique pour l’Afrique, coorganisateur de cette Conférence et qui a mis à disposition cette magnifique salle et ses installations pour abriter nos travaux.

 

Je souhaiterais aussi remercier tous les Ministres et les membres de leurs délégations, pour avoir répondu aussi nombreux à notre invitation. Je tiens à remercier enfin toutes les éminentes personnalités ici réunies et les experts, qui, en dépit de leur agenda de travail généralement souvent fort chargé, ont répondu favorablement à notre invitation.

 

Excellences,

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

 

Depuis votre dernière rencontre à Lilongwe au Malawi à l’occasion de votre troisième réunion annuelle conjointe, des avancées certaines ont été enregistrées sur le continent. Ainsi, au cours de l’année écoulée, la croissance était au rendez-vous, le PIB du continent ayant fait un bon en avant de 4.7% et les investissements directs étrangers (IDE), après un recul de 12.3% en 2009, ont augmenté de 17%, confirmant un regain d’intérêt pour l’Afrique une destination privilégiée des investissements.

 

Sur le plan de l’intégration régionale et de la mise en place des institutions financières panafricaines, nos Chefs d’État et de Gouvernement ont adopté le Protocole portant création du Fonds Monétaire Africain lors du dernier Sommet ici même à Addis Abéba en janvier 2011. Nous avons également lancé en juillet 2010 à Kampala le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), maillon essentiel de notre vision stratégique, dont la mise en œuvre permettra l’intégration physique de l’Afrique.

 

Malgré ces embellies toutefois, les risques subsistent. En effet, la hausse des denrées alimentaires qui s’annonce depuis quelques mois, est de nature à hypothéquer les efforts entrepris pour éliminer l’insécurité alimentaire en Afrique et pour améliorer le bien-être des populations. Ce risque est davantage accentué par les aléas climatiques qui font peser des doutes sur la capacité du secteur agricole à garantir la sécurité alimentaire et à préserver le pouvoir d’achat des ménages pauvres.

 

A ceci s’ajoutent insidieusement les menaces plus préoccupantes liées à un éventuel ralentissement de la croissance au niveau mondial, aux tensions inflationnistes nées de la volatilité des cours des matières premières notamment du pétrole et à l’instabilité des taux de change des principales devises.

 

Comme cela se dessine au niveau mondial, la résolution de ces problèmes appelle une coordination des efforts dans une démarche holistique. Dans ce contexte, le choix du thème de la présente conférence : « Rôle de l’État dans la transformation économique » est clair. Au-delà du message politique lancé par l’Afrique quant au retour de l’Etat dans le processus de son développement, alors que l’intervention de cet Etat avait été dénigrée et déstructurée, ce thème met en exergue la place centrale qu’il occupe désormais dans la conduite du développement, à la fois catalyseur et acteur qui impulse une orientation stratégique vigoureuse dans la réalisation des objectifs poursuivis grâce à une gestion optimale et responsable des ressources.

 

C’est cette approche qui a conduit les dirigeants africains fondateurs du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), dans leur nouvelle vision du développement de l’Afrique basée principalement sur une dynamique endogène, à considérer la bonne gouvernance politique et économique comme une des trois conditions requises pour réaliser un développement durable du continent, les deux autres étant: (i) l’assurance de la paix et de la sécurité sur le continent et (ii) la régionalisation du développement. En effet, le NEPAD qui est aujourd’hui bien intégré à l’Union africaine, reconnaît que les pays d’Afrique ont besoin de mettre leurs ressources en commun et de favoriser la coopération et l’intégration économique régionales pour améliorer leur compétitivité sur le plan international.

 

C’est tout l’intérêt de cette conférence conjointe qui, pour la première fois, regroupe, outre les principaux responsables économiques et financiers de notre Continent, les représentants des CER, d’Institutions du Système des Nations Unies, d’organisations intergouvernementales, d’ONG et du secteur privé, pour examiner ensemble les voies et moyens capables de renforcer l’action de l’État au service du développement intégré et durable.

 

Il s’avère en effet urgent de coordonner nos actions et de prévoir une allocation optimale des ressources pour assurer à nos populations une bonne éducation et une meilleure santé, base du bien-être et élément essentiel de la croissance. Je saisis cette occasion pour rappeler à votre attention la nécessité de contribuer à la mise en œuvre du Plan d’action de la deuxième décennie de l’éducation pour l’Afrique et à la réalisation des engagements visant à mettre à la disposition de tous les secteurs de l’économie un capital humain abondant, sain et bien formé.

 

Il est patent que l’Afrique ne peut ni mobiliser, ni absorber les ressources financières pour le développement harmonieux des infrastructures en l’absence d’une forte capacité institutionnelle et organisationnelle. Une gestion intégrée du développement doit lutter contre la balkanisation du continent qui réduit la taille des marchés et limite les opportunités. Dans ce sens s’impose clairement l’impérative nécessité de bâtir une architecture institutionnelle permettant la mise en œuvre cohérente des projets d’infrastructures et la création d’une synergie de toutes les Parties prenantes. Ce sera le lieu de rencontre entre l’engagement toujours réaffirmé de la Commission de l’Union Africaine et la volonté politique requise des États membres pour définir des priorités nationales et régionales nécessaires à la réalisation de nos objectifs.

 

Je tiens ici à saluer le rôle clé que jouent les Communautés Économiques Régionales (CER), les buildings blocks de notre Organisation, dans le processus d’intégration régionale du continent notamment dans la définition des programmes régionaux prioritaires, la coordination avec les programmes nationaux et la promotion de l’harmonisation des politiques dans tous les secteurs. Cette coordination permet indubitablement de négocier plus facilement des accords d’investissement et de faire des économies d’échelle générées par des marchés de grande envergure. Elle mérite d’être poursuivie et encouragée.

 

Faut-il encore souligner le rôle déterminant de l’investissement et l’attention particulière à accorder au financement du développement pour promouvoir une croissance forte et durable ? A mon sens, on devrait simplement réaffirmer la nécessité de poursuivre des politiques favorables à l’investissement aussi bien public que privé et redoubler d’efforts pour diversifier les sources de financements et mobiliser les ressources internes.

 

Je voudrais, dans ce registre, solliciter votre appui pour accélérer la mise en place des institutions financières panafricaines qui doteront notre continent de nouveaux outils supplémentaires de régulation et de financement autonomes et lui permettront de résister davantage aux chocs exogènes liés aux déséquilibres monétaires et aux fluctuations des taux de change. Les textes fondateurs de la Banque Africaine d’Investissement qui ont déjà été adoptés par la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, attendent leur ratification par les États membres pour permettre à la Banque de commencer ses activités. Les statuts du Fonds Monétaire Africain vous seront soumis pour examen au cours de la présente réunion, après leur adoption il y a quelques jours, par vos experts.

 

Je vous encourage également à poursuivre l’initiative de la République de Guinée, qui a reçu un accueil favorable de votre part, de rechercher des stratégies de mobilisation de financements innovants dans le cadre d’une Conférence ministérielle africaine.

 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

La recherche de solutions africaines au développement de l’Afrique ne doit pas faire oublier l’exigence d’une coopération internationale dans un monde devenu «village planétaire» et où l’interdépendance est devenue une réalité opérationnelle.

L’Afrique, notre continent, doit prendre la place qui lui revient dans le concert des nations. En recherchant les solutions à la gouvernance du développement en Afrique, principal sujet de vos présentes assises, il vous faut avoir à l’esprit que la question de la gouvernance économique est également à l’ordre du jour des rencontres internationales notamment le G8 et le G20, ainsi que dans les négociations sur le commerce et les changements climatiques. Comme nous l’avons déjà fait depuis quelque temps, l’Afrique doit pouvoir y contribuer avec des propositions concrètes et viables et réaffirmer son unité en continuant à parler d’une seule voix. C’est dans cette perspective que je souhaite un plein succès à vos travaux.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

SOURCE 

African Union Commission (AUC)


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