Posted by: africanpressorganization | 26 October 2010

États-Unis : toutes les parties au Soudan doivent être prêtes à faire des compromis

 


 

 

États-Unis : toutes les parties au Soudan doivent être prêtes à faire des compromis

 

 

WASHINGTON, 26 octobre 2010/African Press Organization (APO)/ — États-Unis : toutes les parties au Soudan doivent être prêtes à faire des compromis

 

« Il n’y a plus de temps à perdre » pour préparer les référendums sur l’indépendance du Sud-Soudan et d’Abyei prévus pour le 9 janvier 2011, affirment de hauts responsables du gouvernement Obama, qui ajoutent l’avertissement suivant : le nord et le sud du Soudan seront tenus responsables de leur traitement des minorités dans leurs régions respectives et de l’octroi à tous les citoyens du droit de participer au processus électoral.

 

Lors d’une conférence de presse tenue le 22 octobre à Washington, l’envoyé spécial des États-Unis pour le Soudan, le général Scott Gration, a déclaré qu’à seulement 79 jours des deux scrutins, les parties au Soudan devaient être prêtes à entamer « dans un esprit de compromis » une nouvelle série d’entretiens en fin de mois en Éthiopie et « à prendre l’engagement stratégique de s’entendre pour éviter la guerre et réaliser une paix durable ».

 

Les parties devront aussi parvenir à un consensus sur les électeurs qui seront admis à prendre part au référendum sur Abyei. « Les parties devront faire travailler vite et dur à un accord » sur ce sujet, a dit le général Gration.

 

« Les yeux du monde entier seront tournés sur le Soudan et la communauté internationale fondera ses conclusions sur la manière dont les deux parties approcheront ces entretiens et sur leurs actions au cours deux prochains mois », a-t-il précisé.

 

Le général Gration a instamment invité le gouvernement de Khartoum à montrer qu’il était de bonne foi en transférant les fonds qu’il a convenu de fournir à la Commission sur le référendum au Soudan méridionale et en accordant des visas aux observateurs électoraux et aux agents humanitaires étrangers en prévision des élections.

 

La commission sur le référendum doit encore mettre la dernière touche à la procédure d’inscription des électeurs, embaucher, former et déployer plus de 10.000 travailleurs à cette fin, et distribuer le matériel nécessaire aux bureaux d’inscription électorale, a souligné le général Gration.

 

Il a également indiqué que les questions relatives à la citoyenneté future des habitants du nord du Soudan originaires du Sud (à majorité chrétienne), et de ceux du Sud originaires du Nord (à majorité musulmane), devraient être réglées par les parties elles-mêmes, ajoutant que les États-Unis voulaient s’assurer que « les droits fondamentaux et la sécurité personnelle de tous les Soudanais seraient protégés au cours de cette période turbulente ».

 

« Nous tenons toutes les parties responsables à cet égard : elles doivent faire le nécessaire pour assurer la sécurité de tous les citoyens jusqu’à ce que la question de la citoyenneté ait été définitivement réglée », a dit le général Gration, ajoutant que la protection des citoyens devait se conformer aux normes internationales.

 

Assistante spéciale du président Obama et directrice principale aux affaires multilatérales à la Maison-Blanche, Mme Samantha Power a déclaré lors du même point de presse que les responsables américains s’étaient entretenus avec une délégation interconfessionnelle soudanaise afin de tendre la main aux deux communautés, chrétienne et musulmane, et à s’enquérir directement de leurs intentions et souhaits, « à la fois en ce qui concerne les régions dans lesquelles elles voteront mais aussi par rapport à leur sort définitif ».

 

Mme Power a indiqué que les États-Unis et les organisations non gouvernementales examinaient les différents situations possibles à l’approche des référendums, notamment les moyens qui permettraient aux minorités des deux régions de voter en toute sécurité, de circuler librement si elles choisissaient de les quitter et d’obtenir les ressources humanitaires qui seraient nécessaires sur le terrain au cas où un flux de population se produirait.

 

Mme Power a souligné qu’il était « impossible d’exagérer l’importance » qu’accordait actuellement la Maison-Blanche à la situation soudanaise. Elle a aussi fait remarquer que le communiqué du 24 septembre des Nations unies, appelant à la tenue des référendums de manière crédible et opportune et à l’engagement de respecter les résultats quels qu’ils soient, reflétait « de façon unique la position unifiée de la communauté internationale » à l’égard d’un conflit au cours duquel les parties « ont, par le passé, souvent utilisé les membres de ladite communauté les uns contre les autres ».

 

Tout en reconnaissant que les préparatifs pour les référendums prenaient du retard par rapport au calendrier établi, Mme Power a dit que contrairement aux autres occasions où un conflit régnait au Soudan, la coopération mondiale à l’approche des scrutins représentait « une situation rare dans laquelle les États-Unis et les autres acteurs internationaux ouvraient de concert pour jeter pleins feux de façon active sur ce qui se passait sur le terrain avant la tenue d’un événement clé ».

 

« Les précédents épisodes tragiques de l’histoire soudanaise montrent que nous devons ouvrer de concert avec cet ensemble d’acteurs afin de faire tout ce que nous pouvons pour prévenir un nouveau déclenchement des violences plutôt que de réagir simplement aux événements sur le terrain », a ajouté Mme Power.

 

À ladite conférence de presse, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, a déclaré que les États-Unis offraient aussi « une voie vers des relations normalisées » avec le gouvernement soudanais, mais que de telles relations exigeraient plus de Khartoum que la simple application totale de l’Accord de paix global avec le Sud de 2005, la tenue des référendums du 9 janvier 2011 et la résolution des questions encore en suspens entre les deux parties.

 

« Ces relations exigent du gouvernement soudanais d’aller de l’avant avec une solution globale au problème du Darfour », a dit M. Carson.

 

Le gouvernement Obama a offert des mesures d’incitation, telles que des modifications à certaines procédures tarifaires qui accroîtraient le commerce et les investissements au Soudan ainsi que l’échange d’ambassadeurs, la possibilité de lever les sanctions économiques et son soutien actif en faveur d’une assistance internationale et de l’allègement de la dette si Khartoum appliquait toutes les dispositions de l’Accord de paix global et mettait fin au conflit au Darfour.

 

« Nous voulons et nous désirons des relations meilleures et plus solides avec tous les peuples du Soudan », a souligné M. Carson. « Mais cela dépendra de leur capacité, de leur désir et de leur volonté de respecter les engagements qu’ils ont déjà pris et dont ils doivent maintenant s’acquitter. »

 

SOURCE 

US Department of State


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