Posted by: africanpressorganization | 12 October 2010

La sixième journée de la 2ème Session Ordinaire de la 2ème législature du Parlement Panafricain (PAP) a été consacrée à trois sujets : missions d’observation des élections au Rwanda, au Burundi et en Ethiopie, paix et sécurité en Afrique et examen du rapport du Comité d’évaluation administrative et financière du PAP.

 


 

 

 

La sixième journée de la 2ème Session Ordinaire de la 2ème législature du Parlement Panafricain (PAP) a été consacrée à trois sujets : missions d’observation des élections au Rwanda, au Burundi et en Ethiopie, paix et sécurité en Afrique et examen du rapport du Comité d’évaluation administrative et financière du PAP.

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 12 octobre 2010/African Press Organization (APO)/ — Les députés plaident pour que le PAP ait des missions autonomes d’observation des élections

 

 

Avant la présentation des trois rapports sur le Rwanda, le Burundi et l’Ethiopie, il a été rappelé que l’observation des élections est devenue une partie intégrante des processus démocratiques et électoraux en Afrique. En effet, les observateurs nationaux et internationaux jouent de plus en plus un rôle important dans le renforcement de la transparence, la crédibilité des élections et la démocratie.

 

Concrètement, il s’agit d’évaluer si les élections respectent les directives énoncées dans la Déclaration de l’Union Africaine et de déterminer si elles se sont déroulées conformément au cadre constitutionnel et électoral en vigueur dans le pays, tout en s’assurant que les résultats traduisent réellement la volonté du peuple.

 

D’année en année, l’observation des élections -qui est, selon les députés, une prérogative du législatif- est devenue une activité importante du PAP. Ainsi, depuis sa création en 2004, le PAP a envoyé des observateurs dans plusieurs pays africains.

 

Mais, l’U.A.ayant récemment décidé d’avoir une mission conjointe pour chaque élection, le PAP ne déploie plus ses propres missions d’observation. C’est dans ce nouveau cadre que ses observateurs ont récemment participé aux missions envoyées au Soudan, à l’Ile Maurice, en Ethiopie, au Burundi, en Guinée et au Rwanda.

 

D’une manière générale, les chefs des différentes missions conjointes d’observation des élections ont déploré leurs conditions de travail : mauvaise coordination, prérogatives des participants non définies, désignation des observateurs, mauvaise répartition des observateurs sans qu’il ne soit tenu compte de leur langue de communication,  envoi tardif des invitations et des billets d’avion, classe de voyage des députés, absence d’interprètes, transmission au PAP du rapport final afin que ce dernier puisse l’examiner en plénière.

 

Pour résoudre ces difficultés, les chefs de mission ont proposé que le PAP mette en place l’infrastructure requise à savoir un Bureau d’observation des élections. Celui-ci sera chargé de conduire l’observation des élections, d’assurer la liaison avec toutes les parties prenantes, de finaliser le cadre de collaboration avec l’U.A. et les autres organes et de veiller à ce que tous les processus électoraux respectent la Charte Africaine pour la Démocratie, les Elections et la Gouvernance.

 

De plus, le PAP aura ainsi la possibilité de jouir d’une grande visibilité auprès des medias : forte participation pendant les conférences de presse, interviews dans les principales chaînes d’information internationales …

 

 

Le non respect de la paix et la sécurité dans le continent africain continue de freiner la marche vers le progrès

La deuxième partie de cette sixième journée a été marquée par la présentation et les débats sur le Rapport de la Commission permanente de la coopération, des relations internationales et du règlement des conflits sur la paix et la sécurité en Afrique.

Ce rapport était présenté aux parlementaires par le tout nouveau Président de ladite commission, l’Honorable Marwick Khumalo qui a été élu la semaine dernière.

En premier lieu, ce rapport aborde la situation au niveau régional. Malgré les avancées enregistrées dans le domaine de la gouvernance démocratique, des problèmes relatifs au respect de la paix et de la sécurité continuent de freiner la marche vers le progrès  pour un développement démocratique.

Pour ce qui est de la région d’Afrique Centrale, la paix est revenue en République Démocratique du Congo (RDC) mais, toutefois, ce pays a besoin d’institutions plus fortes. « Nous sommes préoccupés par le fait que des conflits subsistent dans l’Est du Congo et au Kivu où des attaques en signe de représailles continuent d’être perpétrées contre les populations civiles » a indique l’Honorable Marwick Khumalo dans sa présentation devant les parlementaires panafricains. Il a aussi salué l’arrestation des rebelles impliqués dans le viol massif de femmes, d’hommes et d’enfants en RDC.

En République centrafricaine, la commission a constaté l’existence d’une certaine paix mais également une instabilité sociale due à l’absence d’élections malgré l’expiration du mandat présidentiel.

Au Tchad, le problème est dû, d’une part, à des crises politiques internes et, d’autre part, à des conflits avec des pays voisins. « Depuis les attaques des rebelles sur N’Djamena, la situation à l’heure actuelle semble tendre vers l’apaisement. Dans ce sens, il faut saluer la tenue des prochaines élections dans ce pays et le rapprochement diplomatique avec son voisin soudanais » a affirmé le Président de la Commission sur la paix et la sécurité.

Pour la région d’Afrique de l’Est, la Somalie est devenue le théâtre de violences depuis le renversement du régime de Siad Barré par les seigneurs de guerre, qui n’ont cessé de se combattre les uns les autres. Mais depuis 2007, les attentats suicides, inconnus en Somalie, sont devenus de plus en plus fréquents et l’anarchie fait craindre qu’Al-Qaïda cherche de gagner du terrain dans la corne d’Afrique.

Les troupes africaines qui protègent le gouvernement somalien se livrent à des combats quotidiens avec les militants islamistes (Al Shabab) qui tiennent la majeure partie du centre et du sud du pays, nous précise ce rapport. Selon la même source, la dernière attaque menée par les milices d’Al- Shabab a eu lieu à l’aéroport de Mogadiscio et a été perpétrée par des kamikazes. Parmi les victimes figuraient deux soldats du contingent de maintien de la paix.

Pour ce qui est du conflit frontalier, d’une part, entre l’Erythrée et Djibouti et, d’autre part, entre l’Erythrée et l’Ethiopie, la Commission permanente de la coopération, des relations internationales et du règlement des conflits est préoccupée par l’absence de solution. « Il est encourageant de noter que l’Emir du Qatar est parvenu à obtenir un accord entre l’Erythrée et Djibouti en vue de résoudre le différend frontalier » a souligné l’Honorable Marwick Khumalo.

Toujours en Afrique de l’Est, le Soudan entre dans l’une des phases les plus critiques de son histoire. La réussite du referendum de 2011 au sud Soudan revêt la plus grande importance. « Je suis convaincu qu’avec le soutien de la communauté internationale, le peuple soudanais aura l’occasion de saisir cette occasion qui lui est offerte de surmonter les problèmes auxquels il est confronté » a dit le Président de ladite commission. Le rapport nous précise que la stratégie de paix au Darfour prend en compte la poursuite du dialogue avec les rebelles, la paix sociale interne, le programme de développement des services, l’appui au retour des personnes déplacées et la réhabilitation des villages ainsi de la compensation aux populations affectées.

L’instauration de bonnes relations entre le Soudan et le Tchad a eu des répercussions positives sur l’appui au processus de paix et à la stabilité au Darfour.

Pour la région d’Afrique du Nord, en République Sahraouie, le Parlement Panafricain réitère son engagement à continuer à soutenir les efforts visant à résoudre le différend sur le Sahara occidental, sur la base de la légalité internationale des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que du plan d’action de Tripoli.

En Afrique Australe, la situation à Madagascar constitue un véritable défi pour l’Afrique et pour la région de la SADC en particulier. Cette dernière poursuit ses efforts afin de parvenir à un accord sur une transition consensuelle et global dans ce pays.

En Afrique de l’Ouest, après huit années de palabres et de gesticulations concernant la tenue des élections en Côte-d’Ivoire, le dernier obstacle le plus important, à savoir l’inscription des électeurs, vient d’être franchi, ouvrant ainsi la voie à la tenue des élections. 

Au Niger, le pouvoir civil démocratique  n’a pas été restauré. Toutefois, nous sommes heureux de constater qu’un programme de transition d’une année a été adopté, qui invite à l’organisation d’un Référendum constitutionnel, d’élections municipales, législatives et présidentielles le 26 décembre 2010.

En Guinée Conakry, une lueur d’espoir apparaît, maintenant que la date du deuxième tour des élections a été fixée au 24 octobre 2010, entre les deux candidats sortis vainqueurs du premier tour, il y a de cela près de quatre mois.

Au Nigeria, l’attentat commis pendant les célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance a entravé la marche, jusqu’à présent toute tracée, vers la tenue des élections prévues pour le premier trimestre de l’année prochaine 

En conclusion, ce rapport met l’accent sur les défis fondamentaux auxquels les Africains et les partenaires internationaux doivent trouver des solutions à savoir le renforcement des capacités institutionnelles, l’engagement politique des pays africains, l’amélioration de la qualité du soutien international, la prévention et la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes légères et de petit calibre.

La protection des civils dans les opérations de maintien de la paix, la sécurité et la sûreté maritime en particulier dans l’océan indien, aux larges des côtes de la somalie,  du Golfe de Guinée et l’absence d’un système d’alerte rapide et opérationnel font aussi partie des défis que les Africains doivent relever.

 

Rapport d’évaluation : manque de moyens au sein du Secrétariat du PAP


Le rapport du Comité d’évaluation administrative et financière (CEAF) du Parlement Panafricain vient d’être voté par les députés réunis en plénière. Il suggère notamment l’urgence de l’engagement d’un consultant juridique, la nécessité d’avoir plus d’assiduité lors des sessions, le renforcement des effectifs du Secrétariat et le développement de la communication du PAP.

 

Ce rapport, publié à la demande de la plénière qui a mis en place le CEAF en octobre 2009, se subdivise en trois principales parties : l’une dédiée au domaine institutionnel, l’autre au domaine financier et enfin la dernière relative à l’administration du PAP.

 

Présenté par le Président du CEAF, l’Honorable Fabakary Tombong Jatta, le texte a fait l’objet de longs débats. La demande qui est revenue le plus souvent est celle d’avoir un consultant juridique attaché aux activités du Parlement, pour veiller notamment à leur conformité aux textes qui régissent l’Union Africaine.

 

Le Président du caucus de l’Afrique centrale a cependant tenu à rappeler que, « partout ailleurs, les assemblées se gèrent d’une manière autonome ». Et de demander que «le PAP ne doit pas être une antichambre de la Commission de l’Union Africaine, notamment au niveau de la Communication et des Finances. » Les parlementaires du PAP ont ainsi regretté qu’il n’y ait pas assez de visibilité sur les actions menées par leur institution, principalement à cause du manque de moyens. Sur ce point précis, la plénière s’est réjouie qu’un plan de communication ait été intégré dans le budget 2011, ce qui contribuera à faire connaître un peu plus le PAP auprès des populations africaines et au-delà.

 

L’autre point qui a été évoqué plusieurs fois concerne l’assiduité des parlementaires du PAP aux activités de leur institution. Gêné et en colère, un parlementaire s’est exclamé en pointant du doigt les chaises vides de l’hémicycle alors que les députés sont venus grâce à l’argent des contribuables de nos pays : «Sommes-nous ici pour faire du tourisme ?». Ainsi, l’idée d’un temps minimal à passer dans les plénières a été suggérée, comme cela se fait dans les assemblées d’origine des parlementaires du PAP. Faute de quoi, les parlementaires perdraient leur qualité de membres du Parlement Panafricain.

 

Face aux critiques faisant état d’un rapport bâclé, le Président du CEAF a précisé que le texte en discussion avait été préparé en quatre jours. Et que sur le rapport d’audit de l’exercice 2009, dont l’un des parlementaires venait d’annoncer l’existence, «le Bureau du PAP attend les rapports des commissaires aux comptes.» Quoiqu’il en soit, «le Secrétariat général du PAP devra extraire les recommandations des plénières pour les communiquer aux différents chefs de départements pour leur mise en œuvre.»

 

Le constat de manque criant de personnel au sein de l’administration (45 personnes présentes alors que le PAP a besoin de 190) a poussé la plénière à demander que cette question soit résolue très rapidement En écho aux remarques faites plus tôt sur leurs conditions de traitement lors des missions conjointes d’observation des élections, les parlementaires ont demandé que ces conditions soient revues pour être en adéquation avec l’importance de leur tâche.

 

SOURCE 

Pan-African Parliament (PAP)


Categories

%d bloggers like this: