Posted by: africanpressorganization | 9 April 2010

Côte d’ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI

 

 


 

 

Côte d’ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI

 

 

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 9 avril 2010/African Press Organization (APO)/ — Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI.

 

Hamadoun Touré (Porte-parole de l’ONUCI) : Bonjour mesdames et messieurs. Bienvenue à ce point de presse hebdomadaire. Une mission d’évaluation des Nations Unies séjournera en Côte d’ivoire du 12 au 22 Avril prochain. Il s’agira de procéder à un examen approfondi du processus de paix et de se prononcer sur le rôle que peut continuer de jouer l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour mieux aider le pays à sortir de la crise le plus rapidement possible. Pendant leur séjour, le chef de la mission, Raisedon Zenenga et sa délégation d’une vingtaine de personnes s’entretiendront avec les acteurs impliqués dans la recherche de solutions à la crise ivoirienne, notamment les leaders des partis politiques, les plus hautes autorités de l’Etat, les structures chargées du processus électoral, les chefs militaires ainsi que les membres de la société civile. La délégation aura également des échanges de vues avec le Facilitateur du dialogue inter ivoirien, le Président Burkinabé, Blaise Compaoré. La délégation va se rendre à l’intérieur du pays pour y toucher du doigt les réalités du terrain. Elle clôturera son séjour par une conférence de presse au sein de l’ONUCI, ici même. Le dernier séjour d’une mission d’évaluation des Nations Unies en Côte d’ivoire remonte au mois de décembre 2008.

Le deuxième point de ma présentation concerne l’appui de l’ONUCI à la Commission Electorale Indépendante (CEI) et par extension au processus électoral. L’ONUCI, à travers la division de l’Assistance électorale, procède en ce moment même au repérage par satellite des lieux de vote difficile d’accès. Ce travail se fait dans la perspective d’une préparation de la cartographie que l’ONUCI remettra à la CEI le moment venu.

Dans le cadre des initiatives destinées à établir un environnement électoral apaisé, l’ONUCI va poursuivre l’organisation d’une série d’activités à travers le pays. Ainsi, à Ferkessédougou, l’ONUCI va organiser le 12 Avril 2010, un atelier de suivi sur la cohésion sociale pour un environnement électoral apaisé. Cet atelier est une réponse aux recommandations d’un forum tenu en 2009 avec les populations de Ferkessédougou.

Le 10 Avril à Yamoussoukro, la Mission va organiser un tournoi de football pour la paix dans le cadre de l’appui du processus de paix à travers le sport.

Il est prévu un séminaire avec la société civile de Korhogo du 15 au 16 Avril 2010. Cette activité fait partie d’une série de séminaires qu’organise l’ONUCI tout au long du deuxième trimestre en vue d’outiller les représentants de la société civile pour servir d’amplificateur de message en faveur d’un environnement électoral apaisé dans leurs organisations et dans leurs communautés respectives.

Enfin et c’est sur une note disciplinaire, l’ONUCI va continuer de prendre des mesures très énergiques à l’encontre de son personnel qui n’observerait pas les règles élémentaires du code la route à bord des véhicules de la Mission. Il a été noté, depuis quelques temps, une recrudescence des cas de mauvaise manière de conduire de certains fonctionnaires de l’ONUCI entrainant parfois des accidents que l’on aurait pu éviter avec un peu plus d’attention et de vigilance. Ces mesures répondent à la nécessité du respect strict des normes des Nations Unies en la matière. Notre mandat, faut-il le rappeler, est d’aider et de protéger les ivoiriens et non de créer des difficultés supplémentaires à des populations qui souffrent déjà de la crise.

Voilà mesdames et messieurs les points que je voulais évoquer et je suis maintenant prêt à répondre à d’éventuelles questions. Je vous prie de vous identifier en indiquant votre nom et l’organe de presse que vous représentez ici.

 

Etienne Aboua (Demain) : Vous avez annoncé dans vos propos préliminaires l’arrivée d’une mission d’évaluation et en même temps le chef de l’Etat [Laurent Gbagbo] après avoir assisté au cinquantenaire du Sénégal, tend la main au Président Aboulaye Wade pour ce que les gens appellent une nouvelle médiation. J’aimerais avoir la position de l’ONUCI là-dessus. Surtout que le chef de cette délégation séjourne au Sénégal. Est-ce qu’il y a un lien entre le fait que le Chef de l’Etat Ivoirien veuille confier une nouvelle médiation au Président Wade ou est-ce une pure coïncidence ?

 

HT. : La délégation commence son séjour le 12 Avril et la déclaration du Président Gbagbo dont vous nous parlez date de la semaine dernière si j’ai bonne mémoire. Il n’y a pas de lien entre les deux et nous n’avons pas de commentaires sur l’offre faite par le Président Gbagbo à son homologue sénégalais de visiter la Côte d’ivoire. Il n’y a pas de lien entre la visite de la mission d’évaluation et l’offre dont vous avez parlé. Je voudrais juste préciser qu’à chaque fois qu’il y a un tournant dans le dossier ivoirien, il est courant que le siège des Nations Unies envoie une équipe ici pour voir comment l’ONUCI fonctionne, comment son appui est-il apprécié, comment faut-il renforcer cet appui pour accélérer la sortie de crise et cette mission se situe dans ce cadre.

 

Paulin Zobo (Fraternité Matin) : On se rappelle que il y a environ un ou deux ans, l’ONUCI avait déjà élaboré une cartographie qui avait été remise semble-t-il à la CEI. Alors on se demande pourquoi est-ce qu’il se trouve encore des sites qui n’ont pas été évalués ou bien qui n’aient pas été identifiés à ce jour au point que l’ONUCI le fasse maintenant. Quel est le nombre de sites concernés qui sont difficilement identifiables.

 

HT. : Je n’ai pas le nombre exact parce qu’on est encore en train de les repérer, mais je sais que dans certaines zones comme la zone de Grand Lahou, il y a des bureaux pratiquement inaccessibles. Donc il faut pouvoir les identifier pour savoir où d’abord ces bureaux de vote se trouvent et ensuite faciliter l’accès aussi bien du matériel électoral que des électeurs à ces lieux. Le nombre n’a pas été déterminé parce qu’il s’agit d’un travail qui est en cours. Comme je vous l’ai dit, il se mène en ce moment. Dès que nous aurons le nombre exact de bureaux concernés, nous vous les communiquerons. La première, c’était l’année dernière que le Représentant Spécial a remis au Président de la CEI, une cartographie, Mais cette cartographie n’était pas complète en raison de ces lieux dont j’ai parlé et elle ne reflétait pas exactement tous les lieux de vote. Et c’est ce que nous voulons combler par le travail qui est accompli.

 

 

Mireille Gnahore Boti (ONUCI FM) : J’aimerais savoir la position ou la réaction de l’ONUCI face à l’audit de la liste électorale provisoire réclamé par le camp présidentiel ? Et puis en second point, je crois savoir que le Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire a une version concernant le croisement humain qui peut être assimilé au croisement populaire. Qu’en est-il ?

 

HT : L’audit, nous voulons d’abord en connaitre le contenu, puis la signification et la portée. Ce que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Côte d’Ivoire a dit que c’est que la liste dite blanche et la liste dite grise ne sont pas intouchables. C’est la raison d’être même du contentieux. Le contentieux permet de vérifier la pertinence des deux listes, mais il faut apporter des preuves dans un cas comme dans l’autre. Dans la première liste dite blanche, il faut prouver que les personnes dont on demande la radiation ne remplissent pas les conditions d’être sur la liste blanche. De même, dans la liste grise, il faut prouver que les personnes dont on demande l’inclusion, remplissent les conditions pour être incluses dans la liste blanche. Par ce que ca ne sera plus la liste grise, ils vont passer dans la liste blanche et faire partie de ce qu’on appelle la liste électorale provisoire, qui, elle-même, lorsqu’elle sera traitée, sera la liste électorale définitive. Voilà notre position et c’est pour cette raison que nous avons toujours appelé à la relance du contentieux et nous sommes persuadés qu’avec la relance du contentieux, toutes ces questions trouveront une réponse. Avec le mode opératoire accepté par tous. Tout ce qui a été croisé dans le passé avait été accepté par tous. Mais cela ne veut pas dire que la liste obtenue après les croisements est une liste intouchable ou une liste infaillible. Elle est susceptible de traitement, elle est susceptible de recours. Mais, il faut apporter la preuve de ce qu’on avance. Aussi bien dans la liste blanche, c’est-à-dire le retrait de certaines personnes que dans la dans liste grise, avec l’adjonction ou l’ajout d’autres personnes.

 

MB : Donc la liste dite blanche n’est pas certifiée alors par le Représentant spécial ?

 

HT : La liste n’est pas à être certifiée explicitement. Si vous avez lu les résolutions, c’est la liste électorale définitive que le Représentant spécial doit certifier. En revanche, il y a eu ce que nous avons appelé les commentaires sur l’acceptation par tous de la qualité de la dite blanche, plus généralement de la liste électorale provisoire où nous avons une liste de personnes qui avaient été repérées et une autre dont les éléments restent à repérer. Il y a eu une position de l’ONUCI qui ne peut pas être considérée comme certification explicite. A la différence de ce qui sera fait lorsque la liste électorale définitive sera produite.

 

EA : Vous avez parlé tout à l’heure de relance du contentieux. Qu’est ce que l’ONUCI fait pour que le contentieux puisse être relancé ? Répondant à la question précédente de ma consoeur, vous aviez évoqué la position du Représentant special, n’est ce pas ce qui entretient le flou ? Si ce n’est pas une certification explicite, qu’est ce que c’est ?

 

HT : C’est une certification implicite.

 

EA : c’est peut-être cela qui entretient le flou ?

 

HT : Pas du tout. La résolution demandant la certification précise deux choses. La liste électorale définitive sera certifiée explicitement c’est-à-dire qu’il y aura un rapport qui sera établi pour dire que cette liste correspond ou ne correspond pas à ce qui doit être fait au plan international en conformité avec les standards internationaux. Alors que la certification implicite est la certification d’un processus alors que la liste électorale définitive comme son nom l’indique est un produit définitif. Par exemple les audiences foraines ont bénéficié de ce que l’on pourrait appeler certification implicite l’opération d’identification et de recensement ont bénéficié de certification implicite par des appréciations, les réactions qui ont été faites par le Représentant special lui-même ou par son porte-parole. Pour cela, on parle de certification implicite. Il en a été de même quand on a obtenu la liste électorale provisoire. La liste électorale définitive quant à elle, fera l’objet de certification explicite tout comme les résultats des élections. C’est très clairement inscrit dans les critères de certification que le Représentant special a présentés à tous les acteurs qui les ont acceptés.

S’agissant de la relance du contentieux, ce que l’ONUCI fait, c’est de demander ӑ ceux qui en sont chargés, car comme vous le savez, ce n’est pas l’ONUCI qui relance le contentieux elle-même, nous donnons nos avis, nous rendons visite aux autorités concernées. Nous aidons et nous appuyons. Le repérage des lieux de vote par exemple fait partie de notre appui. Nous mettons bien sûr notre logistique à la disposition de la CEI qui est chargée, comme vous le savez, de la relance du contentieux. Nous invitons tous les acteurs à reprendre le contentieux parce qu’il y a beaucoup de questions qui se posent actuellement et qui pourraient trouver leur solution dans le contentieux. Parce que ce sont des questions sur lesquelles on n’est pas d’accord. C’est ce qui signifie contentieux. Il y a donc un contentieux entre les différents acteurs. Il y a des différences de lecture, il y a des différences d’interprétation. Il faut trouver la solution dans le contentieux, c’est-à-dire en confrontant ce que l’on pense au réel. C’est là qu’on va trouver une solution. Parce qu’il y a un mode opératoire déjà et qui a prévu le contentieux. Il suffit de se réinscrire dans le mode opératoire et de régler le problème.

 

Paulin Zobo (Fraternité Matin) : Ce n’est pas une polémique mais je suis heureux de la précision que vous venez d’apporter concernant la certification implicite de la liste provisoire. Dans un entretien que le directeur de cabinet adjoint du premier ministre a accordé à mon collègue, il avait affirmé que la liste électorale avait été certifiée, en même temps que M. Choi disait que la liste n’était pas définitivement irréprochable. Cette information avait été donnée dans une interview.

Ma question est de savoir dans quel état d’esprit arrive la mission. Vous avez dit tantôt que chaque fois qu’il y a des difficultés dans le processus, la mission arrive pour faire une évaluation sur le terrain. Elle va à l’intérieur du pays, dans quelles localités concrètement ? Ira-t-elle par exemple à Bouaké, à Vavoua, à Man ? Puisqu’il est de plus en plus question de réunification du territoire par le désarmement, l’unicité des caisses. Est-ce qu’elle vient pour tous ces aspects là ? Elle arrive, quel est son constat avant de quitter New York pour Abidjan ?

 

HT : Elle vient dans un état d’esprit ouvert, elle vient dans un état d’esprit d’appui. Je voudrais juste nuancer pour dire que j’ai dit qu’à chaque fois qu’il y avait un moment crucial, à chaque fois que le dossier ivoirien est à un tournant crucial, les Nations Unies envoient une mission et c’est le cas actuellement, car nous ne sommes pas loin des élections techniquement. La mission vient pour savoir comment appuyer pour que l’on fasse la traversée du chemin qui reste à parcourir. Si j’écoute les acteurs, tout le monde dit qu’on a fait plus 80% du parcours. Mais les 20% s’avèrent difficiles et la mission vient pour essayer d’aider et elle va aider mais elle doit d’abord évaluer C’est donc une mission qui vient écouter, qui va rencontrer les différentes personnalités impliquées dans la recherche de solutions. Ce sera donc une mission d’écoute. Après elle fera un rapport au Secrétaire général des Nations unies qui va inclure cela dans son rapport au Conseil de sécurité sur l’ONUCI. Il reviendra donc au Conseil de sécurité de prendre les décisions adéquates pour ce qui concerne le rôle que l’ONUCI est appelée à jouer ou va continuer de jouer pour aider les Ivoiriens à sortir de la crise le plus rapidement possible. Concernant l’itinéraire, le programme est en train d’être finalisé. Mais puisque vous attendez pour pouvoir vous organiser, la mission ira à Bouaké, elle ira aussi à l’ouest à Duekoue et à Guiglo, je n’ai pas le programme sous les yeux mais je pourrais vous dire qu’elle ira à Duekoue et à Guiglo.

Oui, il y a des questions dans le cadre de la réunification parce que j’ai oublié de vous dire que ce serait une mission multidisciplinaire. Vous aurez des spécialistes militaires, des spécialistes en sécurité, en élections ainsi que des spécialistes dans la réforme du secteur de sécurité c’est-à-dire armée, police pour la nouvelle armée etc., Il y aura aussi des experts en situation d’urgence, des questions humanitaires. C’est donc une mission de près de vingt personnes qui va sillonner le pays et qui va écouter aussi bien les acteurs politiques que les populations. J’espère avoir répondu à votre préoccupation.

 

PZ : Concernant la question de l’encasernent, la défaillance principale se situerait au niveau du financement, selon ce que nous avons appris. Les casernes qui, depuis des années ont été réhabilitées ou en train de l’être, il se trouve que ces casernes ne sont toujours pas disponibles pour accueillir les éléments. On se demande quelle a été la contribution de l’ONUCI, car cela fait quand même un moment que l’on nous a dit que l’ONUCI a contribué à la réhabilitation des casernes pour l’accueil des ex-combattants des FAFN. Deuxièmement, c’est l’aspect financement du désarmement et du Centre de commandement intégré (CCI). Je voudrais savoir si une telle mission prévoit de contribuer sur cette question au déploiement du CCI sur l’ensemble du territoire.

 

HT : L’ONUCI a fait ce qui était attendu d’elle en ce qui concerne la réhabilitation des quatre sites à Bouaké, à Man, à Korhogo et à Séguéla. L’ONUCI a fait ce qu’elle devait faire et elle a procédé à la remise des sites aux autorités compétentes. Maintenant quel est l’état dans lequel se trouvent les sites ? Cela dépasse un peu le cadre de l’ONUCI. Il faut peut être poser la question aux récipiendaires de ces sites. Pour ce qui est de l’appui du CCI, je vous ai dit que la mission était multidisciplinaire et qu’il y aurait des experts dans tous ces domaines. Des rencontres sont prévues avec les autorités militaires plus précisément le Général Mangou et le Général Bakayoko qui ne manqueront certainement pas de faire cas de leurs préoccupations. Je vous avais dit que c’était une mission d’écoute ; ces préoccupations seront donc enregistrées et seront portées certainement à la connaissance du Secrétaire général de l’ONU qui va, à son tour, les répercuter au sein du conseil de sécurité. Mais encore une fois pour la réhabilitation des sites, l’ONUCI a fait ce qui était attendu d’elle. Je tiens à le dire.

 

Merci et à jeudi prochain, on en saura davantage sur la mission.

SOURCE 

Mission of UN in Côte d’Ivoire


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