Posted by: africanpressorganization | 31 March 2010

Crise alimentaire au Sahel : des réponses urgentes et sur le long terme sont indispensables

 


 

 

Crise alimentaire au Sahel : des réponses urgentes et sur le long terme sont indispensables

 

 

PARIS, France, 31 mars 2010/African Press Organization (APO)/ — Depuis plusieurs mois, les signes annonciateurs d’une crise alimentaire au Sahel se multiplient. Le pays le plus touché est le Niger, mais des régions au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria sont également affectées. Ces prochains mois, ce sont près de dix millions de personnes dans la région qui sont menacées par une grave crise alimentaire.

« Les populations du Sahel font face à une situation de faim et de malnutrition chronique depuis plusieurs années. Dans cette situation de précarité, tout évènement imprévu, comme le manque de pluie l’année dernière, plonge les populations dans une situation de crise. Si rien n’est fait aujourd’hui, celle-ci s’annonce dévastatrice » affirme Jean-Denis Crola, d’Oxfam France.

La coordinatrice du système de l’ONU et de l’action humanitaire au Niger a appuyé ce constat hier soir à New York. Dans les régions pastorales du Niger, la période entre avril et juin sera la plus difficile, et la crise devrait s’étendre jusqu’à septembre dans les régions agricoles. La chute des récoltes, de plus de 25% au Niger, notamment en raison des pluies erratiques et insuffisantes de 2009, explique en partie cette crise. Les réserves, au niveau local comme au niveau national, seront insuffisantes dans les prochains mois.

« A la crise de disponibilité des aliments s’ajoute à une crise récurrente des prix : les produits alimentaires demeurent trop chers pour de nombreux ménages pauvres : dans l’Ouest du Niger, les prix du millet ont augmenté de 20 à 25%, ceux du sorgho jusqu’à 50% en décembre 2009 » explique Jean-Denis Crola.

Pour Oxfam France, les pays donateurs, les gouvernements ouest africains et les Nations unies doivent apporter de toute urgence une réponse coordonnée et dotée de ressources suffisantes pour éviter une catastrophe dans les prochains mois. Il est nécessaire que des organismes régionaux comme la CEDEAO assurent un rôle de premier plan au niveau régional et que les agences des Nations unies, les ONG locales et internationales collaborent avec les autorités nationales pour mettre en œuvre un plan d’intervention global.

Oxfam France souligne qu’en plus de réponses urgentes pour éviter une catastrophe humanitaire, il est indispensable de s’attaquer aux causes profondes de la faim et la malnutrition dans la région. Les pays donateurs doivent soutenir les politiques et programmes agricoles et alimentaires nationaux en cours d’élaboration, centrés sur le développement de l’agriculture familiale.

Oxfam France rappelle que les populations rurales en Afrique de l’Ouest ont été délaissées des investissements publics comme de la communauté internationale. Entre 2001 et 2007, l’agriculture a représenté en moyenne moins de 5% du total de l’aide publique au développement (APD) en Afrique de l’Ouest. De plus, ces financements, délivrés sous forme de projets, sont peu coordonnés et trop souvent déconnectés des programmes nationaux. Ce manque de coordination nuit fortement à l’efficacité sur le terrain et au contraire affaiblit les capacités locales.

 

SOURCE 

OXFAM International


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