Posted by: africanpressorganization | 30 March 2010

Des parlementaires américains préoccupés par la situation politique en Éthiopie / Au Congrès, le secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique évoque aussi les droits de l’homme.

 


 

 

 

Des parlementaires américains préoccupés par la situation politique en Éthiopie / Au Congrès, le secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique évoque aussi les droits de l’homme.

 

WASHINGTON, 30 mars 2010/African Press Organization (APO)/ — Des membres influents du Congrès des États-Unis, du côté démocrate comme du côté républicain, se sont dits préoccupés par la situation politique en Éthiopie, notant les tendances autoritaires de son gouvernement mais aussi les violations des droits de l’homme dans ce pays, en particulier la détention prolongée d’une dirigeante éminente de l’opposition.

 

Ouvrant l’audition du 24 mars de la sous-commission pour l’Afrique et la santé mondiale au sein de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, son président, le représentant démocrate de l’État du New Jersey Donald Payne, a déclaré au sujet du parti au pouvoir en Éthiopie : « Je suis profondément inquiet et préoccupé par la détérioration des conditions politiques en Éthiopie où le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) devient de plus en plus totalitaire. »

 

M. Payne s’est dit également préoccupé par la récente décision du gouvernement éthiopien de brouiller les émissions de la Voix de l’Amérique (VOA) après les avoir injustement comparées à celles de la station de radio rwandaise Mille Collines qui diffusait des messages de haine en 1994. M. Payne a souligné que cette station rwandaise « avait été utilisée par ceux qui avaient perpétré le génocide au Rwanda » cette année-là.

 

Le représentant principal du parti républicain à cette sous-commission, M. Chris Smith, du New Jersey, a ajouté : « Le premier ministre éthiopien, M. Meles Zenawi, donne malheureusement des signes de dégradation de son respect des droits de l’homme. »

 

M. Payne s’est dit particulièrement préoccupé par le sort de Mme Birtukan Mideksa, une ancienne magistrate éthiopienne et dirigeante de l’opposition qui avait été condamnée à la prison à vie après avoir été reconnue coupable en 2005 d’avoir tenté de renverser l’ordre constitutionnel. Graciée en 2007, elle a été arrêtée de nouveau et le verdict contre elle a été rétabli en décembre 2008.

 

Selon le tout dernier rapport du département d’État sur les pratiques relatives aux droits de l’homme pour l’année 2009, Mme Birtukan, qui dirigeait le parti d’opposition Unité pour la démocratie et la justice, « avait été mise au secret jusqu’en juin, malgré une décision juridique qui soulignait qu’il s’agissait là d’une violation de ses droits constitutionnels. Il lui avait aussi été interdit d’avoir des visiteurs à l’exception de quelques-uns de ses proches, en dépit d’un ordre rendu par un tribunal qui lui permettait un accès sans restriction aucune à des visiteurs. »

 

Par ailleurs, le rapport du département d’État souligne : « Il existe des informations crédibles selon lesquelles l’état de santé mentale de Mme Birtukan s’est détérioré de manière significative au cours de l’année écoulée. » Tout en critiquant le traitement des dissidents par le gouvernement éthiopien et les conditions de leur emprisonnement, le rapport reconnaît néanmoins que ce gouvernement « poursuit des efforts pour donner une formation en matière de droits de l’homme à sa force de police et aux recrues de l’armée ».

 

Au regard du respect des droits de l’homme en Éthiopie, un sujet sur lequel M. Payne a demandé au secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines de donner son avis, M. Johnnie Carson a dit : « Le comportement à ce jour du gouvernement éthiopien pourrait être bien meilleur qu’il ne l’est actuellement. De nombreuses allégations faites à cet égard ont été étayées dans le rapport du département d’État sur les droits de l’homme qui indique des lacunes relatives au traitement des personnes détenues par le gouvernement éthiopien. Nous encourageons celui-ci à traiter tout le monde de manière humaine. »

 

Au sujet de Mme Birtukan, M. Carson a déclaré aux membres de la sous-commission : « Nous avons demandé aux autorités éthiopiennes de nous dire pourquoi elle avait été arrêtée de nouveau après avoir été graciée, et si, en effet, nous pouvions nous attendre à sa remise en liberté dans un avenir très proche. »

 

M. Carson a indiqué que lors de son séjour officiel en Éthiopie, il y a trois semaines, il avait eu des entretiens avec le premier ministre de ce pays, M. Meles, avec lequel il avait soulevé le dossier de Mme Birtukan de même que de plusieurs autres personnes détenues par les autorités éthiopiennes. « J’ai encouragé le gouvernement d’Addis-Abeba à agir de manière responsable vis-à-vis de ces cas et ai souligné très clairement que l’emprisonnement qui perdure de personnes telle Mme Birtukan mine sa crédibilité et son image de marque. »

 

M. Carson a également indiqué qu’il avait passé plus d’une heure à s’entretenir avec son interlocuteur éthiopien de questions relatives à la démocratie et à la bonne gouvernance mais aussi « de la nécessité de tenir des élections libres et équitables ».

 

« Nous suivons avec grand intérêt (la situation…) et nous encourageons le gouvernement éthiopien de même que les partis d’opposition à agir de manière responsable lors de la campagne électorale et des élections elles-mêmes en mai », a dit M. Carson. « Nous pensons qu’il incombe au gouvernement éthiopien de faire tout son possible pour offrir des chances égales à tous à l’approche des élections et l’occasion à tous les partis d’opposition de participer à cette période préélectorale en menant leurs propres campagnes, mais aussi de faire tout son possible pour permettre de manière équitable à tous de voter en toute liberté le jour du scrutin. »

 

« Nous ne souhaitons pas voir une répétition de la violence qui a découlé des élections entachées d’irrégularités de 2005 », a souligné M. Carson dans ses propos devant les parlementaires.

 

Par ailleurs, le principal administrateur adjoint pour l’Afrique à l’Agence des États-Unis pour le développement international, M. Earl Gast, a souligné aux membres de la sous-commission l’importance de la tenue d’élections dans un processus démocratique, notamment en Afrique : « Nous sommes convaincus que les dirigeants qui manipulent les élections n’ont plus beaucoup d’avenir. »

 

« Au fur et à mesure que les sociétés et les systèmes politiques se développent en Afrique, les populations s’attendront de plus en plus à davantage de responsabilité de la part de leur gouvernement », a dit M. Gast. « Les procédés politiques qui ne répondront pas à ces attentes risquent de provoquer de l’instabilité et même des conflits violents, qui à leur tour pourraient éliminer les progrès accomplis au niveau du développement du pays et le faire reculer d’une génération. »

 

Avec plus de 20 élections prévues en Afrique en 2010, le responsable de l’USAID a expliqué qu’au cours de 2008 et de 2009, son agence avait consacré environ 89 millions de dollars pour bâtir les compétences de l’Afrique en matière de concurrence politique et de création de consensus – soit le tiers du budget pour le développement alloué par l’USAID aux questions de démocratie et de gouvernance sur le continent. « Notre objectif est d’appuyer la mise au point de systèmes électoraux équitables et crédibles et non pas de déterminer les vainqueurs des élections », a souligné M. Gast.

 

SOURCE 

US Department of State


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