Posted by: africanpressorganization | 17 March 2010

Atelier UEMOA – Ghana / Atelier régional II sur la charge à l’essieu du 17 au 19 mars 2010 à Ouagadougou, Burkina Faso

 


 

 

Atelier UEMOA – Ghana / Atelier régional II sur la charge à l’essieu du 17 au 19 mars 2010 à Ouagadougou, Burkina Faso

 

 

OUAGADOUGOU, Burkina-Faso, 17 mars 2010/African Press Organization (APO)/ — Allocution de M. Amos Tincani, ambassadeur, chef de délégation de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso au nom des partenaires techniques et financiers.

 

Permettez-moi de remercier les organisateurs de cet atelier qui a demandé un engagement très important, notamment de l’UEMOA et du Burkina Faso. Je salue également la tenue de ce cadre de dialogue régional, qui permet de réunir des représentants du secteur privé et les décideurs de l’Administration.

 

La surcharge est un phénomène qui réduit les efforts des Etats dans la lutte contre la pauvreté et leurs performances économiques. Elle contribue à dégrader le réseau routier et rend de plus en plus difficile la justification des financements des infrastructures routières pour les Partenaires Techniques et Financiers. En effet, la surcharge détruit le réseau routier plus vite que nous sommes capables de le financer et le ré-construire.

 

Quel est le constat à ce jour ?

 

Il y a bientôt une année, l’atelier régional sur la surcharge à l’essieu numéro 1 tenu à Ouagadougou en avril 2009 avait permis l’adoption d’une Feuille de route qui prévoyait entre autres, de commencer le contrôle du Poids Total Autorisé en Charge dès le 31 Mai 2009.

 

Force est de constater que la surcharge ne s’est pas réduite considérablement. A titre d’illustration, les résultats de pesée au 2ème semestre 2009 au Burkina Faso montrent que sur les principaux axes, le pourcentage de véhicules en surcharge (hors véhicules vides) est de 76 % à 90 %.

 

La mise en œuvre de la Feuille de route n’a pas connu les progrès escomptés. Seuls, certains Etats sont rentrés dans une période transitoire avec des mesures dont les Partenaires Techniques et Financiers apprécient les efforts. En particulier les récents efforts du Burkina Faso sont à saluer, puisqu’il a commencé sa campagne de contrôle des poids des véhicules depuis le 1er Mars 2010. Les premiers résultats positifs des pays entrés dans une période transitoire montrent un certain reflux de la surcharge des marchandises. Mais aucun pays n’est parvenu à résoudre le problème du transport d’hydrocarbures. Rappelons qu’il s’agit de la filière la plus agressive sur certains corridors du Burkina étant donnés les centaines de camions en circulation.

 

 

 

Quelles sont les pistes de réflexion pour parvenir à une amélioration ?

 

L’atelier n°1 a pu pécher par une sous-estimation de la profondeur des problèmes. Nous sommes obligés d’accepter que la surcharge ne peut pas être éradiquée du jour au lendemain. Il incombe de fixer des objectifs réalistes, qui visent une baisse radicale de la surcharge, sans pour autant exiger l’impossible sur le plan économique, notamment dans le transport des hydrocarbures.

 

Il y a un rôle à jouer pour chaque acteur.

 

Pour les Transporteurs et pour les Etats, le défi est de trouver un terrain d’entente qui concilie protection des routes et rentabilité de la profession. En effet, au delà de la rentabilité du transporteur, il y a le panier de la ménagère et le prix du litre de carburant. C’est la problématique du “coût des facteurs” : Le prix du transport et de l’énergie doit rester abordable pour favoriser le secteur productif.

 

Dans cet esprit, il est important que le système des transports devienne plus efficace, plus ouvert et plus concurrentiel. L’amélioration de la qualité des services logistiques passe par un encouragement de la containerisation et la suppression du système actuel de tour de rôle qui résulte du partage de fret entre transporteurs des pays côtiers et pays destinataires. Le marché unique prôné par les organisations régionales (CEDEAO, UEMOA) ne peut être une réalité sans une suppression du tour de rôle contraire à cet objectif et à la concurrence.

 

Pour les Organisations régionales UEMOA et CEDEAO, l’objectif doit être de jouer un rôle moteur dans la recherche de solutions à la surcharge avec un calendrier de mise en œuvre réaliste, et de faire approuver une politique de concurrence progressive qui sanctionne le marché régional unique des transports. L’appui au transport de containers est une piste de solution ainsi que des projets à long-terme comme les études de développement et de réhabilitation de chemin de fer qui devraient être portés de manière rapide par les organisations régionales et les Etats.

 

Pour les Autorités portuaires, le défi de la compétitivité doit intégrer la réduction de la surcharge et l’amélioration des délais de transit dans les ports. Une visite-étude à des ports performants dans d’autres continents pourrait être instructive.

 

Pour les Etats, le défi est de d’assurer le rôle de gardien du bien public, qu’est l’infrastructure routière, et d’assumer des responsabilités vis-à-vis des transporteurs, notamment en aidant les transporteurs à mettre en conformité leurs équipement hors normes, en augmentant les mesures incitatives au renouvellement du parc des véhicules et en éradiquant au maximum les tracasseries et prélèvements illicites. Les Etats doivent s’engager plus activement dans ces mesures d’accompagnement à la modernisation du secteur.

 

Pour les Partenaires Techniques et Financiers, il pourraient aider les pays et les organisations régionales à mettre en œuvre les politiques mentionnées plus haut, avec des mesures d’accompagnement appropriées, comme par exemple le projet de renouvellement de la flotte au Burkina Faso, et en apportant une attention particulière sur l’application effective de mesures de réduction de la surcharge sur les routes, qui va conditionner les appuis à de futurs investissements routiers. Les Partenaires Techniques et Financiers ne peuvent que faciliter les initiatives des Etats, de l’UEMOA et de la CEDEAO dans la mise en œuvre de ces mesures.

 

La situation actuelle est intenable aussi bien pour la préservation des routes, leur financement que la compétitivité des économies. Il faut changer de comportement pour transformer les actions en résultats. Toutes les parties sont mutuellement redevables (Etats, UEMOA/CEDEAO, Transporteurs, Ports, Partenaires Techniques et Financiers, etc.).

 

Nous avons tous besoin d’une perspective claire de changement qui inciterait une modernisation du secteur. L’Union Européenne poursuivra son engagement à soutenir les Etats et elle aura une attention particulière pour les progrès dans la mise en œuvre d’actions concrètes de réduction de la surcharge sur les routes.

 

Tout en saluant l’affluence qui démontre la volonté des participants d’arriver à des solutions durables, je souhaite le succès, l’inspiration et des échanges fructueux à tous les membres de l’atelier.

 

Je vous remercie.

 

SOURCE 

European Commission


Categories

%d bloggers like this: