Posted by: africanpressorganization | 13 October 2009

Une enquête du CGAP met en évidence les disparités entre les services financiers proposés aux riches et ceux proposés aux pauvres

 

Une enquête du CGAP met en évidence les disparités entre les services financiers proposés aux riches et ceux proposés aux pauvres

 

WASHINGTON, October 13 /PRNewswire/ — Confrontés aux demandes urgentes de réforme des systèmes financiers nationaux, les décideurs politiques ont une occasion rêvée d’aider leurs citoyens les plus démunis à avoir accès à des services financiers utiles. Cependant pour saisir cette occasion, ils ont besoin d’informations de bien meilleure qualité sur l’accès aux services dans leur pays. Qui a accès à ces services ? Quelles sont les politiques à adopter pour atteindre cet objectif ?

<< De nombreux pays ont une politique déclarée d’élargissement de l’accès aux services financiers pour leurs citoyens les plus démunis >>, explique Nataliya Mylenko, auteur principal du nouveau rapport du CGAP intitulé Financial Access 2009. << Toutefois, en l’absence de données, il est très difficile pour les décideurs de formuler des politiques efficaces. >>

Afin de combler ce manque de données, le CGAP a effectué une enquête auprès des régulateurs financiers dans 139 pays, pour produire le premier rapport d’une nouvelle série annuelle d’évaluations sur l’état de l’accès aux moyens financiers dans le monde entier. Financial Access 2009 conclut que les structures bancaires traditionnelles ne ciblent souvent que les plus nantis et privent les plus démunis d’outils importants qui pourraient les aider à investir plus dans leurs activités, à dépenser plus en articles ménagers et à avoir les fonds pour traverser les périodes de crise.

<< Pour la première fois, les décideurs politiques ont la possibilité d’examiner leurs efforts en matière d’accès aux structures financières, dans un contexte d’indicateurs mondiaux >>, estime Elizabeth Littlefield, PDG de CGAP. << De nombreuses personnes seront surprises d’apprendre que seulement 30 % des personnes dans les pays en voie de développement possèdent des comptes de dépôt dans des institutions financières réglementées, comparé à 80 % dans les pays développés. Pour 70 % de la population des pays en voie de développement exclue du système financier réglementé, les transactions financières de base comme les paiements ou l’épargne sont tout simplement indisponibles. >>

Financial Access 2009 confirme que dans la plupart des pays en voie de développement, les banques n’offrent aucun service aux populations à faibles revenus et se consacrent plutôt aux clients plus riches. Les institutions financières non bancaires, telles que les coopératives, les institutions financières spécialisées (p. ex. les caisses d’épargne postale et les banques d’épargne étatiques) et les institutions de microfinance sont plus susceptibles de se mettre au service des pauvres et des clients ruraux. Cependant, les informations disponibles concernant les institutions financières non bancaires sont limitées, ce qui complique l’évaluation de la véritable ampleur de leurs opérations.

Points importants

– Les normes d’identification (Connaissez votre client) devraient être proportionnelles à la taille des transactions et des comptes. Dans les pays en voie de développement, les plus démunis ont souvent de la difficulté à fournir une identification acceptable. Beaucoup ne possèdent pas d’identification gouvernementale, de documentation appropriée ou même d’adresse pour se conformer aux règles draconiennes d’identification du client. Certains pays n’ont pas de systèmes fiables d’émission de pièces d’identité. Les coûts associés à la collecte et à la soumission des données d’identification ainsi que des autres données liées aux transactions sont élevés par rapport à la faible valeur des comptes qui seraient ouverts par les plus démunis.

– Les virements gouvernementaux dans les comptes de dépôt peuvent potentiellement enrichir les banques, les gouvernements et les clients. Sur les 139 pays interrogés, 40 ont indiqué encourager ou imposer des virements gouvernementaux par l’intermédiaire du système bancaire, dont 14 pays à revenus élevés et 10 pays d’Amérique Latine. Dans les autres régions, peu de pays encouragent de tels virements.

– La réglementation devrait faciliter l’établissement de succursales pour les banques. Financial Access 2009 indique que 90 des 139 pays (presque 65 %) exigent une autorisation formelle pour ouvrir une nouvelle succursale. Obtenir une autorisation n’est qu’une formalité dans certains pays. Dans d’autres pays toutefois, l’autorisation signifie un long processus d’application, la soumission d’une étude de faisabilité et l’obtention d’autorisations supplémentaires de la part de plusieurs organismes gouvernementaux. Dans certains cas, les multiples autorisations et les retards aboutissent à une attente de plusieurs mois, sans compter les coûts élevés, qui peuvent dissuader les banques d’ouvrir des succursales. Lorsque le coût de la conformité au processus d’autorisation d’ouverture d’une succursale est trop élevé, les banques sont susceptibles de réfléchir plus longtemps avant d’ouvrir des succursales qui ne seront que marginalement rentables comme celles des régions pauvres ou rurales.

– La transparence – veiller à ce que les prix et les conditions soient divulgués en totalité et de façon compréhensible pour les clients – est un élément important de la protection des consommateurs. Des services complets d’information sur le crédit une protection adéquate du consommateur sont des aspects importants en ce qui concerne l’accès au crédit. Dans les pays à revenus élevés et en Amérique Latine, là où le crédit à la consommation est plus développé, plus de 90 % des pays offrent une protection du consommateur et des obligations de divulgation, comparé à seulement 50 % en Asie du Sud et en Afrique. Les obligations de divulgation sur les taux d’intérêt des emprunts existent dans 109 pays. En tout, 47 % des pays ont des obligations de divulgations plutôt que des plafonds usuraires alors que 30 % des pays utilisent les deux. Financial Access 2009 met l’accent sur l’importance de la collecte d’informations par les régulateurs et les gouvernements sur les caractéristiques et le comportement de leurs systèmes financiers. Ces données les aideront à concevoir des politiques qui ciblent correctement les barrières empêchant les pauvres d’accéder aux services financiers et qui anticipent les évolutions futures des comportements et des systèmes financiers.

Financial Access 2009 est disponible en consultant http://www.cgap.org/financialindicators.

A propos de CGAP

Le CGAP est un organisme indépendant de recherche et de développement de politiques qui se consacre à améliorer l’accès des plus démunis aux structures financières. L’organisme est soutenu par plus de 30 agences de développement et fondations privées qui partagent la même mission d’atténuation de la pauvreté. Partageant le même immeuble que la Banque mondiale, le CGAP fournit une veille de marché, fait la promotion des normes, développe des solutions innovantes et offre des services conseil aux gouvernements, aux fournisseurs de microfinancement, aux donateurs et aux investisseurs. Veuillez consulter http://www.cgap.org. pour plus de renseignements.


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