Posted by: africanpressorganization | 4 September 2009

Situation au Gabon (4 septembre 2009) / Entretien de Bernard Kouchner avec “RTL”

 

 


 

 

Situation au Gabon (4 septembre 2009) / Entretien de Bernard Kouchner avec “RTL”

 

 

PARIS, France, 4 septembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Entretien de Bernard Kouchner avec “RTL”

 

Q – Avez-vous de nouvelles informations, notamment sur la situation ce matin à Port-Gentil et à Libreville ?

R – La nuit a été calme et la situation est normale à Port-Gentil. Elle l’est également à Libreville, la capitale où elle l’a toujours été.

Q – Que dites-vous aux ressortissants français qui ont vécu ces incidents hier, notamment à Port-Gentil ? Ils sont dix mille au Gabon…

R – Oui, ils sont dix mille au Gabon. Ils sont huit mille à Port-Gentil. Nous leur disons, comme ils le savent d’ailleurs, de rester chez eux pour le moment et que nous pensons, nous espérons que la situation restera calme. De toute façon, vous le savez, le dispositif de protection et d’évacuation qu’ils connaissant bien est toujours en vigueur. Il y a déjà eu en 1990 des incidents graves. Tout cela finalement est sous contrôle.

Q – Un plan est prévu si la situation dégénère ?

R – Bien sûr, un plan est prévu dans bien des villes, au Gabon en particulier.

Q – Pour l’instant, vous n’envisagez pas d’opérations de rapatriement ?

R – Pas du tout, non, pas du tout d’opérations de rapatriement, mais tout est prêt pour la conduire éventuellement.

Q – Allez-vous augmenter le dispositif militaire français sur place qui est déjà important ?

R – Relativement important, mais de toute façon la répartition des forces a été modifiée afin qu’à Port-Gentil il y ait des militaires qui soient en alerte. Ce sont des militaires qui ont dégagé les trois personnes qui se trouvaient dans les immeubles de Total et Schlumberger qui ont été attaqués.

Q – Ces personnes vont bien ?

R – Elles vont bien, il n’y a pas eu de blessés graves.

J’imagine quand même qu’elles ont été choquées. La situation ne nous plait pas évidemment. Ces incidents sont condamnables, ces incidents sont fâcheux mais voilà c’est ainsi que l’on arrive à la démocratie un jour…

Q – Justement, vous abordez le chapitre politique. Que répondez-vous à ceux qui accusent la France d’avoir soutenu Ali Bongo, voire même d’avoir joué un rôle dans d’éventuelles fraudes électorales ?

R – Nous n’avons joué aucun rôle ! Je réponds à ces personnes qu’il faut des perdants et qu’il y a des vainqueurs. Ces élections ont été très surveillées, d’abord par les Africains, mais aussi par de nombreuses missions d’observations internationales ainsi que par des missions nationales, c’est-à-dire gabonaises. Toutes ces missions se sont déclarées satisfaites par la préparation et le déroulement de l’organisation des élections du 30 août dernier. C’est même la première fois qu’il y a eu très librement autant de candidats, et certains se sentent peut être frustrés. Je le répète mais les résultats ne sont pas définitifs, c’est la Cour constitutionnelle qui va les proclamer. Il y aura ensuite une période de 15 jours pendant laquelle, je crois, les recours seront possibles et seront examinés.

Q – Vous assurez-vous que ces élections, sur la base évidemment de ce qu’ont constaté les observateurs, se sont bien déroulées ?

R – Oui. Et à ce propos, je vous signale qu’il y a un président de la République par intérim, Rose Francine Rogombe, qui a très bien fait son travail. Il y a eu très peu de retard dans la préparation, puis le déroulement des élections. Tout s’est fait au grand jour. La France n’est pas intervenue, n’avait pas de candidat et n’a pas de candidat. La France acceptera le résultat de ces élections qui ont été les plus contrôlées possibles.

Q – Vu les incidents d’hier, vous êtes en relation justement avec la présidence par intérim.

R – Nous sommes en relation avec tout le monde. Nous sommes en relation avec les candidats qui se sont estimés les plus lésés – d’ailleurs, ils vont tous bien malgré les bruits qui ont couru. Bien sûr, nous avons des appels téléphoniques de tout le monde mais nous n’intervenons pas.

Q – Et si la situation dégénère ?

R – Je souhaite et je pense que la situation ne dégénérera pas. Néanmoins, comme je vous l’ai déjà dit, tout est prêt pour protéger nos ressortissants.

 

 Lire aussi le point de Bernard Kouchner (Paris, 3 septembre 2009)

“C’est la première fois depuis une quarantaine d’années que des élections de ce type, avec autant de candidats, sont organisées, mais ce n’est pas une excuse. Nous condamnons très fermement ces atteintes à l’ordre public. Et nous sommes prêts à aider les ressortissants français s’il en était besoin. Pour le moment, ce n’est pas nécessaire. Toutes les mesures sont prises pour que nos ressortissants soient protégés.”

 

SOURCE 

France – Ministry of Foreign Affairs


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