Posted by: africanpressorganization | 6 June 2009

Niger / La FIDH et l’ANDDH dénoncent les manipulations constitutionnelles du Président Tandja

 


 

 

Niger / La FIDH et l’ANDDH dénoncent les manipulations constitutionnelles du Président Tandja

 

 

NIAMEY, Niger, 6 juin 2009/African Press Organization (APO)/ — La FIDH et son organisation membre au Niger, l’Association nigérienne pour la défense des droits de l’Homme (ANDDH), expriment leur vive inquiétude suite à la décision du Président nigérien Mamadou Tandja d’organiser un référendum sur l’adoption d’une nouvelle Constitution qui lui permettrait de prolonger son mandat qui prend fin le 22 décembre 2009, alors même que cette révision a été désapprouvée par la Cour constitutionnelle.

En effet, le 25 mai 2009, saisie d’une requête par un groupe de députés, la Cour constitutionnelle nigérienne a émis un avis défavorable à la perspective de la convocation d’un référendum sur l’adoption d’une nouvelle Constitution qui permettrait au Président de la République de se maintenir au pouvoir au delà de ses deux mandats constitutionnels. Au lendemain de cet avis défavorable, le Président Tandja a signé un décret portant dissolution du Parlement et a procédé à la création, le 3 juin 2009, d’un «Comité technique» chargé de la rédaction de cette nouvelle Constitution, et ce, malgré les multiples condamnations de la communauté internationale, notamment de la CEDEAO (1), des Etats-Unis et du Canada.

La FIDH et l’ANDDH s’inquiètent des conséquences de ces décisions sur le respect des principes démocratiques au Niger, des décisions qui ne laissent en rien présager de la tenue d’élections libres, transparentes et équitables en novembre prochain et qui vont à l’encontre des principaux engagements internationaux pris par le Niger.

Pire, la perspective de la prolongation du mandat présidentiel finissant en décembre prochain, signifie purement et simplement qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle cette année.

«La révision de la Constitution en vue du prochain scrutin a été déclarée anti-constitutionnelle, elle va à l’encontre de la volonté d’une majorité d’acteurs de la vie politique nigérienne, elle est dénoncée par les ONG et par les principaux syndicats, elle a été condamnée par la communauté internationale, elle est contraire aux engagements internationaux du Niger» a déclaré Khalid Ikhiri, Président de l’ANDDH. «Nous ne voyons aucune légitimité à cette manipulation de la Constitution. Elle n’aura d’autres conséquences que la déstabilisation politique et sociale du Niger » a ajouté Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH et l’ANDDH expriment par ailleurs leur vive inquiétude face aux affrontements violents survenus entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à cette révision à Dosso, situé à 130 km de Niamey dans le sud-ouest du Niger. En amont d’autres manifestations prévues par les partis d’opposition, les syndicats et les ONG, nos organisations appellent les autorités nigériennes à garantir l’intégrité physique des manifestants et plus largement le respect des libertés fondamentales.

Nos organisations appellent également le Président du Niger à se conformer aux engagements régionaux et internationaux pris par son pays, notamment aux dispositions du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance qui interdit toute réforme de la loi électorale dans les six mois précédant une élection, sans avoir au préalable obtenu le consentement d’une large majorité des acteurs politiques ; ainsi qu’à celles de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui condamne toute révision de la Constitution portant atteinte aux principes de l’alternance démocratique.

Enfin, face aux périls sociaux et politiques qui menacent le Niger, nos organisations lancent un appel pressant à la classe politique nigérienne afin de renouer avec le dialogue au sein du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) pour trouver un consensus national en faveur de la préservation du cadre démocratie chèrement conquis par le peuple nigérien.

SOURCE 

International Federation of Human Rights (FIDH)


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