Posted by: africanpressorganization | 23 April 2009

Le nouveau partenariat international de lutte contre le paludisme ne garantit pas l’accès des malades aux meilleurs traitements

 


 

 

Le nouveau partenariat international de lutte contre le paludisme ne garantit pas l’accès des malades aux meilleurs traitements

 

 

PARIS, France, 23 avril 2009/African Press Organization (APO)/ — Un partenariat international a été lancé ce vendredi par le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme afin de permettre l’accès aux médicaments contre le paludisme à des millions de personnes. L’organisation humanitaire médicale Médecins Sans Frontières (MSF) s’inquiète néanmoins du fait que cette initiative ne prenne pas suffisamment en compte les besoins des patients, ce qui à terme peut menacer l’avenir des traitements antipaludéens les plus efficaces.

 

L’Initiative « Médicaments Accessibles Contre le Paludisme » (Affordable Medicines Facility for Malaria – AMFm) a pour but de subventionner

massivement les médicaments combinés à base d’artémisinine (ACT),

actuellement les plus efficaces. Cette Initiative devrait permettre de

réduire suffisamment le prix des ACT pour éliminer du marché les

traitements anciens et inefficaces, encore achetés aujourd’hui en raison de leurs bas prix.

 

“L’AMFm a le potentiel de sauver des vies et elle peut limiter le

développement de résistances aux ACT.», explique le Dr. Tido von

Schoen-Angerer, Directeur de la Campagne d’Accès aux Médicaments Essentiels

de MSF. “Mais les critères d’achat des traitements antipaludéens

subventionnés par l’Initiative sont tels qu’ils n’assurent en rien que cela soit effectivement le cas.”

En effet, le Fonds Mondial a récemment indiqué qu’il n’achèterait pas

exclusivement des médicaments combinés en un seul et même comprimé.

Pourtant, lorsque le choix est possible, ces combinaisons à dose fixe (FDC)

permettent d’une part un meilleur suivi du traitement qu’avec les

médicaments se présentant sous forme de comprimés séparés (appelés

co-blisters). D’autre part, ils réduisent le risque de développement de résistances au traitement.

 

Les principaux antipaludéens sont disponibles à dose fixe auprès de différents producteurs et répondent aux normes de qualité de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Dans l’année à venir, plusieurs autres producteurs devraient d’ailleurs fournir de nouveaux FDC.

 

Eric Comte, référent médical pour MSF craint qu’en autorisant l’achat de co-blisters, le Fonds mondial ne prenne un risque pour les patients. « S’ils ne prennent qu’un seul des comprimés proposés, la probabilité de

développement de résistances à ces médicaments augmentent. »,

explique-t-il.

 

MSF demande donc au Fonds mondial et aux organisations internationales qui soutiennent l’AMFm de réviser les critères de choix des médicaments

antipaludéens financés afin d’éviter le risque de développement de

résistances, comme cela avait été le cas par le passé avec la chloroquine.

 

Les Médecins Sans Frontières apportent leurs secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d’origine naturelle ou humaine, de situation de belligérance, sans aucune discrimination de race, de religion, philosophie ou politique.

 

Un dossier paludisme sera mis en ligne dès demain, avec des images vidéo, ainsi qu’un rapport sur les activités de MSF concernant la lutte contre le paludisme comme complément d’information.

 

Eric Comte, référent MSF paludisme, cité dans le communiqué de presse sera à votre disposition pour interviews dès maintenant.

 

SOURCE 

Médecins Sans Frontières (MSF)


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