Posted by: africanpressorganization | 15 April 2009

Somalie / Piraterie maritime

 


 

Somalie / Piraterie maritime

 

PARIS, France, 15 avril 2009/African Press Organization (APO)/ — Actualités diplomatiques du ministère français des Affaires étrangères / Point de presse du 14 avril 2009

(…)

(Les Etats-Unis ont décidé d’augmenter leurs ressources et leurs forces navales dans la région. Est-ce que la France entend également augmenter ses forces étant donné les derniers incidents ?)

 

 

Vous savez que nous travaillons avec un certain nombre de partenaires pour la sécurisation du golfe d’Aden et la lutte contre la piraterie. Les décisions sont prises collectivement avec nos partenaires. Il y a une concertation internationale et européenne sur ce sujet. C’est dans ce cadre-là que les décisions se prennent.

 

(Les militaires eux-mêmes disent que la force n’est pas la solution. Il faut un accompagnement politique. Que peut-il être fait de votre point de vue, puisque la Somalie n’a plus d’Etat depuis 1992 ?)

 

 

C’est exactement la position de la France et que Bernard Kouchner a eu l’occasion de rappeler à plusieurs reprises. Notre souhait est de permettre la construction d’un Etat stable en Somalie et qui assure les fonctions régaliennes dans son espace de souveraineté. A cet égard la communauté internationale est présente à travers l’AMISOM. D’autres initiatives sont en cours de discussion pour renforcer les capacités régaliennes de l’Etat somalien.

 

(Dans les concertations avec vos partenaires sur la sécurité en Somalie, une question majeure demeure. Il y a eu 64 tentatives de détournement de bateaux cette année. Il y a eu quelques ”réussites” du côté des pirates. Le port d’Eyl est bourré de bateaux et d’otages. Que pensez-vous faire de cette situation ?)

 

 

Vous savez d’abord que nous ne sommes pas passifs puisque nous avons été extrêmement réactifs. Dès que les bateaux du Programme alimentaire mondial ont été attaqués par des pirates, la France a été à l’initiative, avec d’autres partenaires, de la sécurisation des bateaux du PAM avec l’opération Alcyon. C’est de là qu’est partie la mobilisation de la communauté internationale pour la sécurisation du golfe d’Aden et la lutte contre la piraterie. Nous avons pris conscience très tôt de ce fléau et des dommages causés par les pirates sur ces côtes, à la fois pour le PAM et pour la navigation maritime internationale. Depuis, la communauté internationale s’est mobilisée. Un certain nombre d’initiatives ont été prises. Mais le risque zéro n’existe pas. C’est une zone maritime extrêmement étendue, qu’il est difficile de sécuriser avec une garantie absolue.

 

Cette mobilisation n’a cessé de s’amplifier. Elle continue encore à s’amplifier et nous espérons pouvoir réduire le risque de piraterie le plus possible.

 

 

(Et les otages ?)

 

 

Et bien sûr de libérer les otages qui sont détenus. Vous évoquez des actes réussis de piraterie mais nous en avons déjoué un certain nombre, pas simplement la France mais l’ensemble des partenaires qui sont mobilisés et qui ont dépêché des moyens dans le golfe d’Aden. Nous avons mis en échec certains actes de piraterie et nous en avons réprimé un certain nombre. On ne peut pas dire que la communauté internationale a systématiquement perdu face aux pirates ou qu’elle n’est pas parvenue à avoir des résultats. Nous sommes parvenus à avoir des résultats, à dissuader et à réprimer des actes de piraterie. Nous allons continuer dans ce sens là. La mobilisation de la communauté internationale ne faiblira pas, au contraire.

 

(On parle toujours du rôle de la communauté internationale mais on ne parle jamais du rôle des pays de la région comme le Yémen ou l’Egypte dans cette crise, pourquoi ?)

 

 

Parce que c’est une mobilisation qui dépasse de loin les seuls Etats riverains, frontaliers ou proches. C’est une mobilisation de l’ensemble de la communauté internationale parce que les actes de piraterie ne se font pas simplement au détriment des Etats qui sont les plus proches de cette zone maritime. Elle se fait aussi à l’encontre des bateaux du Programme alimentaire mondial ou de bateaux qui naviguent dans cette zone très fréquentée par la marine marchande. Ce sont tous les Etats qui sont concernés par les actes de piraterie d’où la justification de la mobilisation de la communauté internationale et le fait qu’on ne laisse pas aux seuls Etats riverains le soin de régler ce problème. Ce sont les intérêts de la communauté internationale qui sont menacés par ces actes de piraterie, pas simplement ceux des Etats riverains.

 

SOURCE : France – Ministry of Foreign Affairs


Categories

%d bloggers like this: