Posted by: africanpressorganization | 9 April 2009

La vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique invite les pays africains à transformer leurs économies pour atténuer les effets de la crise économique mondiale

 


 

La vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique invite les pays africains à transformer leurs économies pour atténuer les effets de la crise économique mondiale

 

LUSAKA, Zambia, 9 avril 2009/African Press Organization (APO)/ — La vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique Obiageli Ezekwesili a invité les pays africains à tirer profit du ralentissement de l’activité économique mondiale pour transformer rapidement leurs économies, notamment par la diversification, la poursuite des réformes et le renforcement de la bonne gouvernance.

 

Prenant la parole au forum consultatif national zambien dit « Indaba » qui s’est ouvert samedi à Lusaka pour évaluer l’impact de la crise économique mondiale sur la Zambie, Mme Ezekwesili a déclaré que cette transformation des économies n’est possible qu’avec la manifestation d’une volonté politique aux plus hauts niveaux des Etats. La transformation dépend également d’un engagement des leaders et des citoyens à choisir de bonnes politiques afin d’atteindre des résultats tangibles de développement.

 

« Trop souvent j’entends des leaders me dire que leurs pays se développeraient plus rapidement s’ils disposaient de plus de ressources. À mon avis, les ressources sans une bonne politique de développement ne peuvent garantir à elles seules la réussite. Si les politiques sont idoines, les ressources ne manqueront pas de suivre », a affirmé Mme Ezekwesili.

 

Les pays africains, a-t-elle dit, doivent poursuivre les réformes pour créer un environnement propice pour les investisseurs, tant nationaux qu’étrangers. « Une fois la crise actuelle terminée, les investisseurs étrangers reviendront, mais ils seront prudents et investiront d’abord dans les pays qui auront gardé le cap sur les réformes lancées auparavant », a-t-elle ajouté. Mme Ezekwesili a expliqué que les investisseurs seraient également intéressés par les pays qui auront démontré une volonté réelle de renforcer la bonne gouvernance et d’instaurer l’Etat de droit.

 

Agriculture et infrastructure, clefs de la diversification économique

 

Bien que la crise mondiale ne trouve pas ses origines en Afrique, le continent n’en est pas moins affecté, a noté Mme Ezekwesili. Pour elle, les effets néfastes de la crise se font ressentir de diverses manières en Afrique, dont notamment par la réduction des investissements et la chute rapide des cours des matières premières. La situation est encore plus difficile pour les pays qui dépendent d’un seul produit. Eu égard à cette situation, elle a invité les pays africains à tout mettre en oeuvre pour amortir des chocs économiques futurs en diversifiant leurs économies. Prenant exemple de la Zambie dont la dépendance à l’égard du cuivre a entrainé le pays dans des cycles de boom suivi de chutes, Mme Ezekwesili a soutenu que seule la diversification des sources de croissance constitue une garantie réelle du développement durable.

 

« Imaginez la Zambie sans cuivre ! », a-t-elle lancé.

 

Elle a cité l’agriculture comme source importante de croissance que la Zambie, ainsi que d’autres pays, devrait utiliser pour réussir la diversification de leurs économies. Quand il s’agit d’assurer une augmentation des revenus des pauvres, une croissance basée sur l’agriculture est quatre fois plus efficace que la croissance provenant de tout autre secteur, selon l’édition 2008 du Rapport sur le Développement dans le Monde, une publication de la Banque mondiale. Dans le cas de la Zambie, quoique le cuivre ait été l’épine dorsale de l’économie, les conditions de vie des populations pauvres ne s’en sont guère améliorées.

 

Pendant les cinq dernières années, le taux de croissance de l’agriculture zambienne est resté inferieur à un pourcent par an, en dépit de l’augmentation des dépenses consacrées à un programme visant à faciliter l’accès aux engrais. Cependant, a souligné la vice-présidente de Banque mondiale, il faudrait bien plus que des engrais pour développer le secteur de l’agriculture.

 

« Le développement de l’agriculture ne dépend pas uniquement de l’agriculture elle-même. Il faudrait aussi des routes, particulièrement des pistes rurales, qui permettront aux fermiers d’accéder aux marchés de Lusaka. Il faudrait aussi penser à la téléphonie mobile qui permet aux fermiers d’accéder à l’information du marché pouvant leur permettre d’obtenir un meilleur rendement de leurs produits », a-t-elle souligné.

 

« Tout aussi important est l’accès à l’énergie, qui s’avère indispensable si la Zambie espère lancer le secteur agroindustriel ; de même, les politiques du secteur pétrolier entrent en jeu, surtout celles qui conduiront à une réduction des prix très élevés du carburant qui entrainent la hausse des frais de transport », a-t-elle ajouté.

 

Pour réussir sa diversification économique, a expliqué Mme Ezekwesili, la Zambie doit également investir dans son capital humain.

 

Leçons de l’Ile Maurice

 

L’appel lancé par Mme Ezekwesili en faveur de la diversification et la mise en œuvre des politiques appropriées a été soutenu par un représentant de l’Île Maurice à l’Indaba, qui a expliqué le succès économique de son pays par un changement de politique au moment idoine et la transparence dans la mise en œuvre des réformes. M. Dev Chamroo, directeur de la planification au Conseil d’investissement de l’Île Maurice, a déclaré que le changement des politiques visant la diversification de l’économie en 1998, lorsque le secteur de la canne à sucre représentait 98% du PIB du pays, avait permis de réduire cette dépendance à 3% en 2008. L’Île Maurice a diversifié son économie en se tournant vers d’autres sources de croissance telles que le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication, le tourisme et les textiles. Le gouvernement a également modifié ses politiques et ses lois pour faciliter la conduite des affaires dans le pays. Le rapport « Doing Business 2009 » de la Banque mondiale constate le succès de ces réformes en classant l’Île Maurice au premier rang des pays réformateurs en Afrique.

 

La détermination de la Zambie

 

La conférence zambienne—surnommé « le G500 » à cause du nombre très élevé des délégations qui y ont participé— est une première du genre en Afrique. En effet c’est la première fois que de telles assises ont été convoquées afin de discuter de l’impact au niveau national du ralentissement de l’activité économique mondiale. Le Président zambien Rupiah Banda, ainsi que deux anciens chefs d’Etat du pays, les Présidents Kenneth Kaunda et Frederick Chiluba, ont également assisté à l’Indaba, aux côtés des citoyens zambiens ordinaires et des délégations étrangères.

 

Le Président Banda a décrit les effets néfastes de la crise sur la croissance de son pays en soulignant que c’est le secteur des industries extractives qui a été le plus touché. Il a subi la perte de nombreux emplois, entrainant une chute des revenus des ménages et un déclin rapide de la qualité de la vie. Le président a soutenu que la capacité du gouvernement à mobiliser des revenus a été affectée et que la perte des devises étrangères a des répercussions sur la fourniture des engrais destinés aux agriculteurs. Il a réaffirmé la détermination de la Zambie à employer toute sa sagesse et à puiser dans les expériences d’autres pays pour réussir la diversification, transformer son économie et sécuriser son avenir.

 

SOURCE : The World Bank


 


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