Posted by: africanpressorganization | 26 March 2009

Un ancien ministre américain réclame davantage d’aide alimentaire à l’Afrique / M. Dan Glickman recommande la création d’un poste de directeur général de l’aide des États-Unis au développement

 


 

Un ancien ministre américain réclame davantage d’aide alimentaire à l’Afrique / M. Dan Glickman recommande la création d’un poste de directeur général de l’aide des États-Unis au développement

 

WASHINGTON, 26 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — L’ancien ministre de l’agriculture des États-Unis Dan Glickman a appelé à la création d’un poste de directeur de l’aide à l’étranger et demandé au gouvernement Obama d’accroître les ressources consacrées à la lutte contre la faim dans le monde, notamment en Afrique.

 

S’exprimant devant la commission sénatoriale des affaires étrangères, le 24 mars, M. Glickman, qui fut ministre de 1995 à 2001 sous la présidence de Bill Clinton, a dit que les fonds fédéraux destinés à la lutte contre la malnutrition en Afrique ne représentaient « qu’une goutte dans l’océan » en comparaison des sommes énormes allouées pour contrer la crise économique actuelle. M. Glickman a demandé au gouvernement des États-Unis – qui est le principal donateur d’aide alimentaire dans le monde – de réserver au moins 340 millions de dollars en 2010 et chaque année suivante à l’amélioration de l’infrastructure, de la recherche agricole et de l’éducation dans les pays pauvres.

 

M. John Kerry, sénateur démocrate du Massachusetts et président de ladite commission, a déclaré qu’une personne sur sept dans le monde ne mangeait pas à sa faim, ce qui constituait « l’un des plus importants défis moraux auxquels le monde est confronté à notre époque ». Le sénateur Richard Lugar de l’Indiana, qui est le principal républicain siégeant à cette commission, s’est fait l’écho de l’appui exprimé par M. Kerry en faveur d’une augmentation du budget de l’aide à l’étranger, en vue notamment d’améliorer le développement du secteur agricole international.

 

Bien que le gouvernement n’ait encore annoncé aucun plan en matière de développement agricole, M. Lugar a présenté le contenu d’une lettre que lui avait envoyée la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton. « Lutter contre la faim est une priorité capitale de ce gouvernement comme elle l’est pour moi personnellement », a écrit Mme Clinton dans sa lettre. « Lors de mon audition de confirmation, j’ai proposé que l’on s’éloigne de la manière ad hoc de répondre aux crises alimentaires au fur et à mesure qu’elles éclatent, et que l’on fasse de la sécurité alimentaire une priorité de nos programmes de développement. »

 

Dans sa lettre, Mme Clinton a exprimé l’intention de chercher à faire allouer des fonds supplémentaires dans le budget de 2010 pour parvenir à ces objectifs. Pour sa part, le président Obama a fait savoir qu’il avait l’intention d’ouvrer en faveur du but établi par les Nations unies qui est de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

 

Le sénateur Lugar et son collègue le sénateur Bob Casey de Pennsylvanie sont coparrains d’un projet de loi sur la sécurité alimentaire dans le monde qui vise à actualiser la loi de 1961 sur l’aide à l’étranger et qui prévoit environ 10 milliards de dollars sur 5 ans pour la promotion de la sécurité alimentaire et l’amélioration de la réaction aux différentes crises dans ce domaine.

 

Lors de l’audition du 24 mars, M. Glickman et ses collaborateurs de l’Initiative de Chicago sur le développement agricole international ont exprimé leur soutien au projet de loi parrainé par MM. Lugar et Casey tout en présentant une description peu flatteuse de l’engagement à ce jour du gouvernement des États-Unis au regard du développement agricole en Afrique.

 

L’aide publique au développement des États-Unis en faveur des pays africains a diminué de 85 % en valeur réelle (compte tenu de l’inflation) depuis 1988, selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

 

Robert Paarlberg, qui est professeur au Wellesley College et à l’université Harvard, a résumé le bilan de l’aide des États-Unis de la façon suivante : au regard de l’aide alimentaire, notamment en réaction à la flambée des prix des produits vivriers dans le monde en 2008, le gouvernement mérite une assez bonne note. En revanche, son action a été insuffisante en ce qui concerne « le défi plus important et à long terme qu’il faut relever, à savoir la malnutrition qui touche près d’un milliard de personnes dans le monde en développement ».

 

David Beckmann, pasteur de l’Église épiscopale et président de Bread for the World (Pain pour le monde), a remis en question toute la méthode utilisée par le gouvernement pour gérer son assistance au développement à l’étranger. Se faisant l’écho des sentiments exprimés par le groupe de Chicago de M. Glickman dans l’une de ses études, M. Beckmann a déclaré espérer « que le Congrès regrouperait plusieurs organismes caritatifs en une administration responsable qui cible clairement le développement et la réduction de la pauvreté, et qui puisse satisfaire les besoins locaux ».

 

« Pour coordonner cela, il nous faut quelqu’un à la Maison-Blanche qui prenne la direction des choses, » a affirmé M. Glickmann, faisant allusion à la proposition d’avoir un responsable chargé spécifiquement des questions de développement. Son groupe a indiqué aux sénateurs qu’il faudrait doter un tel responsable de toute l’autorité nécessaire pour gérer les opérations de cette supra-administration. Celle-ci ciblerait le développement et coordonnerait les initiatives de l’Agence des États-Unis pour le développement international, la Société du compte du millénaire, le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) et d’autres entités gouvernementales ouvrant pour le développement.

 

Passant à la recherche agricole et aux programmes d’échanges éducatifs, l’ancienne directrice du Programme alimentaire mondial Catherine Bertini a dit que les États-Unis « ont beaucoup réduit » leur engagement dans ce domaine au cours des dernières années. À une certaine époque, par exemple, les États-Unis offraient des centaines de bourses aux étrangers qui souhaitaient faire des études d’agronomie et de sciences dans les universités américaines, mais il n’y en a plus que 42 aujourd’hui. À l’apogée de ce programme d’aide à l’agriculture, des experts d’universités américaines, du gouvernement et du secteur privé, avaient fourni une formation portant sur les méthodes modernes d’agriculture à 15.000 étudiants étrangers en un an. Il y en a seulement 1.000 aujourd’hui.

 

Par ailleurs, M. Kerry a interrogé les spécialistes au sujet de l’usage possible d’engrais azotés et de semences biotechnologiques à cette époque qui semble plutôt favorable aux produits dits organiques.

 

« Il est pratiquement impossible d’avoir les rendements dont nous parlons sans impliquer sérieusement les semences génétiquement modifiées et les engrais », a dit M. Lugar, qui est lui-même agriculteur et qui a demandé aux dirigeants de l’Union européenne de jouer un rôle capital à ce niveau en mettant fin à leur interdiction sur lesdites semences. Preuve des changements dans le monde au regard de la biotechnologie, le rapport annuel 2008 du Service international sur l’acquisition des applications d’agro-biotechnologie montre que 13,3 millions d’agriculteurs dans 25 pays ont planté 125 millions d’hectares de semences génétiquement modifiées. En Afrique, seuls l’Égypte, le Burkina Faso et l’Afrique du Sud en font usage.

 

SOURCE : US Department of State


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