Posted by: africanpressorganization | 31 January 2009

Un partenariat américano-africain pour un maïs résistant à la sécheresse / Ce projet, dirigé par des Africains, vise à augmenter le rendement des récoltes grâce à la biotechnologie

 


 

 

 

Un partenariat américano-africain pour un maïs résistant à la sécheresse / Ce projet, dirigé par des Africains, vise à augmenter le rendement des récoltes grâce à la biotechnologie

 

WASHINGTON, 31 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — La biotechnologie est l’élément clé d’un partenariat entre les secteurs privé et public dans le cadre d’un projet qui pourrait sauver des millions de personnes en mettant au point une variété de maïs qui tolérerait la sécheresse et pourrait être utilisée dans les petites exploitations d’Afrique subsaharienne.

 

Le maïs est la nourriture principale de plus de 300 millions d’Africains. Ce partenariat, baptisé Water Efficient Maize for Africa (WEMA), a été établi après que les sécheresses, qui sévissent fréquemment sur le continent, eurent réduit les récoltes, entraînant la disette et la pauvreté.

 

« Ce projet, mené, en grande partie, par des Africains en Afrique, conduira à la mise au point de semences hybrides de maïs, qui accroîtront de 25 % les récoltes dans des conditions climatiques de sécheresse modérée, et ce, en comparaison avec la meilleure variété de maïs actuellement disponible sur le continent », a dit à America.gov Mme Vanessa Cook, qui est la responsable principale affectée au projet WEMA par la compagnie américaine Monsanto.

 

« Environ 800.000 tonnes de maïs supplémentaires seraient produites si un million d’hectares donnent ce rendement amélioré au cours d’une année de sécheresse modérée », a dit Mme Cook. « Il y aurait de quoi nourrir 4,8 millions de personnes de plus, soit l’équivalent d’une aide alimentaire d’une valeur de 320 millions de dollars, et cela augmenterait en même temps les revenus des agriculteurs. »

 

Soutenu par l’Afrique du Sud, le Kénya, le Mozambique, l’Ouganda, et la Tanzanie, le partenariat WEMA est dirigé par la Fondation africaine de technologie agricole (AATF), une organisation caritative dirigée par des Africains et dont l’objectif est de faciliter les partenariats entre les secteurs public et privé, dans le cadre de technologies sous brevet susceptibles d’accroître la productivité des agriculteurs de subsistance en Afrique subsaharienne.

 

Les organismes suivants sont les autres membres du partenariat WEMA :

 

. le Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé, qui fournit des variétés de maïs adaptées aux conditions climatiques de l’Afrique et des compétences dans le domaine de l’hybridation et de la culture expérimentale d’hybrides tolérant la sécheresse ;

 

. la compagnie américaine Monsanto, qui contribue ses variétés de maïs brevetées, étudie le maïs génétiquement modifié, et partage son savoir-faire et ses compétences substantielles de reproduction moléculaire, disponibles dans ses laboratoires de recherches, et d’analyse de données ;

 

. les institutions nationales de recherche agricole, les associations d’agriculteurs et les entreprises productrices de semences en Afrique du Sud, au Kénya, au Mozambique, en Ouganda et en Tanzanie, qui contribuent leur savoir-faire au niveau de l’expérimentation sur le terrain et leurs connaissances des conditions et des exigences de la production locale ;

 

. la Fondation Howard Buffet, qui s’est engagée à fournir 5 millions de dollars à ce projet ;

 

. la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a alloué 42 millions de dollars à WEMA.

 

Le directeur du programme de développement agricole de la Fondation Gates, Rajiv Shah, a dit à America.gov : « Notre objectif à long terme, avec ce projet, est de donner aux agriculteurs la possibilité de faire des cultures qui peuvent leur épargner les conséquences des fréquentes sécheresses, pour qu’ils soient en mesure de nourrir leurs familles, d’accroître leurs revenus et de bâtir une vie et une santé meilleures ».

 

Les semences améliorées devraient être disponibles, d’ici 2018, ou même avant cette date, à tous les petits agriculteurs africains, sans qu’ils aient à payer des droits sur la propriété intellectuelle.

 

La biotechnologie et les modifications génétiques

 

Les nouvelles espèces de maïs seront mises au point à l’aide, à la fois, de méthodes conventionnelles d’hybridation, et celles de biotechnologie, dites également modification génétique.

 

Les méthodes conventionnelles impliquent l’hybridation et la pollinisation répétées des plantes, puis la sélection des meilleures variétés. Cette méthode peut prendre de 8 à 10 ans avant d’aboutir aux résultats espérés. Pour le projet WEMA, la firme Monsanto accélérera ce processus de sélection en utilisant une méthode d’hybridation avec numérotage ; celle-ci permet de repérer et de suivre l’évolution du matériel génétique résistant à la sécheresse, à toutes les étapes d’hybridation, pour mettre au point les espèces les plus appropriées.

 

Les plantes génétiquement modifiées sont produites quand un nouveau brin d’ADN, provenant d’une autre espèce de plante ou de bactérie, est introduit pour renforcer une caractéristique particulière souhaitée dans l’hybride cible, a expliqué Mme Cook. Pour mener à bien ce processus, « un pistolet à gènes », opérant à l’air pressurisé, tire des brins d’ADN, recouverts de particules microscopiques d’or, dans les cellules d’une plante, l’objectif étant d’insérer la nouvelle caractéristique génétique souhaitable. Les plantes sont alors cultivées pour observer si le changement préconisé s’est produit.

 

« Dix millions d’agriculteurs utilisent, depuis 12 ans, des organismes génétiquement modifiés, dans 23 pays », a dit à America.gov le professeur Bruce Chassy, de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign. « Et ces agriculteurs constatent de meilleurs rendements et un sol plus sain, en plus d’un usage réduit de pesticides et d’énergie, et une diminution des émissions de gaz à effet de serre. »

 

« Et les plantes génétiquement modifiées peuvent être améliorées pour les rendre plus nutritives et plus résistantes aux infections fongiques qui produisent des toxines dangereuses pour l’homme, ce qui est un avantage particulièrement bénéfique aux pays en développement », a dit à America.gov, Peggy Lemaux, qui est membre du corps enseignant de l’université de Californie à Berkeley.

 

« La modification génétique est un outil important pour l’amélioration des rendements agricoles en Afrique subsaharienne, en plus des méthodes conventionnelles d’hybridation, la préservation des terres arables, l’amélioration des ressources nutritives dans le sol, et un meilleur accès à des engrais et semences de bonne qualité », a dit Mme Cook.

 

La controverse sur les organismes génétiquement modifiés (0GM)

 

« Certains s’étaient dits préoccupés par les organismes génétiquement modifiés, suggérant que ceux-ci pourraient apporter des changements nocifs et irréversibles à la diversité biologique, des problèmes de santé humaine, et des risques futurs encore inconnus, et que les OGM ne font pas l’objet d’une réglementation appropriée », a dit M. Chassy. « Mais les méthodes de modification génétique existent depuis 45 ans et on ne leur connaît aucune conséquence négative », a-t-il souligné ; « au contraire, les cultures améliorées ont été, en général, très productives et bénéfiques. »

 

Pour préserver la diversité biologique existante, Mme Lemaux a dit que des banques de semences, dans le monde entier, rassemblent et gardent en permanence des graines de la plupart des plantes. En ce qui concerne la santé humaine, « les récoltes d’organismes génétiquement modifiés et les produits qui en découlent, disponibles aujourd’hui, sont, pour le moins, aussi sains, sur le plan de la sûreté alimentaire, que les produits vivriers cultivés par des méthodes traditionnelles », a ajouté Mme Lemaux.

 

« Aux États-Unis, 10 à 15 d’années de recherches et d’essais sur la sûreté des OGM font que la nature de ceux-ci est la mieux connue des experts qui ont effectué plus de recherches sur ces organismes génétiquement modifiés que sur toute autre groupe de produits agricoles », a dit M. Chassy.

 

« En Afrique du Sud, au Kénya, au Mozambique, en Ouganda et en Tanzanie, des équipes nationales d’experts se trouvent sur place pour s’assurer que des réglementations soient établies pour effectuer des essais sur les OGM et que le projet WEMA respecte les procédures nécessaires », a dit Mme Cook, de la compagnie Monsanto.

 

« Des chercheurs éminents du monde entier ont témoigné de la sûreté de la biotechnologie agricole eu égard à la santé humaine et à l’environnement », a dit à America.gov, le professeur C.S. Prakash de l’université Tuskegee. « Et ces savants ont tous recommandé que ces OGM soient mis à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les gens qui souffrent de la faim dans le monde en développement », a-t-il souligné.

 

 

SOURCE : US Department of State


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