Posted by: africanpressorganization | 30 January 2009

Sécurité alimentaire / L’impératif d’une réponse locale et globale

 


 

 

Sécurité alimentaire / L’impératif d’une réponse locale et globale

 

MADRID, Spain, 30 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Sécurité alimentaire / L’impératif d’une réponse locale et globale

La réunion de haut niveau “sécurité alimentaire pour tous” organisée à Madrid les 26 et 27 janvier par la Présidence du Gouvernement espagnol et le Secrétaire Général des Nations-Unies a été un rendez-vous important pour la mobilisation internationale contre la faim.

La délégation française était conduite par Michel Barnier.

Plus que jamais, assurer la sécurité alimentaire de tous impose d’agir sur trois dimensions : la prise en charge sociale des plus pauvres, la création de pouvoir d’achat et la relance de l’offre agricole. La réponse doit être à la fois locale, dans les pays en développement, et globale.

Cette réunion a permis des avancées dans trois directions.

 La nécessité d’un engagement politique de tous pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim qui se poursuit depuis juin 2008 avec des facteurs sensiblement différents est réaffirmée.

La crise financière et économique mondiale ne doit pas reléguer la crise alimentaire au second plan. Les deux crises sont intimement liées. L’ajustement des cours mondiaux des matières premières alimentaires à des niveaux moins exceptionnels est un soulagement mais dans le même temps le pouvoir d’achat des plus vulnérables est d’ores et déjà affecté par la baisse de la croissance mondiale. Dans certains pays en développement, la baisse des exportations et la réduction des transferts des travailleurs migrants accentuent la vulnérabilité d’un plus grand nombre de personnes. En outre, la relance de la production agricole à long terme pourrait être freinée par une volatilité plus grande des prix. Plus que jamais, assurer la sécurité alimentaire de tous impose d’agir sur trois dimensions : la prise en charge sociale des plus pauvres, la création de pouvoir d’achat et la relance de l’offre agricole. La réponse doit être à la fois locale, dans les pays en développement, et globale.

 Les engagements, les modalités et l’ampleur de la solidarité nationale ont été revus.

Il n’était pas demandé aux participants de prendre de nouveaux engagements financiers. Seule l’Espagne, par la voix du président du Gouvernement a annoncé qu’elle augmenterait très substantiellement son aide pour la sécurité alimentaire de 200 M€ par an sur 5 ans. La Commission a donné des précisions sur la mise en œuvre de la facilité additionnelle de 1 milliard € et la Banque mondiale a présenté un état de la mobilisation de son programme de réponse à la crise alimentaire globale (1,2 milliard USD). Les pays du Sud, souvent représentés par les ministres de l’agriculture, ont plaidé pour des décisions d’octroi plus rapides permettant d’augmenter les prochaines récoltes, en faisant état de leur propres décisions dont les effets sont significatifs. Le professeur Jeffrey Sachs, à la demande de l’Espagne et au nom d’un groupe de travail ad hoc, a suggéré la mobilisation, dans le cadre d’un mécanisme de coordination financière, de subventions intelligentes pour les engrais et les intrants agricoles à hauteur de 6 milliards USD en 2012 pour les pays à bas revenus et déficit alimentaire. Les participants ont très généralement soutenus le recours aux institutions financières existantes, la coordination des agences d’aide et leur alignement sur des stratégies nationales.

 Un processus ouvert de discussion des objectifs d’un partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire a été engagé. A la suite de l’initiative du SG des NU de mettre en place un groupe de haut niveau regroupant les agences des NU, les institutions de Bretton Wood, l’OCDE et l’OMC, la France a proposé la mise en place d’un partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire associant l’ensemble des acteurs. Lors de la réunion de Madrid, tant l’Espagne, que l’Italie au titre de la présidence du G8 et le Secrétaire général des Nations Unies ont exprimé très clairement leur volonté de lancer un processus de concertation pour la mise en place de cette proposition. Cela a permis d’ouvrir les travaux qui devront se poursuivre par une phase de consultation élargie dans l’ensemble des régions, avec l’ensemble des organisations concernées et l’ensemble des groupes d’acteurs. Elle sera engagée selon des modalités qui seront précisées rapidement par le SGNU. La France comme d’autres pays apportera son concours au Groupe de haut niveau pour faciliter ce travail de façon à permettre l’expression de l’ensemble des sensibilités.

Contexte

La conférence de Madrid avait pour objectif de faire le point sur l’évolution de la sécurité alimentaire mondiale et le suivi des engagements financiers et stratégiques pris lors de la conférence organisée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (OAA) le 3 juin 2008 à Rome.

A cette occasion, le président de la République avait demandé la mise en place d’un partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Il avait appelé à plus de cohérence entre les institutions internationales et pour une relance des investissements publics et privés pour la sécurité alimentaire. Le G8 à Tokyo, puis l’Union africaine, ont repris et développé cette proposition.

Lors de la présidence française du Conseil de l’union européenne a été adoptée la mise en place de la « facilité alimentaire » dotée d’un milliard d’euros pour sauver en urgence les récoltes 2009 et 2010 et pour limiter les effets de la crise alimentaire sur les populations.

La France par la voix de Bernard Kouchner a été l’un des premiers pays à appeler à une mobilisation pour faire face à cette crise, marquée par les « émeutes de la faim ». Avec le ministre et de l’agriculture, il a constitué grâce à une convention de partenariat signée en février 2008, un groupe de travail de haut niveau sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

La France a confirmé son engagement pour la sécurité alimentaire, avec une aide alimentaire passée de 30 millions d’euros en 2007 à 37 millions d’euros prévus pour 2009 et une aide au développement agricole en Afrique d’un milliard d’euros sur 5 ans (2008-2012).

Plus que jamais, assurer la sécurité alimentaire de tous impose d’agir sur trois dimensions : la prise en charge sociale des plus pauvres, la création de pouvoir d’achat et la relance de l’offre agricole. La réponse doit être à la fois locale, dans les pays en développement, et globale.

21 pays ont bénéficié en 2008 de l’aide alimentaire française, dont : la RDC (7,5 millions d’euros), Haïti, (5,8 millions d’euros), la Somalie (5,5 millions d’euros), les Territoires palestiniens (5,5 millions d’euros) et l’Afghanistan (5 millions d’euros). De plus, la contribution de la France au Fonds International pour le Développement Agricole est passée de 24 à 35 millions d’euros lors de la dernière reconstitution. La France apporte également sa contribution à la réforme de l’OAA à hauteur de 900 000 euros ainsi qu’à l’équipe spéciale de haut niveau des Nations unies sur la sécurité alimentaire par une contribution de 250 000 euros et la mise à disposition d’un expert.

 

 

SOURCE : France – Ministry of Foreign Affairs


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