Posted by: africanpressorganization | 14 January 2009

L’aide au développement fournie par la CE aux services de santé en Afrique subsaharienne

 


 

L’aide au développement fournie par la CE aux services de santé en Afrique subsaharienne

 

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 14 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Note d’information de la Cour des comptes européenne concernant le rapport spécial n° 10/2008 –

L’objectif de l’audit était d’évaluer dans quelle mesure l’aide communautaire avait contribué efficacement à l’amélioration des services de santé en Afrique subsaharienne, compte tenu des engagements de la CE en ce qui concerne la réduction de la pauvreté et les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’audit a consisté à examiner si les ressources financières et humaines affectées au secteur de la santé reflètent les engagements politiques de la CE et si la Commission a accéléré la mise en œuvre de cette aide. L’audit a également permis de vérifier si la Commission a utilisé efficacement les différents instruments destinés à aider le secteur de la santé, notamment l’appui budgétaire, les projets, ainsi que le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial).

D’une manière générale, la part du financement communautaire en faveur du secteur de la santé n’a plus augmenté depuis 2000 par rapport au total de l’aide au développement, malgré les engagements pris par la Commission concernant les OMD et la crise sanitaire en Afrique subsaharienne. Par l’importance de ses financements, la Commission a contribué à lancer le Fonds mondial, afin de combattre le SIDA, la tuberculose et le paludisme; cependant, elle n’a pas accordé la même attention au renforcement général des systèmes de santé des pays concernés, censé être une de ses priorités. La Commission ne disposait pas d’une expertise suffisante en matière de santé pour garantir une utilisation optimale du financement de l’aide qu’elle accorde à ce secteur.

La Commission a accéléré la mise en œuvre de l’aide qu’elle gère elle-même en matière de santé. Le rythme des décaissements a été plus lent dans le cadre du Fonds mondial, qui avait pourtant mobilisé une grande partie des financements, que dans le cas des Fonds européens de développement (FED). Il est possible d’améliorer la prévisibilité du flux de fonds provenant de l’ensemble des instruments, afin de permettre aux pays de mieux budgétiser les ressources disponibles pour leur secteur de la santé.

La Commission n’a guère eu recours à l’appui budgétaire sectoriel pour apporter une aide directe au secteur de la santé, alors que cet instrument aurait pu contribuer de manière significative à l’amélioration des services de santé. L’appui budgétaire général, moins directement lié au secteur de la santé, a été bien plus largement utilisé par la Commission, mais pas de façon très efficace. Globalement, les projets se sont avérés plutôt efficaces, bien que leur durabilité soit souvent problématique. La Commission a joué un rôle essentiel dans la création du Fonds mondial, qui a déjà produit des résultats importants. Cet instrument pourrait toutefois être encore plus efficace si la Commission s’impliquait plus dans les actions qu’il mène dans les pays bénéficiaires.

La Commission n’a pas suffisamment veillé à ce que les différents instruments soient utilisés ensemble de façon cohérente. Lorsqu’elle choisissait de recourir à un instrument, elle aurait également pu prendre davantage en considération la situation dans les différents pays, notamment en vérifiant si ceux-ci disposaient d’une politique bien définie en matière de santé. Compte tenu de l’importance de ces politiques pour l’efficacité des instruments, il importe que la Commission contribue davantage à leur développement et s’efforce d’y intégrer ses interventions.

Dans le rapport, la Cour recommande essentiellement à la Commission:

  • d’envisager, lors de la révision à mi-parcours du dixième FED, une augmentation de son aide au secteur de la santé, afin de confirmer ses engagements relatifs aux OMD dans ce domaine;
  • de revoir la répartition de l’aide au secteur de la santé, afin de s’assurer qu’elle est avant tout axée sur sa priorité politique, à savoir le soutien aux systèmes de santé;
  • de veiller à ce que chaque délégation dispose d’une expertise suffisante dans le secteur de la santé, soit au sein de la délégation elle-même, soit en faisant appel aux ressources d’autres partenaires;
  • de recourir plus souvent à l’appui budgétaire sectoriel dans le secteur de la santé et de centrer davantage l’appui budgétaire général sur l’amélioration des services de santé;
  • de continuer à faire appel aux projets, notamment pour favoriser l’élaboration des politiques et le renforcement des capacités, les interventions pilotes et l’aide aux régions les plus défavorisées;
  • de collaborer plus étroitement avec le Fonds mondial dans les pays bénéficiaires;
  • d’établir des orientations plus claires permettant de déterminer quand il convient d’utiliser les différents instruments et comment les combiner au mieux;
  • de redoubler d’efforts pour contribuer à l’élaboration, dans les pays bénéficiaires, de politiques de la santé bien définies.

 

 

SOURCE : European Commission


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