Posted by: africanpressorganization | 9 January 2009

Voeux à la presse de S.E. Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine à l’occasion de la nouvelle année 2009

 


 

Voeux à la presse de S.E. Jean Ping,

Président de la Commission de l’Union Africaine à l’occasion de la nouvelle année 2009

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 9 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Voeux à la presse de S.E. Jean Ping

Mesdames et messieurs les journalistes,

 

C’est avec un immense plaisir que nous vous recevons ici aujourd’hui, dans ce centre de presse qui est le votre, pour vous souhaiter une bonne et heureuse année pleine de joie et de bonheur. Nous vous souhaitons également tout le succès dans vos projets personnels et professionnels.

 

Vous n’êtes pas sans savoir, que l’Afrique compte une sixième région, la Diaspora. Aux journalistes de la Diaspora, ou qu’ils soient dans le monde, nous souhaitons également le meilleur dans l’accomplissement de leur mission, dans la sécurité et la liberté, qui leur font parfois défaut.

 

En ce moment de l’année, j’ai une pensée particulière pour vos 138 collègues (dernier chiffre publié par Reporters Sans Frontières) qui dans différentes parties du monde sont privés de leur liberté, de la liberté d’exercer leur fonction, informer. Il ne s’agit pas d’une formule de circonstance mais sans vous, Mesdames et Messieurs les journalistes, beaucoup de vérités restent inconnues, sans votre travail, la voix de la Commission de l’Union africaine ne franchirait que difficilement notre enceinte.

 

Certes ce rendez-vous marque le début d’une nouvelle année, mais ce rendez-vous coïncide aussi avec une heureuse occasion que vous attendiez depuis très longtemps : Vos cartes d’accréditation permanente auprès de l’Union Africaine sont maintenant à votre disposition. Elles vous ont été remises ce matin à votre arrivée. Je sais que vous les espériez depuis longtemps. C’est maintenant chose faite. Je suis assuré que l’année 2009 symbolisera un tournant majeur dans les relations que la Commission a entretenu avec la presse.

 

Je voudrai placer cette année sous le signe du changement, de l’ouverture, de la visibilité et de la transparence :

Changement car nous souhaitons vraiment voir une évolution dans la nature de nos relations avec tous nos partenaires, dont, bien sur, les représentants des médias.

 

Ouverture parce que nous nous ouvrons avec confiance à vous et nous vous prions d’en faire autant pour la réussite de nos projets mutuels.

 

Visibilité et transparence car c’est l’empreinte que nous avons convenu d’imprimer à l’action de la Commission, tant nous sommes convaincu que notre œuvre unitaire est la propriété de tout un chacun.

 

C’est parce que nous sommes conscients du rôle des médias dans toute société démocratique que nous avons placé l’information parmi nos priorités prioritaires. Depuis quelques temps, la Commission multiplie les actions pour soutenir le travail des journalistes et leur donner les moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission. C’est à cet effet, que nous avons consenti, avec nos partenaires européens à mettre en place un Observatoire panafricain des medias. Cet instrument dont l’utilité ne fait aucun doute, sera appelé, le moment venu, à veiller aux conditions de travail des journalistes sur le continent, mais aussi au respect de l’éthique et de la déontologie.

 

Plus particulièrement, nous souhaitons que la presse panafricaine ait une plus grande marge de manœuvre dans sa gestion, qu’elle puisse accéder aux sources de financements. C’est un préalable dont on ne saurait se passer tellement il est indispensable pour un paysage médiatique fiable. Paysage médiatique qui doit être un relai sinon un soutien de la démocratie. C’est possible car nous avons pu le constater maintes fois sur le continent.

 

Mesdames et messieurs,

 

Cette période de l’année est la plus opportune pour faire le bilan de l’année écoulée et pour en tirer des leçons mais aussi pour exposer les perspectives à venir.

 

A notre arrivée en avril dernier, à la tête de la Commission, nous avons dégagé quatre (4) piliers fondamentaux développés dans notre Plan Stratégique pour 2009 – 2012 pour guider nos actions et éclairer notre vision. Notre objectif central est de faire en sorte que chaque jour les peuples d’Afrique soient un peu plus à l’abri de la peur et à l’abri du besoin. Dans chaque domaine, nous avons des projets qui vont nous permettre de faciliter nos performances. Ce credo est le cœur même de notre Plan stratégique pour la période 2009 – 2012 et il incarne la quintessence de la notion d’intégration. Ces piliers sont :

 

La paix et la sécurité est le premier pilier. Certes, si l’on observe les vingt ou les dix dernières années le nombre de conflits a drastiquement chuté en Afrique. Cependant, nous faisons encore face à de nombreuses crises et de nombreuses situations de crise latente. Ce pilier va nous aider à prévenir les crises et à résoudre au plus vite celles qui surviennent. Il s’agit d’un ensemble structuré d’outils et de moyens d’action qui accorderont la place qu’il faut à la médiation, la concertation et au dialogue, mais qui nous permettra aussi de nous attaquer aux causes profondes et premières des conflits en consolidant les fondements et l’ossature d’un développement durable.

 

La situation que nous avons connu en 2008 en Guinée et en Mauritanie ne semble pas de bon augure, deux coups d’Etat en six mois sans compter la tentative avortée en Guinée Bissau. D’ailleurs en attendant le retour de l’ordre constitutionnel, ces deux pays ont été suspendus des activités de l’Union africaine en vertu de l’article 30 de notre Acte constitutif et de la Déclaration de Lomé. En dépit de cela, j’espère tout de même qu’en 2009, l’Afrique et le monde entier gagneront en calme et en sérénité.

 

Etant donné que l’on en est aux souhaits. Mesdames et Messieurs, les représentants de la presse, je comprends votre intérêt pour la couverture des questions de paix et de sécurité, l’année a été riche en événements, mais laissez-moi vous dire que pour importantes et décisives qu’elles soient, ces questions ne sont pas les seules à suivre. Il y a sept autres départements qui œuvrent au développement de l’Afrique et dont la contribution est cruciale pour l’instauration d’une paix et d’une stabilité durable sur le continent. Je souhaiterai donc en cette nouvelle année d’accorder une place plus importante aux autres secteurs que nous couvrons. Nous sommes convaincus que sans développement, il n’y aura pas de sécurité, ni stabilité, ni paix.

 

Ce qui nous amène au deuxième pilier de notre action qui porte sur le développement, l’intégration et la coopération. Améliorer les conditions de vie des peuples d’Afrique est une condition sine qua none pour le développement et pour achever pleinement le processus d’intégration auquel nous travaillons. Sous ce pilier, nous cherchons aussi à unifier l’Afrique. D’aucuns disent que l’Afrique sera la grande victime de la globalisation. Si nous arrivions à parler d’une seule voix nous pourrions inverser cette tendance et faire de l’Afrique le continent du 21eme siècle. J’espère que 2009, témoignera de l’émergence d’une Afrique une et indivisible. C’est un pré-requis pour notre troisième pilier, les valeurs partagées.

 

Sous le pilier des valeurs partagées, nous souhaitons renforcer les valeurs universelles de démocratie, de bonne g`ouvernance, des droits de l’homme ou encore de l’égalité des genres. Cette assise doit être affinée et développée. Vous le savez bien la nature des conflits a changé en Afrique. De nos jours, les crises sont de plus en plus suscitées par le non respect de la voix des urnes ou par des questions de gouvernance. Pour atteindre l’objectif d’une Afrique apaisée, c’est bien ce pilier qui doit être renforcé.

 

Notre quatrième et dernier pilier concerne le renforcement des capacités de nos institutions. Nous souhaitons que la Commission soit le creuset de l’excellence et de la performance, c’est pour cela que nous nous sommes engagés dans ce processus, pour corriger les dysfonctionnements constatés et qui ont freiné le développement de la Commission, en transformant les méthodes de travail et en adaptant les structures.

 

Encore une fois, nous vous souhaitons le meilleur pour l’année 2009 et nous vous donnons rendez-vous avant la fin du mois de janvier pour notre Conférence de presse mensuelle qui portera, actualité oblige, sur le 12eme Sommet de l’Union Africaine.

 

Je vous remercie pour votre aimable attention

Que Dieu bénisse l’Afrique, que Dieu bénisse les journalistes et que Dieu bénisse et l’année 2009 !

 

 

SOURCE : African Union Commission (AUC)


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