Posted by: africanpressorganization | 29 November 2008

Des associations éthiopiennes spécialisées dans les enterrements luttent contre le sida / L’Agence des États-Unis pour le développement international leur apporte une aide à cet effet

 


 

 

 

Des associations éthiopiennes spécialisées dans les enterrements luttent contre le sida

L’Agence des États-Unis pour le développement international leur apporte une aide à cet effet

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 29 novembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Des associations qui apportent depuis des siècles une aide financière et psychologique aux Éthiopiens face à la mort élargissent leur champ d’action pour maintenir en vie les personnes touchées par l’épidémie de sida dans ce pays.

 

L’Éthiopie compte quelque 200.000 de ces associations, connues sous le nom d’idir, et presque tous les Éthiopiens en font partie soit directement soit indirectement par l’intermédiaire de leur famille.

 

L’association Tesfa, dans un quartier situé dans la partie ouest d’Addis Abeba, est une idir qui a adopté un nouveau nom et une nouvelle mission pour venir en aide à 4.300 orphelins et enfants en situation vulnérable aussi bien qu’aux personnes âgées qui s’occupent d’eux.

 

Le directeur de cette association, M. Berehnu Abera, a déclaré à ce propos : « De nombreux grands-parents s’occupent de leurs petits-enfants parce que les parents de ces enfants sont morts du sida. La demande de nos services ne cesse d’augmenter à cause de l’épidémie. Le problème relatif aux orphelins et aux enfants en situation vulnérable est immense. »

 

En général, les membres d’une idir versent tous les mois une petite somme dans un fonds commun. Lorsque l’un deux meurt, l’association s’occupe de l’enterrement et en prend les frais à sa charge.

 

La participation des idirs à la lutte contre le sida n’a pas été instantanée ni facile. « De nombreux anciens des villages ou des quartiers étaient opposés à cette participation à cause de l’opprobre entourant cette maladie », a indiqué un responsable de l’association Tesfa, M. Yonas Zewdu. « À l’heure actuelle, dans notre quartier, on compte très peu de séropositifs qui sont alités. Du fait de la disparition de l’opprobre ici, ils ont révélé leur état de santé et obtenu des médicaments et un soutien. » Toutefois, a-t-il ajouté, il n’en est pas de même dans les zones rurales.

 

Selon des estimations, l’épidémie de sida a fait en Éthiopie des millions d’orphelins et d’enfants en situation vulnérable. Dans les zones urbaines, les personnes atteintes du sida occupent environ 60 % des lits des hôpitaux. L’Agence des États-Unis pour le développement international coopère avec des organismes tels que Save the Children et les idirs locales pour qu’ils offrent des soins à domicile. Dans le cadre de leur plan d’aide d’urgence à la lutte contre le sida à l’étranger (PEPFAR), les États-Unis fournissent à l’Éthiopie, depuis 2004, une aide qui se monte à 20 millions de dollars en vue du financement de ses programmes de lutte contre le sida.

 

Les idirs établissent une liste des enfants et des personnes âgées de leur village ou quartier qui ont le plus besoin d’aide et elles organisent des programmes destinés à apprendre aux membres de la famille à s’occuper d’un malade. Elles apportent aussi une aide financière et en personnel et transportent, entre autres, les malades dans des centres médicaux.

 

L’association Tesfa organise, toutes les deux semaines, des réunions au cours desquelles les habitants du quartier parlent des problèmes relatifs au sida et cherchent des solutions collectives. « Il s’agit là d’une méthode très efficace que nous utilisons en Éthiopie, a dit M. Zewdu. Les personnes âgées qui s’occupent des orphelins peuvent exprimer leurs préoccupations et recevoir un soutien sous forme de conseils, de dons de vivres et d’une aide financière. »

 

En outre, en cas de difficultés dans des familles qui ont adopté des enfants, l’association Tesfa offre des conseils aussi bien aux enfants qu’à ceux qui s’occupent d’eux.

 

« Nous tentons de faire en sorte que les enfants restent dans une famille et qu’ils n’aient pas à vivre dans la rue. Nous leur enseignons le respect des anciens et nous apprenons aux anciens à se prendre davantage en charge », a indiqué M. Zewdu. De plus, l’association Tesfa fournit une aide juridique aux orphelins qui sont exploités par des adultes.

 

Sur le plan financier, cette association aide ses membres à augmenter leur revenu en leur offrant des microcrédits et une formation en matière de gestion. Par exemple, elle a accordé un petit prêt à une femme pour lui permettre d’acheter des poules pondeuses. Cette femme remboursera son prêt lorsqu’elle vendra ses oufs et fera des bénéfices. Tesfa a également financé la formation professionnelle d’une orpheline qui est devenue coiffeuse et qui a ouvert un salon de coiffure dans le quartier. Elle a aussi offert un prêt à une personne désireuse de construire un four à pain et de vendre sa production à des hôtels.

 

M. Zewdu a indiqué que l’octroi de prêts à des membres d’un groupe donnait de meilleurs résultats que lorsqu’on en accordait à des personnes très pauvres qui n’avaient aucune idée de ce qu’étaient l’épargne et le remboursement d’un prêt. Dans le premier cas, les autres membres du groupe incitent l’emprunteur à rembourser son emprunt, car dès qu’il l’a remboursé, d’autres personnes peuvent elles aussi demander un prêt.

 

 

 

SOURCE : US Department of State


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