Posted by: africanpressorganization | 26 November 2008

Est de la RDC / Le temps est compté pour la population / La communauté internationale doit agir immédiatement pour protéger les civils

 


 

Est de la RDC / Le temps est compté pour la population / La communauté internationale doit agir immédiatement pour protéger les civils

 

 

KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 26 novembre 2008/African Press Organization (APO)/ — La FIDH et ses organisations membres en République démocratique du Congo (RDC), le Groupe Lotus, la Ligue des Électeurs (LE) et l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), demeurent extrêmement préoccupées par les graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire perpétrés depuis près de trois mois à l’encontre des populations civiles de l’Est de la RDC et appellent la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour les protéger.

Depuis le 28 août 2008 et la reprise des combats dans le Nord Kivu entre les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général rebelle Laurent Nkunda et les Forces armées de la RDC (FARDC), les massacres, les enlèvements, les pillages, l’utilisation d’enfants soldats, les viols et autres formes de violences sexuelles ou encore les actes de torture sont le lot quotidien des populations civiles de la région. Selon les dernières estimations du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), quelque 250.000 civils ont dû fuir vers les camps de déplacés et environ 12.000 personnes ont traversé la frontière vers l’Ouganda.

En raison de leur dénonciation de ces violations, les défenseurs des droits de l’Homme, y compris les journalistes, sont en danger permanent.  À cet égard, nos organisations condamnent fermement l’assassinat, le 21 novembre 2008, de M. Didace Namujimbo, journaliste de la radio OKAPI et appellent les autorités congolaises à mener une enquête indépendante et impartiale aux fins de poursuivre et de condamner les responsables (1).

Nos organisations appellent l’ensemble des combattants à cesser immédiatement toute attaque contre les civils et à permettre l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin. Par ailleurs, elles appellent la communauté internationale à transformer en actes concrets leurs déclarations d’intention en faveur d’une protection des civils.

Ainsi, alors que le Conseil de sécurité doit débattre aujourd’hui du renouvellement du mandat de la MONUC (Mission des Nations unies en RDC), nos organisations l’appellent une fois de plus à profiter de cette occasion pour renforcer le mandat de la MONUC en direction d’une protection plus efficace des civils et des défenseurs des droits de l’Homme, mais aussi à rendre effectif et immédiat le déploiement des personnels militaires et d’unités de police supplémentaires en RDC, comme autorisé par la Résolution 1843 du Conseil. 

Nos organisations appellent également le Conseil des droits de l’Homme à adopter, à l’occasion de sa session spéciale sur la situation en RDC qui se tiendra ce vendredi 28 novembre, une résolution autorisant la création d’un Expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme en RDC et appelant à la mise en place d’une commission internationale d’enquête chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire à l’Est de la RDC

Par ailleurs, si nos organisations se félicitent de la déclaration faite par le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) sur la compétence de la Cour pour connaître les crimes perpétrés contre les civils dans le cadre du conflit dans les Kivus, nous l’appelons à annoncer publiquement l’ouverture d’une enquête aux Kivus.

Plus généralement, nos organisations demandent instamment aux autorités congolaises et aux médiateurs de l’Union africaine de garantir que tout accord qui pourrait être négocié entre les autorités congolaises et le CNDP ou tout autre groupe armé ne le soit pas au détriment de la justice et au droit des victimes à voir les auteurs de violations des droits de l’Homme poursuivis et sanctionnés.

 

SOURCE : International Federation of Human Rights (FIDH)


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