Posted by: africanpressorganization | 18 October 2008

Afrique du Sud / Une marionnette séropositive aide à lutter contre le SIDA / Elle aide les enfants à mieux cerner un problème douloureux et complexe

 


 

 

Afrique du Sud /
Une marionnette séropositive aide à lutter contre le SIDA / Elle aide les enfants à mieux cerner un problème douloureux et complexe

 

JOHANNESBURG, South-Africa, 18 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — La figure la plus célèbre de la lutte contre le VIH/sida en Afrique du Sud mesure près de deux mètres de haut, porte un costume en peluche jaune, parle sept langues et est adorée par les enfants.

 

« Kami m’apprend à prendre mes médicaments », crie un enfant de six ans de la crèche Mapetla attachée à l’hospice de Soweto, près de Johannesburg.

 

« Kami me dit de manger mes légumes », crie un autre.

 

« Kami me dit d’aller chez le docteur quand je suis malade », affirme un troisième.

 

Les enfants sont en extase devant Kami, la star de Takalani Sesame, la version sud-africaine de l’émission télévisée américaine Sesame Street (connue sous le nom de Rue Sésame en français). Kami a visité l’hospice de Soweto et la crèche Mapetla le 13 octobre dernier en l’honneur de la Journée mondiale des hospices et des soins palliatifs et pour remercier le gouvernement des États-Unis du rôle qu’il joue dans la lutte contre le fléau qui frappe et tue des millions de Sud-Africains.

 

Les enfants, qui n’avaient jamais vu la marionnette de près, ont discuté entre eux de la question de savoir si elle était un être humain ou non. Kami s’est contentée de bouger, de hocher la tête et de les prendre dans ses bras. Lorsqu’elle est partie, les enfants sont restés sans réponse à leur question, mais émerveillés.

 

Kami a fait ses débuts à la télévision et à la radio sud-africaines grâce à la coopération entre la Société sud-africaine de diffusion (SABC) et Sesame Street and the Muppets aux États-Unis. L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a joué un rôle clé de coordination.

 

« Kami fait une énorme différence dans la vie de millions de nos enfants », a déclaré Jeffrey Molawa, de la SABC. « Elle est elle-même séropositive. Elle est une orpheline de cinq ans qui a été adoptée par d’autres personnages de Takalani Sesame. Elle est intelligente, brillante, aimable et humble. Les enfants qui l’écoutent et la regardent apprennent qu’il n’y a pas à avoir honte d’être séropositif. »

 

Presque toutes les familles sud-africaines sont touchées par le sida, et celle de M. Molawa ne fait pas exception à la règle. Son neveu de neuf ans, qui est séropositif, a perdu sa mère lorsqu’il avait deux ans et a été recueilli par sa grand-mère. Mais celle-ci a découvert trois ans plus tard qu’elle était également atteinte de la terrible maladie.

 

« Ceci est très difficile à expliquer à un enfant de six ans, parce que son monde s’écroule. Il est difficile de lui faire croire que tout ira bien. C’est pourquoi Kami fait une grande différence dans la vie de nombreux Sud-Africains. Les parents peuvent se servir de la marionnette pour expliquer le sida à leurs enfants, et les enseignants peuvent faire de même dans leur salle de classe. »

 

Si les conseils que donne Kami sur la nutrition et les médicaments sont utiles, sa plus grande contribution est sans doute le fait qu’elle aide à dissiper les préjugés attachés au sida.

 

« Kami défie la société en disant « je suis juste un enfant comme vous », a affirmé M. Molawa. Durant l’un des épisodes, elle tombe malade et des enfants viennent la voir à l’hôpital et chantent pour elle. Durant l’épisode suivant, elle sort de l’hôpital et va au marché acheter des fruits et des légumes.

 

Le directeur de l’hospice de Soweto, M. Nonhlanhla Duba, a affirmé que Kami et les autres personnages de l’émission aidaient à changer l’attitude du public à l’égard de la maladie. « Nous commençons à voir des changements. Les gens ont l’esprit plus ouvert et parlent plus facilement du sida. On constate en outre un ralentissement du taux de nouvelles infections. Kami fait une différence. »

 

M. Malik Jaffer, de l’USAID, a souligné que lorsque les États-Unis avaient commencé, en 2004, à financer des programmes dans le cadre du Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le VIH/sida (PEPFAR), près de 30.000 Sud-Africains prenaient des médicaments. Ce chiffre est depuis passé à près de 500.000, ce qui signifie que les gens se manifestent, se font tester et prennent des traitements.

 

La superviseure du centre Mapetla, Mme Nikiwe Dube, a dit qu’elle avait également constaté ces dernières années « une amélioration de l’attitude de la collectivité à l’égard des malades atteints du sida. Lorsque nous avons ouvert, personne ne voulait avoir affaire à nous. Aujourd’hui, les parents veulent que leurs enfants viennent ici. Ils voient qu’ils reçoivent chez nous amour et soins. Ils apprennent, ils sont nourris et bien soignés, et se remettent suffisamment pour retourner chez eux et à l’école. »

 

L’hospice de Soweto et le crèche Mapetla ont rédigé un manuel sur les soins à donner aux séropositifs et sidéens. Ce manuel est en cours d’adoption par le gouvernement sud-africain et les gouvernements de pays avoisinants.

 

Ayant doté le PEPFAR d’un budget de 38 milliards de dollars pour les cinq prochaines années, les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir les programmes de lutte contre le VIH/sida dans le monde.

 

 

SOURCE : United States Agency for International Development (USAID)


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