Posted by: africanpressorganization | 16 August 2008

Des spécialistes cherchent à ralentir l’épidémie de sida au moyen de la prévention / Les délégués à la conférence de Mexico ont préconisé l’accès universel au traitement

 

Des spécialistes cherchent à ralentir l’épidémie de sida au moyen de la prévention / Les délégués à la conférence de Mexico ont préconisé l’accès universel au traitement

 

MEXICO CITY, Mexique, 16 août 2008/African Press Organization (APO)/ — L’épidémie de sida (syndrome d’immunodéficience acquise) à travers le monde exige une action urgente. Au cours des vingt-cinq dernières années, plus de 25 millions de personnes sont mortes des suites de maladies liées au sida, et on estime qu’à l’heure actuelle 33 millions de personnes sont séropositives.

 

La XVIIe Conférence internationale sur le sida qui vient d’avoir lieu à Mexico du 3 au 8 août avait pour thème « Une action universelle maintenant » et a porté sur la nécessité de trouver rapidement les moyens de prévenir la propagation de l’épidémie et de soigner les personnes déjà atteintes.

 

Des centaines de chercheurs éminents et de responsables de la lutte contre le sida ont pris la parole durant cette conférence à laquelle ont participé quelque 25.000 personnes.

 

Parmi elles figurait le coordonnateur de l’action des États-Unis en matière de lutte contre le sida dans le monde, le docteur Mark Dybul, qui a fait état de la prorogation de la loi relative au plan d’aide d’urgence à la lutte contre le sida à l’étranger (PEPFAR) que le président Bush a lancé en 2003. Le PEPFAR était à l’origine un plan quinquennal doté d’un budget de 15 milliards de dollars. Il vient d’être prorogé le 30 juillet pour une nouvelle période de cinq ans, et son budget devrait atteindre 48 milliards de dollars répartis sur cette période.

 

Cette prorogation, a fait remarquer le docteur Dybul, montre que le peuple américain compte poursuivre cette lutte pendant longtemps, car c’est la seule façon de changer les choses.

 

Les jeunes et les femmes atteints du sida

 

La question des enfants séropositifs a retenu particulièrement l’attention des délégués à la conférence. Lors de la session plénière du 6 août, Mme Linda Richter, de la Commission sud-africaine de la recherche scientifique, a indiqué que près de 2,1 millions d’enfants étaient séropositifs et que pour 90 % d’entre eux c’était leur mère qui leur avait transmis le virus du sida (VIH). Les besoins de ces enfants sont souvent négligés, a-t-elle dit, préconisant un accroissement des services destinés aux familles, notamment la protection infantile et l’aide économique.

 

Pour sa part, Mme Elisabet Fadul, du Programme alimentaire mondial en République dominicaine, a parlé de la propagation croissante du sida chez les jeunes de 15 à 24 ans et souligné la nécessité de prendre des mesures afin de les associer à des programmes qui tiennent compte de leurs besoins.

 

De son côté, Mme Zonibel Woods, de la fondation Ford, a présenté une feuille de route destinée notamment à réduire la violence dont les femmes séropositives font l’objet. Selon elle, la peur de la violence est l’une des principales raisons pour lesquelles ces femmes évitent de se faire soigner. Cette feuille de route porte aussi sur la protection des droits des femmes en matière de sexualité et de reproduction, ainsi que sur les fonds à consacrer aux organismes de soutien des femmes.

 

Les pays en développement

 

L’épidémie de sida touche surtout les pays à faible revenu et à revenu moyen. Le 7 août, la directrice d’un organisme nigérian (Positive Action for Treatment Access in Nigeria), Mme Morolake Odetoyinbo, a parlé des grandes difficultés des systèmes de santé dans ces pays et de la manière dont les séropositifs pourraient contribuer à les réduire.

 

Les séropositifs, a-t-elle dit, jouent déjà le rôle d’instructeur et de porte-parole, mais ils pourraient aussi se faire le champion de la lutte contre le sida, suivre de près la situation et jouer un rôle administratif. Ils devraient faire partie des groupes qui prennent les décisions au sujet des programmes de prévention et de traitement.

 

La tuberculose est aussi une maladie qui fait des ravages dans les pays en développement, a déclaré le docteur Chakaya Jeremiah Muhwa, du ministère kényan de la santé, lors de la présentation qu’il a faite le 7 août. Le sida accroît fortement le risque de contracter la tuberculose, qui est la principale cause de décès chez les séropositifs.

 

Le docteur Muhwa a fait état des progrès réalisés en ce qui concerne le dépistage de la tuberculose chez les séropositifs et l’administration de soins préventifs aux tuberculeux séropositifs. Il a cependant indiqué que des souches de bacille résistantes aux médicaments avaient fait leur apparition en Afrique du Sud.

 

Les perspectives d’avenir

 

Le traitement est important, a déclaré le docteur Myron Cohen, de l’université de la Caroline du Nord, mais le monde ne peut pas mettre fin à l’épidémie de sida uniquement de cette manière. La thérapie antirétrovirale, a-t-il dit, a permis chez des animaux de laboratoire de prévenir la contamination par le VIH avant tout contact avec ce virus et même après.

 

Si on peut envisager la possibilité de guérir les personnes atteintes du sida, celles-ci devront attendre encore longtemps selon les spécialistes. La thérapie antirétrovirale hautement active peut empêcher la reproduction du VIH dans l’organisme, a dit un professeur de biologie moléculaire et de génétique de l’université Johns Hopkins, le docteur Robert Siliciano, mais elle ne peut pas le faire disparaître de l’organisme.

 

En effet, le virus se cache dans une cellule du système immunitaire dénommée CD4 T. Pour pouvoir éliminer le virus de l’organisme, a-t-il dit, il faudrait découvrir les cellules CD4 T qui font fonction de réservoir et trouver le moyen de les détruire.

 

À l’heure actuelle, on recherche ces cellules réservoirs et lorsqu’on les aura trouvées, il sera alors possible de sélectionner les médicaments susceptibles de les détruire. Trois étapes – mettre fin à la reproduction du virus, trouver les cellules réservoirs et les détruire – permettraient d’éliminer complètement le VIH de l’organisme et de guérir le malade, a indiqué le docteur Siliciano.

 

Pour sa part, le coprésident de la conférence sur le sida, M. Luis Soto-Ramirez, qui est à la tête du service de virologie moléculaire de l’Institut national Salvador Zubiran des sciences médicales et de la nutrition du Mexique, a déclaré : « Ces derniers jours, nous avons appris un très grand nombre de choses. Le fait que l’an dernier plus de 2 millions de personnes sont devenues séropositives, alors qu’il est tout à fait possible de prévenir la transmission du virus, est simplement inacceptable. Malgré les progrès que nous avons faits, nous ne sommes pas sur le point d’atteindre les objectifs en matière d’accès universel au traitement. Notre échec en ce qui concerne la réalisation de ces objectifs aura des effets sur des millions de personnes. Il est temps de fournir des médicaments à tous ceux qui en ont besoin. Il est temps d’offrir un accès universel au traitement dès maintenant. »

 

 

SOURCE : US Department of State


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