Posted by: africanpressorganization | 9 August 2008

Indépendance alimentaire / Des scientifiques ouvrent à renforcer la valeur nutritive du manioc / Les essais en champ de variétés améliorées de cette plante ont commencé


 

Indépendance alimentaire / Des scientifiques ouvrent à renforcer la valeur nutritive du manioc / Les essais en champ de variétés améliorées de cette plante ont commencé

 

NEW YORK, USA, 9 août 2008/African Press Organization (APO)/ — Des essais en champ visent à rendre le manioc, la principale source de calories pour 800 millions de personnes dans le monde, plus nourrissant et plus rentable, surtout pour les agriculteurs de l’Afrique subsaharienne.

 

Ce projet, lancé il y a trois ans et appelé « BioCassava Plus », est financé par un don de 12,1 millions de dollars de la fondation Bill et Melinda Gates. Il a attiré une équipe de scientifiques internationaux qui est en train d’intégrer, par des procédés génétiques, certains caractères utiles au manioc, un tubercule faible en protéine et susceptible aux infections virales, qui de plus a une courte durée de conservation et doit être traité pour en éliminer le cyanure.

 

« Lorsque nous avons démarré ce projet, nous avions huit objectifs », a expliqué le maître de recherche, le professeur Richard Sayre, spécialiste de biologie moléculaire à l’université Ohio State, au journaliste d’America.gov. Cinq de ces objectifs portent sur la nutrition, les scientifiques visant à augmenter la teneur du manioc en protéine, en vitamines A et E, en fer et en zinc.

 

Ils ont également l’intention de rendre la plante plus résistante aux maladies virales, qui réduisent les rendements de 30 à 50 % dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne. Ils souhaitent en outre prolonger sa durée de conservation de un jour à deux semaines, et réduire la toxicité au cyanure. Le manioc nécessite en effet, aussitôt après la récolte, un traitement qui prend de 3 à 6 jours pour en éliminer les éléments qui produisent du cyanure.

 

« Les scientifiques ont créé des plantes différentes pour chacune des propriétés recherchées, et ils vont maintenant s’attacher à réunir toutes ces propriétés au sein d’une même plante », a dit M. Sayre. Ils ont également prolongé la durée de conservation du manioc par des méthodes traditionnelles de sélection et une méthode transgénique qui devrait être testée dans les six prochains mois.

 

« L’un des avantages des modifications génétiques est que lorsque ça marche, c’est rapide. Vous pouvez obtenir un nouveau produit en l’espace d’un an. Avec les méthodes classiques de sélection, il faut de nombreuses générations, parfois jusqu’à dix. »

 

Parmi les partenaires du projet BioCassava Plus, on compte des instituts de recherche de Colombie, du Kénya, du Nigéria, de Suisse, de Tanzanie, du Royaume-Uni et des États-Unis.

 

Renforcer la valeur nutritive

 

Le manioc est une culture très répandue en Afrique tropicale, en Asie et en Amérique latine. C’est la quatrième culture du monde en développement, la production ayant atteint 226 millions de tonnes en 2006, selon les statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

 

Le manioc est un aliment de base pour près d’un milliard d’habitants de 105 pays, sa racine fournissant un tiers des calories absorbées quotidiennement. Mais les rendements moyens atteignent tout juste 20 % de ceux que l’on obtient dans des conditions optimales.

 

Afin de créer un meilleur plant de manioc, les scientifiques ont commencé leurs travaux avec un cultivar modèle d’Afrique. Ils y ont inséré des gènes d’autres plantes, voire de bactéries, afin d’obtenir les caractéristiques recherchées.

 

Les plantes génétiquement modifiées ont ensuite été soumises à un processus rigoureux de sécurité biologique aux États-Unis et ont été testées dans des modèles de laboratoire avant d’être plantées en champ, sur un site du ministère de l’agriculture à Porto-Rico.

 

L’étape suivante consiste à faire des essais en champ en Afrique avec des partenaires kényans et nigérians, en 2009. Après ces essais, les scientifiques pourront commencer à combiner les diverses caractéristiques dans une seule plante.

 

« La plupart des pays d’Afrique sont en train de formuler une réglementation relative à la biosécurité pour les organismes génétiquement modifiés (OGM), a dit M. Sayre. Quatre ou cinq pays, dont le Kénya et le Nigéria, en sont déjà dotés, et deux autres cultivent des OGM à des fins commericales. »

 

« Nous n’envisageons aucune collaboration avec les pays qui n’ont pas de programmes de biosécurité », a précisé M. Sayre.

 

Au bout du compte, a-t-il dit, « lorsque toutes les propriétés seront combinées au sein de ce qui sera le cultivar préféré par les agriculteurs africains, ce travail sera fait par des scientifiques africains dans des laboratoires africains. Nous mettons les outils au point aux États-Unis et en Europe, mais une fois qu’ils sont en place, cela devient un projet africain de développement. »

 

Le partenariat pour le manioc

 

Un autre groupe s’est réuni en juillet pour discuter de l’avenir du manioc. Lors d’une conférence mondiale tenue à Gent (Belgique), des spécialistes du manioc qui font partie d’un réseau national appelé Partenariat mondial pour l’amélioration génétique du manioc, ont lancé un appel à des investissements dans la recherche et le développement afin d’augmenter les rendements pour les agriculteurs et d’explorer des utilisations industrielles prometteuses du manioc.

 

C’était la première réunion scientifique du Partenariat mondial pour le manioc, un consortium formé sous les auspices de la FAO par diverses organisations internationales, dont le Centre international pour l’agriculture tropicale, le Fonds international de développement agricole et l’Institut international de l’agriculture tropicale, auxquelles s’ajoutent plusieurs instituts nationaux de recherche, des organisations non gouvernementales et des partenaires privés.

 

 

 

SOURCE : US Department of State


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