Posted by: APO | 13 June 2008

Nigéria / France / Communiqué conjoint suite à la rencontre de ce jour entre le Président de la République française et M. Umaru YAR’ADUA, Président de la République fédérale du Nigeria

Nigéria / France / Communiqué conjoint suite à la rencontre de ce jour entre le Président de la République française et M. Umaru YAR’ADUA, Président de la République fédérale du Nigeria

 

ABUJA, Nigeria, June 13, 2008/African Press Organization (APO)/ — Communiqué conjoint suite à la rencontre de ce jour entre le Président de la République française et M. Umaru YAR’ADUA, Président de la République fédérale du Nigeria:

 

1. A la Suite de la rencontre de ce jour entre le Président de la République et M.

Umaru YAR’ADUA, Président de la République fédérale du Nigeria, la

République française et la République fédérale du Nigeria ont décidé d’établir

un partenariat stratégique.

Dialogue politique

2. À cet effet, il a été convenu de mettre en place le dispositif de dialogue

suivant :

– les chefs d’État se rencontreront régulièrement.

– Les ministres des affaires étrangères présideront ensemble le forum de

dialogue franco-nigérian créé en 2000. Ils se réuniront au moins une fois par

an en tant que de besoin pour pouvoir évoquer les questions internationales et

bilatérales d’intérêt commun dans leurs domaines respectifs de compétence.

– Dans l’intervalle, les experts se réuniront régulièrement pour échanger leurs

vues sur les questions d’intérêt commun.

– La coopération parlementaire et le dialogue entre les États et les

gouvernements locaux nigérians d’une part, et les collectivités territoriales

françaises d’autre part, sont encouragés dans le respect de leur compétences

propres, afin d’aboutir à l’établissement de partenariats.

– Dans le cadre de ce partenariat stratégique, la France et le Nigeria

souhaitent développer leur dialogue afin d’approfondir leur approche

commune des principales questions d’actualité internationale, notamment : la

paix et la sécurité dans le monde, y compris le trafic illicite d’armes légères et

de petit calibre (ALPC), le terrorisme, l’environnement et le changement

climatique, la réforme des Nations Unies et le règlement des conflits en

Afrique.

La France soutient les efforts déployés par le Nigeria en vue d’un règlement

politique des problèmes de sécurité et de développement de la région du delta du

Niger.

Coopération économique

3. Les deux pays entendent développer leur coopération, en particulier dans les

domaines suivants :

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3.1. Dans le domaine économique, les deux parties sont convenues de retenir,

dans un premier temps, sept secteurs prioritaires qui offrent des opportunités

particulières pour le développement d’une coopération mutuellement fructueuse :

pétrole, gaz et énergie, transports, sécurité, agriculture, éducation et formation

professionnelle, infrastructures et environnement. La France examinera les

possibilités d’apporter son concours dans ces domaines, dans lesquels ses

entreprises jouissent d’une expérience reconnue à l’international.

Hydrocarbures

3.1.1. Dans le domaine des hydrocarbures en particulier, les deux pays s’accordent

sur la nécessité de poursuivre une politique volontariste d’investissements en vue de

mettre en valeur les importantes réserves de pétrole et de gaz du Nigeria afin de

contribuer au développement économique du pays et à l’émergence de compétence

locales. À cette fin, ils soulignent l’importance d’un cadre juridique et fiscal stable et

de financements sécurisés. Les deux pays encouragent le développement de

nouvelles ressources, en particulier dans l’off-shore profond.

Gaz

3.1.2. S’agissant du gaz, la France et le Nigeria encouragent la valorisation des

réserves gazières du pays (production d’électricité, marché domestique, gaz naturel

liquéfié, réduction des émissions de gaz à effet de serre, recherche d’une meilleure

efficacité énergétique). Dans ce cadre, ils souhaitent le lancement dans les meilleurs

délais de nouveaux projets gaziers intéressant les deux pays et manifestent leur

volonté de soutenir la conclusion à brève échéance d’un accord pour la mise en

route de la centrale électrique d’Obite.

Coopération dans le secteur de l’énergie

3.1.3. Les deux pays sont convenus de renforcer leur coopération dans le secteur de

l’énergie qui revêt un caractère prioritaire pour le Nigeria. Cette coopération pourrait

prendre la forme d’un partenariat pour l’énergie couvrant l’ensemble des secteurs

concernés :

– électricité : les deux pays sont résolus à renforcer leur coopération tant dans

les domaines de la production d’électricité (centrales thermiques, construction

de barrages hydroélectriques), que de la transmission et de la distribution ;

– énergie nucléaire : les deux pays relèvent l’intérêt pour le Nigeria de se doter

à long terme d’un programme électronucléaire à même de répondre à des

besoins croissants en énergie. La France est disposée à examiner avec

attention les demandes du Nigeria à cet effet. Les deux pays sont convenus

d’examiner, dans le respect des obligations internationales contractées, en

particulier dans le cadre de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les

conditions de réalisation d’un tel projet, notamment eu égard à la sûreté.

Transports

3.1.4. S’agissant des transports et plus particulièrement des transports par rail, les

deux parties examineront les possibilités de développer une coopération tant en ce

qui concerne la réhabilitation du réseau ferroviaire et du matériel roulant nigérians

que dans le domaine des transports urbains à Abuja et à Lagos.

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Agriculture

3.1.5. La France et le Nigeria examineront la possibilité de renforcer leur coopération

dans le secteur agricole, notamment pour l’agriculture commerciale, l’irrigation et la

production d’engrais.

Tourisme

3.1.6. Les deux parties examineront la possibilité de renforcer leur coopération

bilatérale visant au développement du tourisme. À cet effet, elles favoriseront le

commerce et l’investissement dans ce secteur.

Coopération culturelle et technique

4.1. Dans le domaine de la coopération culturelle et technique, comme le souhaite

le gouvernement nigérian, la France renforcera son action en faveur de la langue

française et de l’enseignement du français au Nigeria. Les autorités nigérianes

prendront de leur côté toutes les mesures nécessaires pour promouvoir et faciliter

l’enseignement du français et pour utiliser dans les meilleures conditions possibles

les installations mises à leur disposition.

Les deux parties ont pris acte de la reprise des activités au Nigeria de l’Agence

française de développement (AFD) avec l’ouverture d’un bureau de Proparco à

Lagos en 2007 et d’une agence de l’AFD à Abuja en juin 2008.

4.2. La France et le Nigeria renouvelleront leur accord de coopération culturelle,

éducative, scientifique et technique du 16 mai 1984. La partie française proposera en

temps utile un document-cadre pour un partenariat global, qui sera discuté avec les

autorités nigérianes.

Coopération judiciaire

5.1. Dans le domaine judiciaire, des négociations seront ouvertes visant à la

conclusion d’un accord d’entraide judiciaire entre les deux pays, afin notamment de

faciliter le traitement des commissions rogatoires internationales.

5.2. Les deux parties renforceront leur coopération dans la lutte contre la

criminalité organisée, la traite des êtres humains, le trafic de drogue et la criminalité

économique et financière.

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Migrations

6. Dans le domaine des migrations, les deux parties ont reconnu la nécessité

d’améliorer le niveau de leur coopération. Elles proposent d’ouvrir des négociations

en vue de la conclusion d’un accord sur la gestion concertée des flux migratoires.

Dans l’esprit des conférences de Rabat, de Tripoli, et de la réunion prévue à Paris

cet automne, reposant sur la stratégie définie à Lisbonne entre l’Union européenne

et l’Union africaine, notamment en son article 69, cet accord aura pour objectif de

faciliter l’immigration légale, de lutter contre l’immigration illégale et de garantir les

conditions d’un développement solidaire mutuellement fructueux.

Défense

7. Dans le domaine de la défense, la partie française a pris note des souhaits en

équipements, moyens de communication et formations exprimés par la partie

nigériane afin d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement énergétique dans la

région du Golfe de Guinée. La France est résolue à examiner favorablement ces

demandes, notamment en matière de formation. À cette fin, elle est disposée à

envoyer au Nigeria une mission de courte durée destinée à aider la marine nigériane

dans le renforcement de ses capacités de contrôle maritime et fluvial et d’interception

en mer.

SOURCE : Présidence de la République française


 


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