Posted by: africanpressorganization | 22 May 2008

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO – Reporters sans frontières, soulagée de l’acquittement des deux amis de Serge Maheshe, dénonce un procès bâclé / DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO – Appeal court clears murdered journalist’s two friends but otherwise fails to

Français / English

 

Reporters sans frontières

Communiqué de presse

 

22 mai 2008

 

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 

 

Reporters sans frontières, soulagée de l’acquittement des deux amis de Serge Maheshe, dénonce un procès bâclé

 

Reporters sans frontières et son organisation partenaire en République démocratique du Congo, Journaliste en danger (JED), se déclarent soulagées de l’acquittement des deux amis et témoins oculaires du meurtre de Serge Maheshe, secrétaire de rédaction de la station onusienne Radio Okapi. Dans un verdict rendu public, le 21 mai 2008, le tribunal militaire de Bukavu (capitale de la province du Sud-Kivu, dans l’est du pays) a, par ailleurs, condamné à mort Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo alias Mastakila, les deux meurtriers du journaliste.

 

“Si nous nous réjouissons de l’acquittement des deux amis de Serge Maheshe, nous regrettons les constantes violations du droit qui ont eu lieu lors de ce procès. Aucune expertise balistique ni aucune autopsie n’a été pratiquée sur la dépouille du journaliste. Les avocats de la défense et observateurs indépendants ont reçu des menaces de mort anonymes. Certaines pistes ont volontairement été écartées. Ce verdict est l’aboutissement d’un procès bâclé, reposant sur des enquêtes superficielles”, a déclaré l’organisation.

 

Suivant les réquisitions du ministère public, le président de la cour a estimé qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication de Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu dans le meurtre de leur ami Serge Maheshe, tué sous leurs yeux le 13 juin 2007 à Bukavu.

 

En revanche, le tribunal a confirmé la peine capitale prononcée en première instance à l’encontre de Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Mastakila, condamnés pour “meurtre” dans le but de “faciliter un vol”, en abandonnant les charges d'”assassinat” qui avaient été initialement retenues contre eux.

 

La cour a aussi condamné à mort un troisième civil, dont il n’avait jamais été question jusque-là, Patient Bisimwa, pour “association de malfaiteurs”. Cet homme a été présenté comme un complice des deux tueurs, bien que le ministère public n’ait rien requis contre lui. Quant à l’Etat congolais, également poursuivi, il a été dégagé de toute responsabilité.

 

Rappel des faits

 

Le 13 juin 2007, aux environs de 21 heures, Serge Maheshe, journaliste et secrétaire de rédaction de l’antenne locale de Radio Okapi, a été tué par deux hommes en vêtements civils, armés de fusils-mitrailleurs kalachnikovs, alors qu’il sortait du domicile d’un ami, dans un quartier résidentiel de Bukavu. Au moment où, en compagnie de deux amis, il s’apprêtait à monter à bord de son véhicule, marqué du signe “UN” (Nations unies) dont disposent les journalistes de la radio pour se déplacer, les inconnus, qui l’attendaient, leur ont intimé l’ordre de se coucher à terre. L’un d’eux a alors tiré deux balles dans les jambes du journaliste, puis trois dans sa poitrine. Serge Maheshe, 31 ans, travaillait pour Radio Okapi depuis 2002 et était devenu l’une des figures de la presse dans la région.

 

En première instance, le tribunal militaire de Bukavu avait condamné, le 28 août 2007, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila, deux hommes préalablement connus pour de petits délits, à la peine capitale pour “assassinat”. A la stupéfaction générale, Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu, deux témoins oculaires du crime et amis proches du journaliste, avaient été condamnés à la même peine pour “association de malfaiteurs”. Le jugement avait été rendu en se fondant sur les seuls “aveux” des deux premiers, expliquant être les auteurs matériels de l’assassinat et qui avaient accusé les amis du journaliste d’être les commanditaires du crime, sans avoir pu fournir ni mobile ni élément matériel. En rendant son verdict, le tribunal avait reconnu lui-même la persistance de “zones d’ombre” dans le dossier.

 

Dans une lettre datée du 8 septembre 2007, dont Reporters sans frontières détient une copie, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila ont accusé deux magistrats militaires de les avoir soudoyés pour accuser les deux amis de la victime. Ils ont affirmé que ceux-ci leur ont fourni des éléments prétendument compromettants, de manière à étayer leur scénario, et leur ont fait la promesse de leur assurer une rente financière et des titres de voyage pour l’Afrique du Sud.

 

Reporters sans frontières avait dénoncé des menaces de mort anonymes proférées à l’encontre de quatre observateurs indépendants du procès les 17 et 19 avril 2008.

———–

DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO

Appeal court clears murdered journalist’s two friends but otherwise fails to repair judicial mess

Reporters Without Borders and its partner organisation in Democratic Republic of Congo, Journalist in Danger (JED), are relieved to learn that the two friends of journalist Serge Maheshe who were with him when he was murdered last year in Bukavu, in the eastern province Sud-Kivu, have been acquitted on appeal of instigating his murder.

The verdict was issued yesterday by a Bukavu military court, which confirmed the death sentences for the two men previously convicted of carrying out the murder, Freddy Bisimwa Matabaro and Mugisho Rwenzagabo, also known as Mastakila, and sentenced a third civilian to death.

“We welcome the acquittal of Maheshe’s two friends but we deplore the repeated violations of due process during both the trial and appeal,” Reporters Without Borders said. “There were no ballistic tests or autopsy. The defence lawyers and independent observers received anonymous threats. And certain hypotheses were deliberately ignored. This verdict is the outcome of a botched trial based on a superficial investigation.”

At the prosecution’s request, the military appeal court’s presiding judge found there was no evidence that Maheshe’s two friends, Serge Muhima and Alain Mulimbi Shamavu, were involved in his murder, which took place when they were with him on a Bukavu street on 13 June 2007.

But although the appeal court confirmed the death sentence for Matabaro and Rwenzagabo, it found them guilty of homicide carried out in order to “facilitate a robbery” rather than “murder,” the charge on which they were originally convicted.

The third civilian to be given a death sentence was Patient Bisimwa, who was not a defendant in the original trial. He was convicted of “criminal association.” The prosecution identified him as an accomplice of the two killers but did not ask the court to convict him. In its final verdict, the appeal court also cleared the authorities of any responsibility.

The news editor of UN-backed Radio Okapi’s regional office in Bukavu, Maheshe was gunned down as he was leaving a friend’s home in a residential district of Bukavu at around 9 p.m. on 13 June 2007. He was about to get into his UN-marked car when he and his two close friends were approached by two men in civilian dress armed with Kalashnikov assault rifles, who ordered them to lie on the ground. One of them shot Maheshe twice in the legs and three times in the chest.

Aged 31, Maheshe had been working for Radio Okapi since 2002 and had become one of the leading members of the local press community.

Matabaro and Rwenzagabo, both men with a history of petty crime, were sentenced to death by a Bukavu military court on 28 August 2007 for Maheshe’s murder. To widespread stupefaction, the court at the same time also convicted Maheshe’s two friends, Mohima and Shamavu, of criminal association and sentenced them to death as well.

The court based its convictions solely on the “confessions” made by Matabaro and Rwenzagabo and their testimony that Maheshe’s two friends were the instigators. No motive for the murder and no material evidence was produced. When issuing its verdict, the court acknowledged that many aspects of the case were unclear.

In a letter dated 8 September 2007, Matabaro and Rwenzagabo accused two military judges of bribing them to say they shot Maheshe at the behest of his two friends. They claimed in the letter, a copy of which is held by Reporters Without Borders, that the two judges provided them with evidence to support this story and promised them they would be allowed to travel to South Africa and would receive a regular income.

In a recent press release, Reporters Without Borders reported that four independent observers monitoring the appeal hearings received anonymous death threats on 17 and 19 April.


Categories

%d bloggers like this: