Posted by: APO | 20 May 2008

NIGERIA / France / POINT DE PRESSE CONJOINT DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER, ET DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU NIGERIA, CHIEF OJO MADUEKWE – PROPOS DE M. KOUCHNER –

POINT DE PRESSE CONJOINT
DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES,
M. BERNARD KOUCHNER,
ET DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU NIGERIA,
CHIEF OJO MADUEKWE
– PROPOS DE M. KOUCHNER –

 

(Paris, 19 mai 2008)

Bonjour, je reçois aujourd’hui avec beaucoup de plaisir le ministre Chief Ojo Maduekwe. Il se trouve que lui et moi nous étions au Nigeria, il y a bien longtemps, dans les années 60. C’est un vieux souvenir d’un pays où j’étais médecin et lui était déjà un militant engagé pour son pays.

Le ministre des Affaires étrangères du Nigeria est ici pour préparer la visite du président du Nigeria prévue le 12 juin. Nous avons eu l’occasion de parler, notamment, de la visite du président et de la façon dont – grâce au Nigeria et aux troupes nigérianes – nous avons travaillé ensemble à la réduction des crises en Afrique. En effet, nos amis sont particulièrement engagés dans les missions de maintien de la paix.

Nous avons parlé de la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et de la place que pourrait y tenir, comme membre permanent, un pays aussi notable que le Nigeria, pays africain certainement parmi les plus importants. Nous avons parlé de la situation dans le delta du Niger où vous le savez il y a des possibilités d’application du projet de résolution contre la piraterie, à l’initiative de la France, qui sera bientôt voté par le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle est évidemment surtout tournée vers le golfe d’Aden mais le golfe de Guinée ainsi que d’autres parties du monde sont également concernées. Nous avons, par ailleurs, parlé des conditions de travail en commun. Le mois prochain, avant la visite du président, nous essayerons de tenir une séance de la commission franco-nigérienne, la veille pour que des progrès soient faits. Nous avons, également, parlé d’immigration et des Droits de l’Homme.

Je suis très heureux encore une fois de recevoir mon collègue, de retrouver mon ancien compagnon.

Q – Pouvez-vous un peu clarifier la situation avec le Hamas, particulièrement le niveau des contacts ?

R – Non, je ne vais pas vous parler de cela, ce n’est pas le moment. Vous avez lu qu’il y avait eu des contacts entre le Hamas et la France, ce ne sont pas des négociations mais des contacts qui ont été révélés par ce journal que vous ne manquez pas de lire évidemment avec assiduité mais comme il n’y a rien dans l’article, je ne vais pas vous en dire plus. Il s’agit de contacts et rien d’autre pour nous informer de la situation qui prévalait, d’abord sur le plan humain, humanitaire et puis surtout politique.

Q – N’y a-t-il pas une contradiction puisque c’est un groupe qui est classé comme terroriste par l’Union européenne

R – Quelle contradiction ?

Q – Que la France ait des contacts avec le Hamas en même temps que ce groupe soit classé comme terroriste.

R – Je ne voudrais pas trop vous étonner mais je pense que nous ne sommes pas les seuls à avoir des contacts de ce genre rien que pour nous informer et particulièrement dans l’Union européenne.

Q – Pourriez-vous nous apporter un éclairage sur ce nouveau message de coopération en matière de sécurité dans la région du delta du Niger ?

R – Ce n’était pas exactement la région ciblée quand nous avons commencé les discussions de cette résolution. C’était juste après un acte de piraterie contre le yacht “Le Ponant” où 13 membres d’équipage ont été pris en otage par des pirates. C’était juste après le début du mouvement français et européen concernant la protection des bateaux du Programme d’aide alimentaire (PAM), à destination des populations réfugiées de Somalie. Le PAM nous a demandé d’escorter les bateaux. Durant trois mois, la Marine française a été en charge de leur sécurité, puis les Marine danoise et allemande. Nous avons eu l’habitude de protéger, pas tous les navires, mais spécialement les navires des Nations unies.

Il était facile après cet acte de piraterie contre “le Ponant” de proposer au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution de la communauté internationale consistant à protéger tous les bateaux navigants dans le golfe d’Aden. Pour le moment, elle n’a pas encore été acceptée par le Conseil de sécurité, mais elle devrait l’être. Nous y travaillons avec nos partenaires. Par extension, nous avons demandé à nos amis nigérians – nous en parlerons avec le président lors de sa visite – qu’il soit possible d’étendre la protection des navires grâce à une flotte internationale, ou sous mandat des Nations unies, non seulement dans le golfe d’Aden mais aussi dans le golfe de Guinée. C’est l’idée et c’est ce dont nous avons parlé. Je sais qu’il y a des problèmes spécifiques parce que nos amis nigérians pensent que c’est une bonne idée dans le cadre des eaux internationales mais pas une bonne idée pour nous d’aller dans les eaux territoriales nigérianes. Nous avons des difficultés ici parce que les pays du golfe d’Aden, dont la Somalie nous demandent de poursuivre et d’arrêter les pirates même dans leurs eaux territoriales. C’est un problème légal qui doit être discuté.

Q – Deux sujets, tout d’abord les Droits de l’Homme, vous dites que vous avez évoqué les Droits de l’Homme, je me demandais ce que vous vous êtes dits exactement et quels constats vous faites sur les Droits de l’Homme au Nigeria ? Deuxièmement, la Birmanie, quel progrès avez vous fait à l’ONU vous l’évoquiez dans “le Monde” aujourd’hui et également la question du Mistral, y a-t-il des progrès là-dessus avec les autorités birmanes ?

R – Concernant la Birmanie, malheureusement, il n’y a pas de progrès pour le moment, il va y avoir une rencontre avec les pays de l’ASEAN et d’autres comme certainement la France et le Royaume-Uni. Le départ pour la région de Ban Ki-moon est prévu. Nous espérons que le cargo sera déchargé par des personnes venant des pays de l’ASEAN parce que concernant le Mistral ou les autres navires américains croisant dans la région il n’y a pas d’évolution de leur situation, ils ne peuvent pas se rendre dans les eaux territoriales birmanes. La situation est malheureusement bloquée.

Il n’y a pas de progrès réel. Il y a une réunion qui est prévue dans les jours qui viennent et le Secrétaire général de l’ONU va s’y rendre. Il partira demain. Jeudi se tiendra théoriquement la conférence avec les pays de l’ASEAN et nous espérons que ces pays seront autorisés à récupérer une partie des centaines de tonnes d’aide. Le Mistral, navire français transportant mille tonnes de matériel est bloqué devant le delta de l’Irrawaddy. Cette aide humanitaire ne sert à rien pour le moment puisque l’on ne peut acheminer ni aide, ni protection aux dizaines de milliers de personnes qui sont très menacées.

Nous espérons donc que si nous n’obtenons pas l’autorisation d’aller nous-mêmes les proposer aux victimes en perdant, hélas, beaucoup de temps – cela fait presque trois semaines que la situation est horrible – nous pourrons nous rendre utiles auprès des populations qui en ont besoin par l’intermédiaire soit des Nations unies, soit du PAM, soit des pays de l’ASEAN. Le Mistral attend avec toutes les possibilités de déchargement que ce soit des hélicoptères de faible niveau de transport ou des bateaux à fond plat qui peuvent remonter jusqu’aux îlots isolés où se trouvent les réfugiés.

Q – A quel niveau la France pourrait-elle être représentée à cette conférence ?

R – Nous n’avons pas encore décidé.

Q – Nicolas Sarkozy est en Angola vendredi prochain, je voudrais savoir qu’est ce qui justifie cette visite du président en Angola, qu’est ce qui a changé dans les relations entre le président Dos Santos et Paris ?

R – L’élection du président Sarkozy ! Il y avait un différend que vous connaissez, beaucoup de malentendus entre l’Angola, qui est un grand pays et qui potentiellement devrait avoir des relations beaucoup plus simples avec la France. Il a été décidé, après des contacts très précis, ce fut au début de la prise de fonction du président Sarkozy qu’il y aurait une visite et un an après il y a une visite. Rien ne justifie immédiatement les choses, sauf le désir de réconciliation générale avec des personnes qui entretenaient ou nous entretenions des malentendus avec eux./.


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