Posted by: APO | 7 May 2008

Situation des mères dans le monde / Plus de 200 millions d’enfants ne reçoivent pas de soins de santé de base


Situation des mères dans le monde

Selon ce rapport, plus de 200 millions d’enfants ne reçoivent pas de soins de santé de base

 

Parmi les pays en développement,

les Philippines obtiennent les meilleurs résultats, l’Éthiopie, les pires

 

L’augmentation du nombre des agents de santé est primordiale

pour réduire les disparités de chances de survie

 

WESTPORT, Connecticut, le mardi 6 mai 2008 – Plus de 200 millions d’enfants de moins de cinq ans ne reçoivent pas les soins de santé de base dont ils ont besoin et courent un risque élevé de mourir, selon le neuvième rapport annuel sur la Situation des mères dans le monde
rendu public aujourd’hui par Save the Children, organisation indépendante d’aide humanitaire internationale qui a son siège aux États-Unis et dont fait partie Aide à l’enfance Canada.

 

Le rapport comporte le premier Bulletin de notes concernant l’accès à des soins de santé de base jamais produit qui évalue la situation dans 55 pays en développement. Le bulletin classe les pays selon leur capacité à fournir des soins de santé de base aux enfants. On trouve dans ces pays près de 60 % des enfants de moins de cinq ans de la planète et 83 % de la mortalité infantile. Les soins de santé de base sont définis comme un ensemble d’interventions de survie comprenant les soins prénatals, l’aide compétente au moment de l’accouchement, la vaccination et les traitements contre la diarrhée et la pneumonie.

 

Huit des 55 pays pris en considération dans le Bulletin dispensent des soins de santé de base à au moins 60 % de leur population de moins de cinq ans. Les Philippines obtiennent la meilleure note dans ce bulletin. Dans 30 des 55 pays étudiés, moins de la moitié des jeunes enfants reçoivent des soins de santé. La situation est particulièrement dramatique en Éthiopie, qui se classe en fin de liste : plus de 80 % des enfants de moins de cinq ans n’y reçoivent pas les soins de santé utiles à leur survie.

 

Même si certains pays réussissent à dispenser des soins de santé de base à toute leur population enfantine, on constate qu’il existe des disparités dans les soins donnés aux enfants les plus pauvres et aux enfants les plus favorisés. Les Philippines obtiennent un bon classement et réussissent bien à rejoindre les enfants de moins de cinq ans, mais les plus pauvres de ces enfants risquent 3,2 fois plus souvent que les autres d’être privés de soins de santé de base.

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Le Bulletin examine aussi les taux de survie des enfants dans 52 pays selon qu’ils appartiennent aux catégories les plus pauvres ou les mieux favorisées. À l’intérieur des pays, les enfants les plus pauvres meurent en bien plus grand nombre que les enfants les plus favorisés. Dans douze des 55 pays, les enfants les plus pauvres ont au moins trois fois plus de chances de mourir que les enfants des milieux les plus aisés. C’est le cas en Azerbaïdjan, au Brésil, en Bolivie, au Cambodge, en Égypte, en Inde, en Indonésie, au Maroc, au Nigeria, en Afrique du Sud et aux Philippines. C’est au Pérou qu’on observe les disparités les plus importantes dans les taux de mortalité entre les enfants les plus pauvres et les plus favorisés. Les enfants péruviens les plus pauvres ont 7,4 fois plus de chances de mourir que les plus riches.

 

« La chance qu’a un enfant de célébrer son cinquième anniversaire ne devrait pas dépendre de son pays ou de son milieu de naissance », a déclaré Charles MacCormack, président-directeur général de Save the Children, au moment du lancement de ce rapport. « Nous devons déployer plus d’efforts pour donner accès aux enfants à des mesures de santé de base comme les vaccins, les antibiotiques et les soins postnatals de qualité. Des millions d’enfants de moins de cinq ans n’ont pas accès à ces mesures simples qu’on tient pour acquises aux États-Unis et qui peuvent faire la différence entre la vie et la mort dans les pays et les milieux pauvres. »

 

Pour réduire les disparités de chances de survie et sauver des vies, le rapport recommande de mettre en œuvre à l’échelle mondiale des moyens concertés pour former, équiper et approvisionner davantage d’agents de santé capables de donner des soins dans les milieux les plus pauvres et marginalisés. Ces agents de santé, souvent bénévoles, n’ont pas besoin de recevoir une formation poussée pour maîtriser les compétences nécessaires à l’application de ces mesures de santé de base. Les spécialistes estiment que chaque année 60 % des quelque dix millions de décès d’enfants pourraient être évités si ces enfants recevaient des services de santé de base dans un centre de santé ou par l’entremise d’un agent de santé communautaire. Le rapport met en lumière le travail de plusieurs pays, dont l’Inde, le Népal et l’Éthiopie, qui accomplissent des progrès pour sauver des vies par la mise en œuvre de programmes communautaires de soins de santé.

 

« Dans les pays en développement, les derniers pas entre la clinique de santé et le milieu de vie sont les plus difficiles à franchir », affirme M. MacCormack. « Pour sauver la majorité des jeunes vies perdues chaque année, il est nécessaire de rapprocher les soins de la maison, où la plupart des enfants tombent malades et meurent. »

 

« En investissant dans les agents de santé communautaires, nous pouvons sauver des millions d’enfants qui décèdent chaque année de causes comme la malaria qui est transmise par une simple piqûre de moustique. Les expériences sur le terrain montrent que ces programmes marchent et que des vies sont sauvées », a ajouté M. MacCormack.

                

« Quand les enfants américains ont une maladie commune, les parents les amènent chez le médecin et leur achètent des médicaments à la pharmacie », déclare Jessica Lange, nouvelle ambassadrice de Save the Children. « Mais ce n’est pas le cas pour des millions de mères dans les pays et les milieux pauvres dans le monde, où près de 10 % des enfants de moins de cinq ans meurent avant l’âge de cinq ans chaque année. »

 

« En Éthiopie, par exemple, quatre enfants sur cinq ne reçoivent pas de soins de santé de base », dit l’actrice lauréate de nombreux Oscars et mère de trois enfants qui a visité l’Éthiopie en mars dernier avec Save the Children. « La bonne nouvelle, c’est que l’Éthiopie met en place des programmes de santé communautaire sérieux pour réduire son taux de mortalité infantile. Dans des villages éloignés d’Éthiopie, j’ai rencontré des mères dont les bébés sont vivants aujourd’hui parce qu’elles ont obtenu les conseils et les médicaments dont elles avaient besoin par l’intermédiaire de ce programme. »

 

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SITUATION DES MÈRES DANS LE MONDE 2008, COMMUNIQUÉ – PAGE 3

 

 

Faits saillants du rapport :

 

  • Plus de 200 millions d’enfants de moins de cinq ans n’ont pas accès à des soins de santé de base. Parmi les 55 pays évalués dans le Bulletin, les Philippines, le Pérou, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et le Turkménistan (ex aequo), réussissent le mieux à donner des soins de santé de base aux enfants de moins de cinq ans. Les pays qui s’acquittent le plus mal de cette tâche sont la République démocratique populaire du Laos, le Yémen, le Tchad, la Somalie et l’Éthiopie.

 

Les enfants les plus pauvres ont moins de chances d’obtenir des soins de santé leur permettant d’assurer leur survie et plus de chances de mourir. Au Mali et au Niger, par exemple, les enfants les plus pauvres ont deux fois et demie moins de chance de recevoir des soins de santé de base et ont au moins trois fois plus de chances de mourir avant l’âge de cinq ans que les enfants plus favorisés dans leur pays. En Inde et en Indonésie, les enfants les plus pauvres ont au moins trois fois plus de chances de mourir avant l’âge de cinq ans que les enfants les plus favorisés dans leur pays.

 

  • La réduction des disparités d’accès aux soins de santé pourrait sauver plus de six millions d’enfants par année. Si tous les enfants, riches ou pauvres, pouvaient recevoir l’ensemble des soins de santé essentiels, plus de six millions de vies pourraient être sauvées chaque année. En Inde et au Nigeria, ces mesures pourraient réduire de près de 20 % de la mortalité infantile mondiale.

 

  • Dans les pays développés, les enfants qui ont le moins accès aux soins de santé de base et qui ont le plus de chances de mourir proviennent des milieux à faibles revenus et des groupes ethniques. Aux États-Unis, les Amérindiens et les enfants nés en Alaska ont 50 % plus de chances de mourir que les enfants blancs, et les enfants noirs américains ont 3,4 fois plus de chances de mourir que les enfants blancs.

 

En plus de mettre l’accent sur les disparités de chances de survie des enfants, le rapport présente le neuvième Classement de la situation des mères annuel (le Mother’s Index) produit par Save the Children qui compare la situation des mères et de leurs enfants dans 146 pays. La Suède vient en tête, tandis que le Niger obtient la dernière place dans ce classement. Quant aux États-Unis, ils arrivent en 27e place.

 

Recommandations :

 

Pour rejoindre davantage d’enfants de moins de cinq ans et sauver des vies, Save the Children recommande que les pays :

 

  • Élaborent des programmes de santé afin de mieux cibler les mères et les enfants les plus pauvres et marginalisés. Pour sauver des vies, il est important de rejoindre tous les enfants et de réduire les disparités qui existent entre les plus riches et les plus pauvres.

 

  • Investissent dans le recrutement d’agents de santé communautaire chargés d’aller au-devant des plus pauvres des pauvres et de leur dispenser des soins essentiels à leur survie. De nombreux enfants meurent de causes qui ne nécessitent pas l’intervention de médecins ou d’hôpitaux et pourraient être sauvés si l’on formait, équipait et employait plus d’agents de santé communautaire capables de dispenser des soins de santé de base.

 

 

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S LE MONDE 2008, COMMUNIQUÉ – PAGE 4

 

 

  • Fournissent un ensemble de soins de santé de base intégrés aux nouveau-nés, aux enfants et aux mères qui tiennent compte des conditions de vie des plus pauvres dans les pays en développement. Les moyens déployés pour sauver les vies des enfants et des mères sont plus efficaces quand ils sont utilisés de façon intégrée et font partie d’un continuum de soins assurés par les collectivités, les centres de santé locaux et les hôpitaux. Les systèmes de santé allouent souvent des ressources importantes aux soins en milieu hospitalier, mais la plupart des enfants malades dans les pays en développement n’ont même pas accès à l’hôpital.

 

Le rapport demande également aux gouvernements de réduire les disparités de chances de survie des enfants en s’engageant à donner des soins de santé de base dans les pays en développement, tout particulièrement aux enfants les plus pauvres. La participation des États-Unis à cet engagement, énoncée dans le projet de loi Global Child Survival Act (H.R. 2266 et S1418), pourrait contribuer à sauver la vie de millions de nouveau-nés, de bébés et de jeunes enfants partout dans le monde. Cette législation qui a reçu l’appui de plus de 100 membres du Congrès américain, autant de la part des Démocrates que des Républicains, est à l’étude au House Committee on Foreign Affairs. La loi est passée au Senate Committee on Foreign Relations et devrait être soumise au Sénat en vue de son approbation.

« Chaque jour qui retarde la mise en application de cette loi nous empêche de sauver 27 000 vies. Nous pouvons mieux faire », a ajouté M. MacCormack. « Nous recommandons avec insistance au Congrès de faire passer la loi afin de donner enfin à ces mères et à leurs enfants la joie de célébrer la fête des Mères. »


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