Posted by: APO | 6 May 2008

CRISE ALIMENTAIRE / L’insuffisance d’investissements dans la productivité agricole identifiée comme un des principaux facteurs de déclenchement de la crise actuelle

06/05/2008

 

 

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LES QUESTIONS RELATIVES À L’AGRICULTURE, LA SÉCHERESSE, LA DÉSERTIFICATIONET LA CRISE ALIMENTAIRE

 

L’insuffisance d’investissements dans la productivité agricole identifiée comme un des principaux facteurs de déclenchement de la crise actuelle

 

« La crise alimentaire mondiale constatée aujourd’hui est avant tout le résultat de l’insuffisance des investissements observée depuis un certain temps, et qui a causé la baisse de la productivité agricole des pays en développement.  Cette baisse a elle-même été aggravée par la dégradation des sols.  La crise n’est donc pas causée par un groupe, un pays, ou un type de culture en particulier », ont affirmé ce matin les participants à la conférence de presse organisée ce matin, au Siège des Nations Unies, sur les questions relatives à l’agriculture, la sécheresse et la désertification.

 

En présence de Mme Kathleen Abdalla et de M. Aslam Chaudhry, de la Division du développement durable du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies(DESA), et de John Pender de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, cette conférence de presse a aussi été l’occasion pour les intervenants d’aborder l’impact de la production des biocarburants ou de la spéculation sur la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires de base.

 

Les intervenants ont tous estimé qu’il était indispensable d’identifier des mesures à long terme pour pouvoir faire face aux problèmes actuels.  Ils ont noté qu’il n’y avait pas de solution à court terme à la crise actuelle, en dehors de la distribution d’une aide alimentaire d’urgence.  À cet égard, ils ont mentionné l’importance
de l’appel de 755 millions de dollars lancé récemment par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour combler les besoins mondiaux les plus urgents en matière de lutte contre la malnutrition.  Répondant à une question de la presse sur l’impact de l’aide alimentaire américaine, les intervenants ont jugé qu’elle était indispensable, mais qu’elle ne pouvait remplacer les indispensables investissements à long terme dont a besoin le secteur agricole.

 

Mme Kathleen Abdalla et M. Aslam Chaudhry ont indiqué que
la seizième session de la Commission du développement durable (CDD-16), qui s’est ouverte hier à New York réfléchira aux politiques les plus adaptées pour relever le défi qui consisterait à assurer la sécurité alimentaire et énergétique mondiale sans porter atteinte à l’environnement.  Ce défi est d’autant plus difficile à relever qu’il se pose dans le contexte de la crise alimentaire mondiale actuelle.  Mme Abdalla et M. Chaudhry ont rappelé qu’aux cotés des gouvernements, des représentants de la société civile et du secteur privé soucieux d’examiner les causes profondes de la crise alimentaire et d’identifier les obstacles qui se posent à la mise en place de solutions durables participent aux travaux de la CDD-16. 

 

Si John Peters a estimé que la demande en éthanol et autres biocarburants n’était « responsable que de 10 à 20% » de la hausse des prix des produits alimentaires, les trois autres intervenants ont estimé que c’est avant tout l’insuffisance d’investissements dans l’agriculture qui a empêché une croissance de la productivité qui aurait permis à l’agriculture mondiale de maintenir le rythme et les rendements nécessaires pour faire face à l’augmentation de la demande liée à la croissance démographique.  Les intervenants ont aussi noté que si l’attitude spéculative pouvait avoir une incidence négative, elle pouvait aussi avoir un impact positif, notamment en régulant les marchés et en offrant de nouvelles opportunités aux producteurs agricoles.  Ils ont néanmoins souligné la nécessité d’examiner en détail les conséquences que pourrait avoir une bulle spéculative dans le secteur alimentaire.  Cet examen est nécessaire pour pouvoir anticiper, dans le futur, le rôle et l’impact qu’ont les marchés sur le coût des produits alimentaires.

 

Citant la situation spécifique de l’Afrique, M. Aslam Chaudhry a indiqué que le succès de la révolution verte qu’avait connue l’Asie dans les années soixante-dix était dû à une conjonction d’apports d’engrais et de semences, rendu possible grâce à des investissements privés opérés localement.  Il a regretté qu’il n’y ait pas eu ce type d’investissements en Afrique qui reste le continent où l’on utilise le moins d’engrais.  Il a souhaité que cette crise alimentaire soit l’occasion d’une prise de conscience de la communauté internationale sur la nécessité d’investissements dans la productivité agricole des pays en développement et en particulier des pays du continent africain.


 


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