Posted by: APO | 6 May 2008

Aide alimentaire / M. Bush souhaite augmenter de 770 millions de dollars l’aide alimentaire des É.-U.

M. Bush souhaite augmenter de 770 millions de dollars l’aide alimentaire des É.-U.

 

(La réaction des États-Unis à la crise alimentaire dans le monde) (1019)

 

By Kathryn McConnell

Rédactrice

 

Washington – Le président Bush a demandé au Congrès de voter les crédits budgétaires nécessaires pour augmenter de 770 millions de dollars la dotation des programmes d’aide alimentaire et de développement agricole pour l’année budgétaire 2009 (qui commence le 1er octobre 2008).

 

Cette somme viendrait s’ajouter aux 200 millions de dollars que le gouvernement a débloqués en avril au titre de l’aide alimentaire d’urgence et ferait passer à près de 1 milliard de dollars la nouvelle aide destinée à faire face à la crise alimentaire dans les pays pauvres, a déclaré le président le 1er mai à la Maison-Blanche.

 

À la suite de l’annonce de M. Bush, un haut responsable du Bureau du budget, M. Steve McMillin, a indiqué que le gouvernement avait également demandé au Congrès de voter en faveur d’une augmentation immédiate de 350 millions de dollars de l’aide alimentaire.

 

Selon un communiqué de presse que l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a diffusé le 28 avril, cet organisme vient de remettre 40 millions de dollars au Programme alimentaire mondial (PAM) au titre de l’aide alimentaire d’urgence destinée à 10 pays : l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Éthiopie, le Kénya, Haïti, la Mauritanie, l’Ouganda, la Somalie, le Soudan et le Zimbabwé.

 

Si le Congrès vote en faveur des 770 millions de dollars, le gouvernement sera en mesure de consacrer 5 milliards de dollars pendant les années budgétaires 2008 et 2009 à la lutte contre la faim dans le monde, a dit M. Bush en ajoutant : « Nous indiquons clairement au monde entier que les États-Unis vont prendre la tête de la lutte contre la faim maintenant et dans les années à venir. »

 

Les 770 millions de dollars permettraient de satisfaire les besoins dans les pays qui se heurtent déjà à des pénuries alimentaires et dans les pays où une crise alimentaire vient de faire son apparition, a déclaré la directrice de l’USAID, Mme Henrietta Fore, le 1er mai. Ils permettraient aussi à l’USAID de financer des programmes agricoles et de croissance économique de moyenne et longue durée destinés à assurer la sécurité alimentaire. Il est urgent de faire face à la crise alimentaire qui revêt une grande ampleur dans de nombreux pays, a-t-elle souligné.

 

Pour sa part, le président du Comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche, M. Ed Lazear, a indiqué que la hausse mondiale des prix des céréales, telles que le maïs, le riz et le blé, avait déclenché des émeutes dans plusieurs pays en développement, notamment en Égypte, à Haïti, au Bangladesh et dans des pays de l’Afrique de l’Ouest.

 

Cette hausse est ressentie beaucoup plus dans les pays pauvres que dans les pays industriels, car dans ces pays près de 75 % du revenu des ménages sont consacrés à l’alimentation.

 

Selon l’USAID, les causes de la hausse rapide des prix de l’alimentation comprennent l’augmentation de la demande de vivres dans les pays en développement, l’envolée des cours du pétrole qui contribue à augmenter les coûts de la production vivrière, des phénomènes climatiques défavorables qui ont réduit les rendements agricoles et la dépréciation du dollar.

 

Pour sa part, le conseiller adjoint du président Bush pour la sécurité nationale, M. Dan Price, a fait remarquer que les biocarburants étaient essentiels à la sécurité nationale des États-Unis et que leurs effets sur les prix de l’alimentation devraient diminuer au fil des ans.

 

Le président, a-t-il dit, a demandé aux pays qui limitent leurs exportations de produits agricoles de manière à empêcher la hausse des prix dans leur territoire de lever ces restrictions. Ce faisant, ils contribueraient à « réduire les souffrances de ceux qui ne peuvent pas obtenir des vivres ». C’est ainsi que l’Ukraine a récemment décidé de lever en partie les restrictions portant sur l’exportation de céréales, décision dont le gouvernement Bush s’est félicité.

 

Par ailleurs, M. Bush a fait remarquer que l’aboutissement des négociations commerciales multilatérales dites de Doha aurait pour effet de réduire les droits de douane et d’autres obstacles au commerce ou de les supprimer et, par voie de conséquence, d’abaisser les prix des denrées alimentaires.

 

Le 22 avril, le PAM a indiqué que la hausse des prix de l’alimentation constituait la plus grande crise à laquelle il devait faire face depuis sa création il y a quarante-cinq ans. Cette crise risque, selon cet organisme, d’entraîner 100 millions de personnes de plus dans la pauvreté.

 

Le président a également exhorté tous les pays à mettre fin à leurs restrictions concernant la modification génétique de végétaux, notamment le maïs, le riz et le soja, qui peuvent ainsi résister à la sécheresse et à des maladies et donner un meilleur rendement.

 

En outre, il a demandé aux parlementaires de voter en faveur d’un texte de loi visant à autoriser l’achat dans les pays bénéficiaires de 25 % des produits destinés à l’aide alimentaire. Cette mesure, qui fait partie d’un texte de loi sur l’agriculture actuellement à l’étude au Congrès, permettrait de réduire les frais de transport et de fournir une aide plus rapidement.

 

Les États-Unis et les autres États membres du groupe des Huit (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie), a-t-il dit, aborderont la question de l’aide alimentaire et de son augmentation lors de leur prochaine réunion au sommet, qui aura lieu cette année du 7 au 9 juillet à Toyako (Japon).

 

Certains parlementaires estiment cependant que l’augmentation de l’aide alimentaire d’urgence des États-Unis n’est pas suffisante. Deux sénateurs démocrates, MM. Dick Durban (Illinois) et Bob Casey (Pennsylvanie), ont incité le gouvernement à demander 550 millions de dollars au lieu de 200 millions au titre de l’aide alimentaire d’urgence pour l’année budgétaire 2008.

 

Membre de la commission agricole du Sénat, M. Casey a déclaré que la crise alimentaire à travers le monde risquait de provoquer des émeutes et l’instabilité dans de nombreux États où les stocks alimentaires étaient insuffisants.

 

Les États-Unis sont le pays qui fournit l’aide alimentaire la plus importante, environ la moitié de l’aide alimentaire mondiale. Selon l’USAID, près de 40 % de l’aide américaine est distribuée par le PAM, et une autre part importante par des organisations non gouvernementales.


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