Posted by: APO | 21 April 2008

Tunisie / Une mission de la FIDH une nouvelle fois interdite en Tunisie

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Tunisie: renforcement d’une politique de non-dialogue!

 

Une mission de la FIDH une nouvelle fois interdite en Tunisie

Paris, le 21 avril 2008 – En l’espace de 6 mois, la FIDH se voit pour la deuxième fois notifier par les autorités tunisiennes une interdiction de mener une mission en Tunisie.

« La FIDH déplore ce nouveau refus de dialogue de la part des autorités tunisiennes. Cette interdiction n’est pas un événement isolé. Tous les 4 ans depuis 1996, la FIDH se voit déclarer personna non grata en Tunisie! La situation semble toutefois se durcir puisque déjà en novembre 2007, alors que nous préparions une mission d’enquête sur l’état des libertés en Tunisie, nous avions été « invités » à annuler celle-ci », déclare Amina Bouayach, Vice présidente de la FIDH et présidente de l’Organisation marocaine des droits humains.

Alors que Amina Bouayach et Michel Tubiana, Président d’honneur de la Ligue française des droits de l’Homme devaient se rendre à Tunis le 20 avril 2008, afin d’y rencontrer les autorités tunisiennes dans le cadre d’échanges sur la préparation des échéances électorales de l’année 2009, le ministère tunisien de l’Intérieur a informé la FIDH en date du 16 avril que « la mission de la FIDH était indésirable » et que ses chargés de missions seraient refoulés à leur arrivée à l’aéroport de Tunis.

En 1996, 2000 et 2004, Me Patrick Baudouin, Président d’honneur de la FIDH s’est vu interdire l’accès au territoire tunisien alors qu’il s’y rendait en mission pour la FIDH. Me Sidiki Kaba, aujourd’hui Président d’honneur de la FIDH, qui l’accompagnait en 1996, avait également été refoulé.

Bien qu’aucun motif n’ait été donné à cette nouvelle interdiction, tout porte à croire que la FIDH est sanctionnée pour remplir son mandat de surveillance de la situation des droits de l’Homme et soutenir ses organisations membres dans cette même démarche en leur permettant notamment, de participer à des échéances onusiennes.

Au cours des mois de mars et d’avril 2008, la FIDH et ses organisations membres en Tunisie ont participé aux sessions du Comité des droits de l’Homme des Nations unies et de l’Examen périodique universel au cours desquelles la Tunisie était examinée. Depuis lors, les défenseur(e)s des droits humains tunisiens et notamment celles et ceux ayant participé à ces échéances, sont victimes d’une violente campagne de diffamation, pratique dont la Tunisie est familière.

«Les engagements de la Tunisie en matière de promotion des droits humains n’ont aucun sens s’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche de respect, d’écoute et de dialogue avec les représentants de la société civile indépendante. Les méthodes auxquelles le gouvernement tunisien recourt ne sont pas compatibles avec celles d’un Etat de droit », conclut Michel Tubiana.

-- 


Categories

%d bloggers like this: