Posted by: APO | 18 April 2008

Europe / La politique chinoise en Afrique dans la ligne de mire des députés.

Développement et coopération

 

La politique chinoise en Afrique dans la ligne de mire des députés.

17-04-200813:12

 

Dans un rapport sur les effets de la présence croissante de la Chine en Afrique, les députés dénoncent les investissements réalisés sans condition dans des pays africains soumis à des régimes oppressifs, contribuant ainsi à perpétuer les violations des droits de l’homme. Ils attirent également l’attention sur le rôle de Pékin dans la circulation d’armes et les conditions d’exploitation des ressources naturelles.

 

Avec une croissance moyenne de 10% depuis 1990, la Chine est devenue la quatrième puissance économique mondiale. Pour répondre à ses besoins, elle a accéléré ses investissements en Afrique. Une politique qui n’est pas sans risques, selon les députés, qui craignent que la Chine exporte “certaines de ses pires pratiques nationales, notamment la corruption, des mauvaises conditions de prêt, l’absence de droits des travailleurs et de normes environnementales”.
 
Le rapport d’Ana Gomes (PSE, PT) demande que l’UE adopte une stratégie cohérente pour répondre à ces défis et l’appellent, ainsi que la Chine “à suspendre tout accord commercial dans le secteur de l’armement avec les gouvernements coupables de violations de droits de l’homme, ceux engagés dans des conflits ou ceux en passe de faire la guerre”. L’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la République démocratique du Congo, le Soudan, la Somalie, le Tchad et le Zimbabwe figurent parmi les pays concernés.
 
La Chine devrait également rendre plus transparent son régime national de contrôle des exportations d’armes, en notifiant ses exportations au registre des Nations unies sur les exportations d’armes conventionnelles, souligne le rapport.
 
De son côté, l’UE devrait maintenir son embargo sur les ventes d’armes à la Chine aussi longtemps que ce pays continuera de fournir des armes à des forces et des groupes armés qui alimentent et perpétuent des conflits et commettent des violations graves des droits de l’homme.
 
Politique d’investissement en Afrique
 
Contrairement à l’UE, qui conditionne ses investissements au respect des droits de l’homme et à la bonne gouvernance, la Chine réalise la plupart de ses investissements sans poser de conditions particulières. Ces investissements dans les pays africains soumis à des régimes oppressifs contribuent à perpétuer les violations des droits de l’homme, selon les députés.
 
L’UE devrait encourager les organismes chinois de crédits à l’exportation, y compris la Banque Exim Bank, à évaluer l’impact sur l’environnement des projets d’infrastructures qu’ils contribuent à financer comme les barrages, les routes et les mines en Afrique.
 
Le rapport demande enfin que l’UE soit le promoteur d’une politique de “transparence des revenus générés par les ressources naturelles”. Selon les députés, une clause relative à l’investissement d’un “pourcentage des bénéfices dans le développement de la communauté locale” devrait être incluse dans les conventions internationales sur l’exploration et l’extraction des ressources énergétiques.
 
Maintien de la paix et non-ingérence
 
Les députés demandent à l’UE d’encourager la Chine à continuer d’accroître sa participation aux missions de maintien de la paix de l’ONU et de l’Union africaine (UE) en Afrique, “en envoyant le cas échéant des troupes de combat”. L’UE devrait aussi demander que la Chine s’engage à assumer ses responsabilités en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, et notamment celle de “protéger” les populations civiles, soulignent-ils.
 
Le rapport met néanmoins en garde contre toute généralisation et toute simplification du rôle de la Chine en Afrique et d’adopter une “attitude ouverte et constructive”. Les députés demandent que des projets communs (UE, Chine, Afrique) de lutte contre le changement climatique et de développement des énergies renouvelables puissent être entrepris.
 
L’UE devrait par ailleurs définir une stratégie pour répondre aux défis suscités par de nouveaux donateurs en Afrique, tels que la Chine, notamment grâce à une approche coordonnée entre l’UE et ses États membres et entamer un dialogue politique avec la Chine sur les finalités des politiques de développement respectives.
 
Rôle des Parlements
 
Les députés souhaitent engager un dialogue avec le Congrès national du peuple chinois, le Parlement panafricain et les Parlements nationaux africains en vue d’encourager le développement durable et de renforcer leurs capacités de contrôle sur les exécutifs.

 

Ana Maria GOMES (PSE, PT)
A6-0080/2008


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