Posted by: APO | 8 January 2008

Letter to prime minister about government’s refusal to licence two new newspapers / Le ministère de l’Information refuse de délivrer des licences à des journalistes

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Reporters Without Borders

Press release

 

8 January 2008

 

ETHIOPIA

 

Letter to prime minister about government’s refusal to licence two new newspapers

 

Reporters Without Borders wrote to Ethiopian Prime Minister Meles Zenawi yesterday asking him to reconsider the information ministry’s refusal to approve applications made by three journalists to register two new weekly newspapers, Lualawi and Habesha.

The requests for licences were submitted in September by Serkalem Fasil, the former editor of three weeklies that are now closed (Menelik, Asqual and Satenaw), her husband Eskinder Nega, the former owner of the now dissolved Serkalem Publishing Enterprise, and Sisay Agena, the former publisher of Ethiop, another weekly that was forced to close.

“The release of journalists and government opponents in 2007 was a significant step towards national reconciliation and the healing of the wounds caused by the violent protests against the election results in November 2005,” the letter said. “With the prospect of another election in 2008, we would like to point out that, just as political pluralism is essential for democracy, so media pluralism offers everyone a platform to express themselves legally and thereby helps to safeguard public order and social peace.”

When the three journalists filed their applications, all the legal requirements had been met and the licences should have been issued within a few hours. However, a ministry employee told them their case required detailed examination and that they would get a reply by 25 October.

This deadline was not met. Instead, they were given an appointment for 1 November with the promise that the head of the licensing department, Zemedkun Tekle, would receive them in person. On 1 November, they were told the meeting had been cancelled and that they would be notified of the ministry’s decision by phone. They finally learned on 1 January that the ministry had refused their applications without any explanation.

“The government is worried about the coming elections,” Eskinder said. “The decision to throw opposition leaders and journalists in jail in 2005 set off such a wave of unpopularity that now it fears the consequences. By refusing to issue us licences, the government is trying to intimidate the opposition and voters. The aim is for the elections to take place without any strong and independent press around to comment and monitor respect for democratic procedures.”

Eskinder, Serkalem and Sisay were arrested at the end of November 2005 at the same time as many human rights and civil society activists and members of the Coalition for Unity and Democracy, the main opposition alliance, in a government crackdown on the deadly rioting that followed the disputed results of legislative elections held in May of that year.

Accused by Prime Minister Meles of “launching an insurrection,” the three journalists were charged with genocide, high treason and tyring to overthrow constitutional rule. After a year of legal proceedings, the federal high court in Addis Ababa acquitted the journalists of all charges on 9 April 2007. Serkalem had meanwhile given birth in prison in 2006.

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ETHIOPIE

 

Le ministère de l’Information refuse de délivrer des licences à des journalistes

 

Dans une lettre adressée au Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, datée du 7 janvier 2008, Reporters sans frontières lui a demandé de reconsidérer le refus, par son gouvernement, de délivrer des licences à Serkalem Fasil, ancienne rédactrice en chef des hebdomadaires privés Menelik, Asqual et Satenaw, son mari Eskinder Nega, ancien propriétaire du groupe de presse Serkalem Publishing Enterprise, et Sisay Agena, ancien directeur de publication de l’hebdomadaire privé Ethiop. Les trois journalistes avaient demandé, en septembre 2007, des licences pour créer deux nouveaux journaux.

“La libération de journalistes et d’opposants politiques, dans le courant de l’année 2007, a été une étape très appréciable vers la réconciliation nationale, a écrit l’organisation dans sa lettre. La perspective d’un nouveau scrutin en 2008 nous amène à penser que, de même que le pluralisme politique permet la démocratie, le pluralisme médiatique offre à chacun une tribune pour s’exprimer de manière légale en sauvegardant ainsi l’ordre public”.

En septembre 2007, les trois journalistes avaient déposé une requête au ministère de l’Information pour obtenir des licences de presse, en vue de lancer deux nouveaux hebdomadaires, Lualawi et Habesha. “Toutes les conditions légales étant remplies, la délivrance des licences n’aurait pas dû prendre plus de quelques heures. Cependant, lors du dépôt de leur demande, un employé du ministère leur a expliqué que leur cas nécessitait un examen approfondi et qu’une réponse leur parviendrait le 25 octobre. Cela n’a pas été le cas et un nouveau rendez-vous a été pris pour le 1er novembre, avec la promesse que M. Zemedkun Tekle, le responsable du département des licences, les recevrait en personne. Le 1er novembre, les journalistes ont été informés que le rendez-vous était annulé et que la décision finale de l’administration leur serait communiquée par téléphone. Le 1er janvier 2008, ils ont finalement appris que le ministère de l’Information refusait de leur délivrer des licences, sans autre explication”, a indiqué Reporters sans frontières.

“Les élections à venir inquiètent le gouvernement. En 2005, la décision de jeter en prison les leaders d’opposition et les journalistes a soulevé une vague d’impopularité, et il craint un retour de bâton. Ainsi, en refusant de nous délivrer les licences, il tente d’intimider l’opposition et les électeurs. Le but est que le scrutin se déroule en l’absence d’une presse forte et indépendante qui régule la parole et surveille la bonne observation des processus démocratiques”, a expliqué Eskinder Nega.

Arrêtés les 27 et 29 novembre 2005 dans la foulée des émeutes meurtrières qui avaient suivi les résultats des élections législatives du 15 mai 2005, en compagnie des leaders et cadres de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD, principale formation de l’opposition), de militants des droits de l’homme et de responsables d’associations, accusés par le Premier ministre Meles Zenawi d’avoir « lancé une insurrection », Serkalem Fasil, son mari Eskinder Nega et Sisay Anega, avaient été inculpés de “génocide”, “haute trahison” et tentative de “renversement de l’ordre constitutionnel”.

Le 9 avril 2007, après un an de procès, la Haute Cour fédérale d’Addis-Abéba avait acquitté les trois journalistes de tous les chefs d’accusation retenus contre eux. En 2006, Serkalem Fasil et Eskinder Nega avaient eu un enfant en prison.


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