Posted by: APO | 14 November 2007

CONFÉRENCE DE PRESSE DE JOAQUIM CHISSANO, ENVOYÉ SPÉCIAL POUR LES ZONES TOUCHÉES PAR L’ARMÉE DE RÉSISTANCE DU SEIGNEUR

13/11/2007

 

CONFÉRENCE DE PRESSE DE JOAQUIM CHISSANO, ENVOYÉ SPÉCIAL POUR LES ZONES TOUCHÉES PAR L’ARMÉE DE RÉSISTANCE DU SEIGNEUR

 

L’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour les zones touchées par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), M. Joaquim Chissano, a déclaré aujourd’hui, lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York, que des procédures légales locales alternatives à la Cour pénale internationale pourraient être une solution pour apporter la paix et la réconciliation en Ouganda.

 

« La LRA préférerait ne pas avoir à passer devant la Cour pénale internationale mais pourrait accepter des formes culturelles de justice dont les procédures se terminent généralement par une sorte de pardon acceptée par les victimes », a expliqué M. Chissano, lors de cette conférence de presse.  Le chef de la LRA, M. Joseph Kony, et d’autres responsables de ce mouvement font l’objet d’inculpations par la Cour pénale internationale (CPI) et demandent que ces inculpations soient levées.

 

Ancien Président du Mozambique, M. Chissano a été nommé l’an dernier Envoyé spécial pour les zones touchées par la LRA, qui comprennent le nord de l’Ouganda, le sud du Soudan et le nord-est de la République démocratique du Congo.  Il a rappelé qu’au moment où il avait pris ses fonctions au début de cette année les pourparlers de paix entre le Gouvernement de l’Ouganda et la LRA étaient suspendus en raison du retrait de la LRA de la table des négociations.  Sa première mission a été de ramener la LRA à cette table des négociations, ce qui a été fait à la mi-mars.  Depuis, les rebelles et le Gouvernement ougandais se sont mis d’accord sur la prolongation de la cessation des hostilités et sur un accord de principe sur « la responsabilité et la réconciliation » concernant les crimes de guerre.

 

« Les deux parties doivent encore discuter des modalités d’application de ces accords, et elles ont prévu de consulter les populations locales », a précisé M. Chissano.  Il a souligné que le Gouvernement ougandais et la LRA allaient examiner la demande d’une justice alternative à la Cour pénale internationale. « C’est une question compliquée, délicate, mais pas impossible à prendre en considération », a-t-il dit.  « Certains vont percevoir cela comme une absence de châtiment et dire qu’une culture d’impunité est instaurée », a-t-il ajouté.  Mais, a indiqué M. Chissano, « la LRA ne laissera pas ses chefs être arrêtés ».  En revanche, les chefs de la LRA « sont prêts à une forme de châtiment qui soit acceptable selon leurs traditions », a-t-il dit.  « Il est encore trop tôt pour s’exprimer sur cette question dont la considération dépendra des résultats des pourparlers », a déclaré M. Chissano.

 

« Il faudra faire le point, et il sera alors temps de faire un compte rendu au Conseil de sécurité », a-t-il dit.  Ce sera alors au Gouvernement de l’Ouganda de proposer éventuellement de suspendre les inculpations de la Cour pénale internationale et d’expliquer que « la meilleure solution est de trouver une option alternative à la Cour », a-t-il déclaré.  « L’essentiel pour l’Ouganda, est la sécurité du pays; elle vient avant la condamnation de Joseph Kony, le chef de la LRA », a dit M. Chissano.  « L’objectif est de parvenir à instaurer une paix permanente et de se prémunir contre les causes qui ont entraîné des conflits en Ouganda de manière répétée. Il s’agit d’amener la réconciliation et de construire l’unité nationale », a-t-il plaidé.

 

Concernant les informations dont la presse s’est récemment fait l’écho, concernant l’éventuel assassinat d’un commandant de la LRA, M. Vincent Otti, M. Chissano a dit qu’il avait entendu des « rumeurs » relatives à cette mort.  « Il n’y a pas moyen de les vérifier rapidement, même si le caractère insistant de ces rumeurs peut faire penser qu’elles sont fondées », a-t-il déclaré.  Il a ajouté qu’il ne pensait pas que cette mort aurait un impact important sur les pourparlers de paix.  « Mais cela pourrait affaiblir la LRA », a-t-il estimé.  Interrogé sur une éventuelle responsabilité du chef de la LRA, Joseph Kony, dans cette mort, M. Chissano a répondu qu’il ne savait pas ce que M. Kony pouvait avoir fait.


 


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