Posted by: APO | 13 November 2007

UNHCR Tchad/Soudan & Somalie & RDC & réfugiés mauritaniens

** High Priority **

 

1 * le Haut Commissaire adjoint au Tchad

 

Le Haut Commissaire adjoint, L. Craig Johnstone est rentré cette nuit d’une mission de trois jours et demi au Tchad, qui s’est déroulée en grande partie dans l’est du pays où l’UNHCR opère dans une douzaine de camps de réfugiés pour quelques 240 000 soudanais déracinés origine de la région dévastée du Darfour. Mr. Johnstone s’est rendu dans plusieurs camps pour les réfugiés dans l’est du pays, ainsi que pour les quelque 180 000 tchadiens déplacés par le conflit dans leur propre pays.

 

Il est arrive à Abéché dans l’est du Tchad, samedi après une visite de 4 jours au Soudan, notamment dans la région du Darfour. Samedi, il a visité l’orphelinat d’Abéché où sont hébergés les 103 enfants qui ont fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. Mr. Johnstone a expliqué qu’il était urgent que les enfants retrouvent leurs familles dès que possible. Bien qu’ils soient bien pris en charge, il est évident que leurs familles manquent aux enfants et ils ont besoin de rentrer rapidement pour éviter tout nouveau traumatisme.

 

Mr. Johnstone a rencontré les 82 jeunes garçons, y compris un petit bébé d’un an, ainsi que les 21 fillettes. Les enfant sont âgés entre un et 10 ans et la majorité d’entre eux a entre trois et cinq ans. Ils ont été pris en charge par Action Sociale * une organisation tchadienne * et par l’UNHCR, la Croix Rouge tchadienne, l’UNICEF et une équipe de volontaires locaux.

 

Certains parents venus réclamés leurs enfants, ont affirmé qu’ils n’avaient jamais dit que leurs enfants pouvaient être emmenés en France par l’ONG Children Rescue/Arche de Zoé, ils sont arrivés à Abéché depuis certaines villes situées le long de la frontière avec le Soudan et désespèrent de retrouver leurs enfants.

 

Mr. Johnstone a dit qu’il reconnaissait que le processus de recherche des familles légitimes devait être très minutieux et qu’il prendrait du temps, mais qu’une fois les parents et les familles identifiées, la réunion serait alors rapide dans le meilleur intérêt des jeunes enfants. Les autorités tchadiennes discutent toujours de savoir comment se fera la reunion des familles.

 

Mr Johnstone a également rencontré le Gouverneur de la région d’Ouaddai dans l’est du Tchad, le Général Touka Ramadan, qui lui a exposé la colère de la population locale face à cette tentative d’enlèvement. Le gouverneur a également souligné que le travail actuel des organisations humanitaires qui viennent en aide à 240 000 réfugiés dans l’est du pays et 180 000 Tchadiens déplacés par le conflit était vital et que les leaders traditionnels, religieux et communautaires avaient parlé avec les populations locale pour les apaiser, car elles étaient vraiment très remontées.

 

Dimanche, Mr. Johnstone s’est rendu dans le sud vers Goz Beida pour voir les opérations de l’UNHCR dans la région où se trouve une importante concentration de réfugiés originaires du Darfour qui vivent aux côtés des tchadiens déplacés par un conflit inter-ethnique violent. Ils représentent quelque 90 000 personnes déplacées dans la région qui ont besoin d’assistance aux côtés des 35 000 réfugiés.

 

Hier (lundi), Mr Johnstone s’est rendu dans la région nord de Bahai, où il a visité le camp de réfugiés le plus au nord du Tchad, Oure Cassoni, près de la frontière avec le Soudan. Quelques 28 000 réfugiés sont accueillis à Oure Cassoni.

 

Il est arrive à N’Djamena, la capitale tchadienne, la nuit dernière et a une réunion aujourd’hui avec plusieurs officiels gouvernementaux, les partenaires des Nations Unies, les membres du corps diplomatique et le personnel de l’UNHCR avant de rentrer à Genève.

 

Rappel : conférence de presse du Haut-Comissaire adjoint à N’Djamena à 18h00 (heure locale) pour plus d’information sur ce sujet : Annette Rehrl +235 638 51 95

 

 

2- L’UNHCR fait face à l’exode des populations de Mogadiscio

 

L’UNHCR envoie davantage de biens de secours aux milliers de Somaliens déplacés alors que l’exode depuis Mogadiscio se poursuit vers les régions alentour au milieu des combats entre les troupes éthiopiennes et les insurgés dans une capitale déchirée.

 

Au cours des deux dernières semaines, on estime à 173 000 le nombre de personnes déplacées internes qui ont fui depuis Mogadiscio * près de 90 000 d’entre elles vers la ville proche d’Afgooye, à quelque 30 kilomètres à l’ouest. 33 000 autres personnes ont été déplacées dans différents lieux autour de Mogadiscio, alors que d’autres milliers encore se sont rendus vers d’autres lieux dans le Bas-Shabelle. Ce matin, le personnel a rapporté que des camions privés continuaient toujours à évacuer des familles de Mogadiscio vers Afgooye, qui est déjà totalement sous pression avec plus de 150 000 déplacés internes qui ont déjà fui vers cette ville depuis le début de l’année.

    

Hier, l’UNHCR a vidé ses entrepôts de Mogadiscio des derniers stocks de matériels d’assistance restant * suffisant pour environ 2 500 familles * et les a envoyés par camion vers la région d’Afgooye pour une distribution prévue demain. Les chauffeurs, cependant, se plaignent de difficultés aux points de contrôle, où les soldats demandent à être payés plus de 300 dollars avant de laisser passer l’aide.

 

La distribution prévue demain, en coordination avec différentes ONG qui essaient de fournir d’autres formes d’aide, se concentrera sur Lafoole près d’Afgooye, où il y a 15 installations abritant des milliers de personnes déplacées internes. Des ONG partenaires aujourd’hui étaient présentes dans les installations pour fournir des jetons aux chefs de famille qui les échangeront ensuite demain contre du matériel d’assistance.

 

Les besoins dans la région d’Afgooye demeurent immenses, cependant. Des personnes ne peuvent plus trouver d’espace pour leur hébergement autour de la ville elle-même. Beaucoup de familles vivent tout simplement sous des arbres. Bien que plusieurs ONG transportent de l’eau par camion sur les sites, cela n’est pas suffisant pour faire face à la demande. Il y a de longues files d’attente autour des camions d’eau et certains déplacés internes rapportent qu’ils ont dû attendre ainsi pendant plus de 6 heures pour 20 litres d’eau.

 

La semaine dernière, une équipe inter-agence des Nations Unies qui s’est rendue à Afgooye, a trouvé des milliers de Somaliens nouvellement déplacés vivant dans des conditions extrêmement difficiles. 15 nouvelles installations ont poussé comme des champignons le long de la route entre Mogadiscio et Afgooye, portant à 60 le nombre total de camps spontanés le long de la route.

 

Dans Mogadiscio même, les troupes éthiopiennes continuent à combattre les insurgés et leurs armes, principalement dans et autour du marché de Bakara – le principal lieu de commerce de Mogadiscio. Hier, les recherches maison par maison et les patrouilles dans les rues pour déloger les insurgés se sont étendues à 6 des 16 districts de la ville, prenant au piège les civils dans certaines zones. Toutes les routes menant à des districts tels que Hawlwadaag, Hodon et Wardigle et le marché de Bakara dans le sud de Mogadiscio étaient bloquées par les troupes éthiopiennes. D’autres zones telles que Dayniile, Yakhshiid et Huriwaa vers le nord sont également touches, limitant les déplacements des civils. Les habitants dans certaines parties de la ville ont affirmé que les soldats étaient postés sur les toits.

 

Une femme prise au piège dans sa propre maison dans le district d’Hodon a expliqué par téléphone qu’il y avait des soldats à l’extérieur de sa maison. Elle a dit qu’elle-même et ses enfants avaient reçu l’ordre de rester à l’intérieur bien qu’ils n’aient plus rien à manger, plus d’eau et plus d’électricité. Les soldats lui ont dit que toute personne qui se déplacerait pendant leurs recherches serait abattue à vue. Dans d’autres parties de la ville, ceux qui ont pu quitter leurs maisons ont fui à pieds ou en utilisant des carrioles tirées par des ânes ou des brouettes. Il y avait peu de trafic automobile à cause de la fermeture de beaucoup des principales routes menant dans ou hors de la ville.

 

Ce matin, des rapports ont fait été que certaines parties du marché de Bakara ont été rouvertes, mais les routes menant vers le marché et venant de ce quartier sont toujours coupées.

 

Le nombre total de personnes déplacées internes en Somalie a atteint 850 000. Ce chiffre comprend quelque 450 000 personnes déplacées par les combats à Mogadiscio depuis février 2007.

 

 

3 – Des milliers de personnes fuient les combats qui ont éclaté autour des camps dans l’est du Congo

 

GOMA, République démocratique du Congo – Des dizaines de milliers de Congolais déracinés qui se trouvaient dans cinq grands camps de déplacés ont été contraints de fuir à nouveau mardi, suite aux derniers affrontements entre les forces gouvernementales et des troupes soupçonnées d’être rebelles, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

 

Bien que les camps situés près de la ville de Goma n’aient, semble-t-il, pas été directement pris pour cible, la panique s’est rapidement répandue parmi les déplacés, a indiqué le personnel de l’UNHCR.

 

« Il y a une attaque et nous devons partir », a déclaré un déplacé interne congolais apeuré à un conseiller de l’UNHCR pour la sécurité sur le terrain dans cette zone.

 

Au moins 28 000 déplacés internes sur les 38 000 abrités dans les sites de Mugunga I, Mugunga II et Lac Vert sont partis, après les échauffourées survenues mardi à l’aube, dans les collines avoisinant les camps. On pouvait encore entendre des coups de feu et des tirs de mortier sporadiques dans le secteur mardi matin. De plus, des estimations font état de quelque 2 000 personnes ayant fui Bulengo, un site de déplacés internes accueillant environ 10 000 personnes.

 

La situation est dramatique et critique; des dizaines de milliers de déplacés internes issus des camps, auxquels se mêle la population locale qui fuit également les combats, s’entassent sur les routes en direction de Goma, sous des pluies torrentielles. Certaines personnes sont en train d’arriver à Buhimba, un site de déplacés internes situé près de Goma, que l’UNHCR a mis sur pied début octobre.

 

« La principale route vers Sake était couverte de monde ; nous pouvions difficilement circuler », a indiqué Pierre Nazroo, conseiller de l’UNHCR pour la sécurité sur le terrain. « Les personnes déplacées internes vont de site en site, en direction de Goma. »

 

Selon les rares informations reçues pour le moment, les déplacés auraient pris avec eux leurs biens et une partie de l’aide reçue dans les camps. Quelques-uns des sites auraient été pillés après le départ des déplacés. Des bâches en plastique, distribuées par l’UNHCR la semaine dernière, couvrent encore un petit nombre de huttes de fortune dans les camps.

 

Les équipes de l’UNHCR, conjointement avec d’autres agences des Nations Unies, essaient maintenant d’évaluer la nouvelle situation et les besoins immédiats, notamment en abri, en nourriture et en matière de protection.

 

Les combats incessants dans la province du Nord-Kivu entre les forces gouvernementales, les troupes renégates et les rebelles, depuis décembre 2006, ont mené à la pire crise de déplacement interne dans la région depuis la fin de la guerre civile en 2004. Quelque 375 000 Congolais ont été contraints de fuir leurs maisons dans la province depuis fin décembre, dont plus de 160 000 personnes au cours des deux derniers mois.

 

L’UNHCR presse toutes les parties de s’abstenir d’attaquer les personnes déplacées internes et les civils et de trouver une solution négociée pour mettre fin aux violences incessantes qui continuent d’affecter le Nord-Kivu et sa population.

 

Devant les désaccords interethniques grandissants et le renforcement continu des forces militaires, l’UNHCR demeure très préoccupé par les risques d’abus sérieux en matière de droits de l’homme et de violences à l’encontre des populations civiles.

 

 

 

4 * Accord tripartite sur le retour des réfugiés mauritaniens

 

Les gouvernements de Mauritanie et du Sénégal, ensemble avec l’UNHCR ont signé à Nouakchott lundi après-midi un accord tripartite préparant ainsi le retour de quelques 24 000 réfugiés mauritaniens. La cérémonie de signature a également été suivie par une délégation de réfugiés mauritaniens du Sénégal.

 

Nous saluons la signature de ce document qui fixe un cadre légal pour le rapatriement et la réintégration volontaires des mauritaniens réfugiés qui avaient fui leur pays dans les années 80. Ce retour permettre de résoudre l’une des plus longues situations de réfugiés en Afrique et représente la seule solution durable pour le déplacement au Proche Orient et dans la région d’Afrique du Nord actuellement.

 

La décision du gouvernement mauritanien de permettre aux réfugiés de rentrer chez eux a coïncidé cette année avec les célébrations de la Journée mondiale du réfugié, le 20 juin.

 

Les réfugiés originaires de Mauritanie ont passé prés de deux décennies en exil, principalement au Sénégal et Mali. En avril 1989, un conflit frontalier de longue durée a éclaté entre la Mauritanie et le Sénégal dégénérant en violence ethnique. Quelque 60 000 Mauritaniens ont fui vers le Sénégal et le Mali. La plupart d’entre eux se sont installés dans des centaines de villages le long de la vallée de la rivière Sénégal. Dans le même temps, des citoyens mauritaniens étaient expulsés vers la Mauritanie.

 

L’UNHCR a fourni une assistance aux réfugiés mauritaniens dans le nord du Sénégal depuis 1995 et a facilité la réintégration de quelque 35 000 personnes rentrées spontanément en Mauritanie de 1996 à 1998. La plupart de réfugiés restant au Sénégal vivent dans les zones rurales où ils se sont vus accorder un droit d’accès à la terre et aux services publics.

 

Dans le cadre du travail préparatoire pendant le mois d’août et septembre, l’UNHCR avec les autorités congolaises a mené une enquête parmi les réfugiés mauritaniens. Les premiers résultats montrent que 24 000 réfugiés mauritaniens vivant dans 250 lieux différents le long des 600 kilomètres de la vallée de la rivière Sénégal, souhaitent rentrer chez eux sur la rive opposée.

 

Dans le même temps, dans le cadre des efforts pour optimiser l’utilisation des ressources pour l’opération, nous avons redéployé beaucoup de matériels, principalement des véhicules et des matériels de secours, depuis d’autres programmes actuellement en phase d’achèvement en Afrique de l’Ouest.

 

Si le temps et l’état des routes le permettent, le premier convoi de rapatriement volontaire est prévu pour début décembre. Une fois lancée, l’opération est prévue pour durer 17 mois. Nous estimons que d’ici la fin de l’année, quelque 2000 réfugiés mauritaniens auront pu rentrer chez eux.

 

L’UNHCR organisera le rapatriement volontaire des réfugiés mauritaniens en fournissant un transport sécurisé et une première assistance à la réintégration une fois itinéraires de rapatriement est l’un des principaux défis de l’opération. Beaucoup de réfugiés au Sénégal vivent le long de la rivière Sénégal séparant les deux pays. Ils seront transportés avec leurs biens vers leur région d’origine en traversant la rivière vers la Mauritanie. Le transport jusqu’à destination finale vers leurs régions d’origine, nécessitera des véhicules tout terrain.

 

Nous espérons que la signature de l’accord tripartite encouragera les donateurs à répondre à l’appel pour sept millions de dollars lancé par l’UNHCR en août. Jusqu’à présent, nous avons reçu seulement 1,5 millions, ce qui couvrira seulement les besoins jusqu’à la fin de l’année.


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