Posted by: APO | 11 November 2007

Stratégie de l’UE pour l’Afrique : pour une dimension parlementaire plus forte

Stratégie de l’UE pour l’Afrique : pour une dimension parlementaire plus forte

18-10-200712:10

 

La stratégie de l’UE envers l’Afrique doit impliquer davantage les parlements européen et panafricain, selon un rapport d’initiative à l’ordre du jour de cette plénière. Le rapport fixe les priorités de cette stratégie qui doit être approuvée lors du deuxième Sommet UE-Afrique qui se tiendra à Lisbonne en décembre.

 

Le rapport de Maria Martens (PPE-DE, NL) a été adopté à l’unanimité au sein de la commission du Développement du PE. Les députés “déplorent que la stratégie 2005 de l’UE pour l’Afrique ait été adoptée sans que les institutions de l’Union africaine et les gouvernements et parlements africains aient fait l’objet d’une consultation approfondie et sans que les sociétés civiles européenne et africaine et les autorités locales aient été associées“. Ils souhaitent une coopération accrue entre le Parlement européen, le Parlement panafricain (PAP) et les parlements régionaux africains.
 
Réunion parlementaire à Lisbonne
 
C’est dans cet esprit qu’une délégation composée de 25 députés européens, membres pour la plupart de la commission du Développement, rencontreront un nombre équivalent de représentants du Parlement panafricain à Lisbonne le 7 décembre, où ils devraient adopter une déclaration commune. Le Président du PE, Hans-Gert Pöttering et la Présidente du Parlement panafricain, Gertrude Mongella, seront invités à s’exprimer devant les chefs d’Etat et de gouvernement le 8 décembre.
 
Le rapport de la commission de développement du PE fixe quatre domaine d’actions prioritaires pour la stratégie de l’UE envers l’Afrique : la paix et la sécurité; la gouvernance, y compris les droits de l’homme et  l’Etat de droit; la croissance économique, le commerce et l’intégration régionale; et le développement socio-économique de la population africaine.
 
Contrôle des armes
 
S’agissant de la paix et de la sécurité, le rapport met l’accent sur la nécessité d’une plus grande cohérence des politiques de l’UE, “en mettant à exécution ses engagements de contrôler le commerce des armes et aussi en transformant le code de conduite européen sur les exportations d’armes en une position commune, juridiquement contraignante, au titre de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC)“.
 
Gouvernance
 
Le renforcement de la gouvernance dans les pays africains est une priorité“, souligne le rapport qui “invite à renforcer des initiatives africaines existantes, telles que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), (…) entreprise  la plus sérieuse faite par les responsables africains pour améliorer la gouvernance sur le continent“. Les députés se félicitent également du lancement, en septembre 2007, du dialogue Union européenne – Union africaine sur les droits de l’homme.
 
Les parlementaires estiment également que la stratégie commune devrait comporter des dispositions pour lutter contre l’impunité. Ils recommandent donc que les systèmes juridiques et judiciaires des pays africains soient renforcés conformément aux exigences en matière de droits de l’homme, afin que les auteurs de crimes contre l’humanité puissent être jugés en Afrique.
 
Accords de partenariats économiques
 
Les députés reconnaissent que les Accords de partenariat économique (APE) peuvent “devenir un outil essentiel du commerce et de l’intégration régionale en Afrique, mais seulement à condition qu’ils soient favorables au développement“.  Ils demandent notamment que soient prévues, si nécessaire, des exemptions et de longues périodes de transition pour que les producteurs et les industries locales puissent s’adapter aux évolutions du marché.
 
Développement socio-économique de la population
 
63% de toutes les personnes au monde atteintes du virus VIH vivent en Afrique, le rapport souligne par conséquent que la stratégie conjointe “devrait inclure l’accès universel en Afrique aux services de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme”.
 
De plus, l’Afrique sera le continent qui souffrira le plus des conséquences du changement climatique et le rapport invite les différents acteurs politiques et économiques à reconnaître leurs responsabilités dans le changement climatique et à “élaborer une stratégie de développement respectueuse de l’environnement“.
 
Enfin, la stratégie commune doit s’attaquer aux causes profondes de la migration, selon le rapport. Elle doit donc accorder une attention particulière aux droits et à l’intégration des immigrés ainsi qu’au problème de la fuite des cerveaux, particulièrement dans le secteur de la santé, en proposant des solutions pratiques pour des “migrations circulaires” réussies. 
 

 

Maria MARTENS (PPE-DE, NL)
A6-0375/2007


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