Posted by: APO | 5 October 2007

ANGOLA

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Reporters sans frontières

Communiqué de presse

 

5 octobre 2007

 

ANGOLA

 

Un journaliste écope de huit mois de prison pour “offense à l’honneur d’un ancien ministre”

 
 

Reporters sans frontières est effarée par la peine de huit mois de prison ferme et de 250 000 dollars d’amende prononcée mercredi 3 octobre à l’encontre de Felisberto da Grâça Campos, journaliste et éditeur de l’hebdomadaire angolais Semanario Angolense, par le tribunal de première instance de Luanda.

 
 

“Le caractère disproportioné de la peine est un premier motif d’inquiétude. Mais le fait qu’en Angola, un journaliste soit condamné à une peine de prison ferme accentue notre préoccupation. Le pays s’était illustré ces dernières années par l’absence d’incarcération de journalistes pour des délits de presse. Cette période semble malheureusement terminée puisque nous devons rappeler aux autorités angolaises que, dans des cas comme celui-ci, la prison n’est absolument pas une réponse”, a déclaré l’organisation.

 
 

Accusé des crimes de “diffamation, d’injures, de calomnies et d’atteintes aux droits de la personnalité”, Grâça Campos répondait devant la 4e Chambre des crimes de droit commun à une plainte déposée en 2004 par l’ancien ministre et actuel auditeur de justice, Paulo Tchipilica. Celui-ci s’estimait lésé par la publication, en avril 2001 et mars 2004, d’articles relatifs à un hypothétique trafic d’influence.

 
 

Intitulé “S’il (le ministre) n’est pas stoppé, il vendra tout le pays”, un article dénonçait la vague de restitutions aux anciens colons rentrés au pays des maisons qui, à la suite de leur fuite au moment de l’Indépendance en 1975, furent nationalisées puis vendues. L’article émettait des soupçons quant à la responsabilité du ministre dans cette affaire, en même temps qu’il faisait écho aux plaintes des fonctionnaires du même ministère sur le détournement présumé de fonds de leur caisse d’assistance sociale.

 
 

“La session de ce jour se borne à la lecture de la sentence, car le jugement a eu lieu par défaut le 25 septembre dernier suite à l’absence injustifiée de l’accusé”, a expliqué le juge Pedro Viana. L’avocat du journaliste, Me Paulo Rangel, a “interjeté appel avec effet de suspension et recommencement du procès”. Le juge a admis le recours, mais “à effet dévolutif”, ce qui signifie que Grâça Campos devait être conduit en prison pour purger sa peine jusqu’au traitement de l’appel.

 
 

Grâça Campos a contesté cette sentence. “Je n’ai pas joui du droit de contredire la plainte ni de justifier l’allégation sur mon absence”, a-t-il déclaré à la presse. Il a ajouté que les circonstances aggravantes mentionnées dans le verdict, comme sa prétendue condamnation dans la province de Kwanza-Norte, étaient fausses pour la plupart.

 
 

Directeur général de l’hebdomadaire Semanario Angolense, Grâça Campos a déjà provoqué une vive polémique en 2003. En publiant la liste des “dix premiers richards de l’Angola”, il a ébranlé la sphère politique, dont plusieurs membres se sont vu reprocher leur fortune. Plusieurs procès ont été intentés contre lui, mais sur la base de la loi sur la presse en vigueur, les juges se sont prononcés en faveur du journaliste. Cependant, la loi a été amendée en 2006, accentuant la répression contre les délits de presse. 

 

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ANGOLA

 

A journalist jailed for eight months for “damaging former minister’s reputation” 

 
 

Reporters Without Borders today expressed shock as a criminal court in Luanda jailed journalist and editor Felisberto da Grâça Campos for eight months and fined him 250,000 dollars for allegedly insulting a former minister.

 

The editor of the weekly, Semanario Angolense, was accused on 3 October of “defamation, insults, denigration and damaging his rights as a prominent person” of former minister and current legal auditor, Paulo Tchipilica.

 

The ex-minister laid a complaint in 2004 after publication in April 2001 and March 2004 of articles relating to alleged trafficking of influence.

 

“The main reason for our concern is the disproportionate nature of the sentence,” the worldwide press freedom organisation said. “But the fact that a journalist can be sent to jail in Angola only increases our concern.”

 

“The country has distinguished itself in recent years by desisting from jailing journalists for press offences. This period unfortunately now seems to be over because we now have to remind the Angolan authorities that prison is absolutely not the solution in cases such as these.”

 

The article, headlined, “If the minister is not stopped, he will sell the entire country”, exposed a wave of restitution of houses to returning former settlers who had fled at Independence in 1975 and whose houses were then nationalised and sold.

 

The article expressed suspicions about the minister’s role in the case, at the same time as relaying complaints from officials that the same minister was allegedly defrauding their social fund.

 

“The day’s hearing is confined to pronouncing sentence, because the verdict was given on 25 September following the unjustified absence of the defendant,” the judge, Pedro Viana, explained.

 

The journalist’s lawyer, Paulo Rangel, lodged an appeal for the sentence to be suspended and for a re-trial. The judge allowed the right to appeal but in such a way that Grâça Campos still had to go to prison to serve his sentence, pending the hearing of the appeal.

 

The journalist contested this, telling the press, “I have not been allowed the right to deny the complaint nor to explain the allegation about my absence.” He added that aggravated circumstances referred to in the verdict, such as an alleged conviction in Kwanza-Norte province, were mostly false.

 

The editor had already caused fierce controversy in 2003 when he published a list of “Angola’s ten richest people” shaking up the political world in which several people found themselves facing accusations in connection with their fortunes.


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