Posted by: APO | 31 August 2007

Mauritanie / République démocratique du Congo

1 – Mauritanie – Appel de 7 millions de dollars en faveur du retour des réfugiés mauritaniens

 

L’UNHCR lance aujourd’hui un appel de 7 millions de dollars pour financer le rapatriement volontaire de 24 000 réfugiés mauritaniens depuis le Sénégal et le Mali – un retour qui aidera à résoudre une des situations de réfugiés les plus prolongées au monde. Certains des réfugiés ont passé plus de vingt ans en exil. Il est prévu que l’opération de rapatriement, qui devra faire face à des difficultés logistiques considérables, commence en octobre cette année et dure 17 mois.

 

La décision d’inviter les réfugiés à rentrer chez eux a été annoncée par la Mauritanie à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, le 20 juin dernier.

 

Informations complémentaires : En avril 1989, une dispute de longue date entre la Mauritanie et le Sénégal sur leurs frontières a dégénéré en violences ethniques. Quelque 60 000 Mauritaniens ont fui vers le Sénégal et le Mali, dont la plupart se sont installés dans des centaines de villages dans la vallée du fleuve Sénégal. De nombreux citoyens mauritaniens ont été expulsés du Sénégal vers la Mauritanie.

 

L’UNHCR a fourni une assistance aux réfugiés mauritaniens au nord du Sénégal jusqu’en 1995, et, entre 1996 et 1998, a facilité la réintégration de 35 000 rapatriés qui avaient décidé de regagner leurs foyers en Mauritanie par leurs propres moyens. La plupart des réfugiés restés au Sénégal vivent dans des zones rurales, où on leur a donné l’accès à la terre et aux services publiques. Beaucoup d’entre eux sont devenus assez autonomes.

 

Le Gouvernement mauritanien, récemment élu en mars 2007, a établi avec l’assistance de l’UNHCR des priorités pour les retours et la réintégration de ses ressortissants en exil. Selon les premiers résultats d’une récente enquête que nous avons menée conjointement avec les autorités sénégalaises, près de 24 000 réfugiés mauritaniens vivant dans plus de 250 emplacements différents au Sénégal souhaitent rentrer dans quelque 50 communautés, dans quatre régions de la Mauritanie. De plus, il y a quelques centaines de réfugiés mauritaniens au Mali, certains desquels ont exprimé le souhait de rentrer chez eux. Les négociations de l’accord tripartite entre les gouvernements mauritaniens et sénégalais et l’UNHCR, qui définissent le cadre juridique pour les retours, sont à leur stade final.

 

L’UNHCR va aider les réfugiés mauritaniens à rentrer chez eux en organisant un transport dans des conditions de sécurité et en fournissant une assistance initiale à la réintégration dans leurs villages d’origine.

 

Dans cette opération de retour, plusieurs difficultés logistiques sont à surmonter, en particulier l’absence de routes adéquates en Mauritanie, le long des routes de rapatriement. En un premier temps, la plupart des réfugiés qui se trouvent au Sénégal et vivent le long du fleuve Sénégal (600 kilomètres) traverseront le fleuve avec leurs biens en direction de la Mauritanie. Ensuite, des véhicules tout-terrain seront nécessaires pour transporter les réfugiés vers leurs régions d’origine, qui pour la plupart se trouvent à une distance considérable des routes principales. L’opération a été attentivement planifiée afin d’éviter la saison des pluies et les difficultés de transport que cela comporte.

 

Le Gouvernement mauritanien garantira aux rapatriés les mêmes droits et l’accès aux mêmes services que les autres ressortissants mauritaniens. Cela comprend l’accès à la documentation et la participation aux activités socio-économiques.

 

Nous prévoyons de rapatrier jusqu’à 7 000 réfugiés d’ici la fin de l’année, à cause de la capacité d’absorption limitée des zones de retour et des infrastructures insuffisantes. D’autres réfugiés rentreront au cours de l’année 2008. Le programme de rapatriement tâchera aussi d’améliorer l’infrastructure et les services sociaux des communautés pauvres recevant des rapatriés. Nous prévoyons de renforcer les services scolaires et sanitaires existants et d’aider à augmenter les revenus issus de l’agriculture et de l’élevage.

 

Dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources existantes et minimiser le coût de cette nouvelle opération, l’UNHCR va redéployer autant de biens que possible utilisés dans d’autres programmes en Afrique de l’Ouest, qui sont actuellement en voie de diminution.

 

 

2 – République démocratique du Congo

 

Des milliers de nouveaux déplacés internes fuient les tensions et l’insécurité accrues dans les districts de Masisi et de Rutshuru au Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La population de l’un des camps de fortune à Mugunga, situé à 15 kilomètres à l’ouest de Goma, a doublé ces deux dernières semaines, selon ceux qui y vivent. Il y a tout juste quatre semaines, Mugunga hébergeait quelque 9 000 personnes déplacées internes. Aujourd’hui, on compte environ 18 000 personnes.

Depuis décembre 2006, plus de 20 sites comme celui de Mugunga ont apparu dans la province du Nord-Kivu, alors que la capacité des familles d’accueil à héberger les nouveaux arrivants a été épuisée.

Nous sommes de plus en plus inquiets quant à l’augmentation du déplacement et des atrocités dans l’est de la RDC. Avec l’accroissement des tensions et le déploiement de forces militaires, la situation risque de dériver vers une catastrophe humanitaire et un désastre en matière de droits de l’homme.

 

Selon nos équipes, davantage de déplacés ont continué à arriver dans divers sites ces derniers jours, alors que les Congolais de nombreux villages situés dans les districts de Masisi et Rutshuru craignent des affrontements entre les forces gouvernementales régulières de la RDC, les troupes hors-la-loi résistant à l’intégration dans l’armée régulière et divers groupes rebelles.

 

Les personnes déplacées internes présentes à Mugunga ont indiqué avoir fui par crainte des combats et de l’escalade de la violence, et non à cause d’attaques directes. Depuis lundi, quelque 600 personnes déplacées ont trouvé refuge dans des conditions de surpeuplement dans un bâtiment scolaire près de Mugunga. Les déplacés dans le site de Mugunga vivent dans des conditions précaires dans une région volcanique. En 1994, Mugunga a connu une tragédie humanitaire, lorsque des centaines de milliers de réfugiés rwandais y sont arrivé après avoir fui leur pays suite au génocide rwandais, formant l’un des plus grands camps de réfugiés à cette époque.

 

L’accès aux déplacés est un problème pour les agences humanitaires à cause de la dégradation de la situation humanitaire. Lorsque c’est possible, nos équipes de surveillance sur le terrain visitent régulièrement les zones de déplacement pour évaluer les besoins.

 

Pour améliorer les conditions de vie sur le site de Mugunga, l’UNHCR a organisé une formation hier pour les représentants des déplacés et les autorités locales à Mugunga, mettant l’accent sur la gestion du camp. Nos équipes ont fourni des instructions pour la distribution de l’eau, la maintenance des abris et des latrines. D’autres ONG et agences des Nations Unies font leur possible pour fournir des articles domestiques et des rations alimentaires aux déplacés dans ce site ainsi que d’autres au Nord-Kivu.

 

Nous prévoyons actuellement davantage de projets pour améliorer les conditions de vie dans les sites accueillant des déplacés au Nord-Kivu. Depuis décembre 2006, environ 180 000 Congolais ont été nouvellement déplacés au Nord-Kivu, incluant des mouvements de réfugiés vers l’Ouganda. Les dernières informations datent de la semaine dernière, selon lesquelles quelque 10 000 Congolais ont fui vers le district de Kisoro au sud-ouest de l’Ouganda. Au total, on compte maintenant plus de 650 000 déplacés internes dans la province du Nord-Kivu.

 


 


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