Libye – Sécurité des journalistes / Point de presse du porte-parole du Quai d’Orsay
PARIS, France, 25 août 2011/African Press Organization (APO)/ — Point de presse du 25 août 2011
Plusieurs de vos confrères couvrant les événements à Tripoli se sont retrouvés dans des situations sécuritaires difficiles au cours des derniers jours. Deux journalistes français ont été blessés par des tirs d’armes automatiques.
Comme vous le savez, nous ne disposons à ce jour d’aucune présence diplomatique ou consulaire à Tripoli.
Dès lors, nous appelons les journalistes français qui se trouvent actuellement en Libye, et à Tripoli tout particulièrement, à faire preuve de la plus grande prudence, à rester groupés et à éviter les lieux où peuvent se produire encore des affrontements sporadiques dans la capitale libyenne.
Nous les encourageons à rester en liaison étroite avec leurs rédactions respectives en France, et à continuer à signaler toute situation difficile qui pourrait les affecter au centre de crise du Quai d’Orsay (01.53.59.11.00).
Q – Pouvez-vous nous informer si la France invitera des pays arabes à la conférence des «amis de la Libye» ? Et quel est, d’après-vous, le rôle que les pays voisins de la Libye, dont l’Egypte, peuvent jouer dans la période de l’après-Kadhafi.
R – La France et le Royaume-Uni inviteront évidemment, et au plus haut niveau, les pays arabes directement concernés par la phase précédente mais aussi tous ceux qui souhaitent participer à la reconstruction de la Libye.
Les pays voisins de la Libye, et en particulier l’Égypte, auront évidemment un rôle majeur à jouer pour accompagner la nouvelle Libye dans sa transition.
C’est pourquoi ils seront invités à la conférence du 1er septembre, qui leur permettra de témoigner de leur solidarité avec la Libye post Kadhafi.
Q – Pouvons-nous avoir des chiffres sur le montant global des avoirs libyens gelés en France ? Et si possible, quelle est la part des avoirs liquides, des biens patrimoniaux, etc.?
R – Sous réserve de vérification auprès des administrations concernées et de consolidation des données du périmètre des avoirs libyens en France, lesquels peuvent revêtir de nombreuses formes, l’évaluation du montant global est toujours en cours. Il s’agit vraisemblablement de sommes très importantes.
Q – Où en sont les efforts diplomatiques à l’ONU pour débloquer les avoirs libyens gelés ? Est-ce le Comité des sanctions qui va trancher ou y a-t-il un texte de résolution en préparation ?
L’Afrique du Sud est-elle le seul pays qui pose problème ?
R – La priorité pour la France et de l’ensemble de ses partenaires est aujourd’hui la reconstruction de la Libye. À cette fin, le CNT doit pouvoir disposer des ressources financières libyennes qui avaient été gelées.
Dans ce contexte des consultations sont toujours en cours et elles portent, plus précisément, sur deux points distincts :
- au Comité des sanctions, sur une demande précise destinée à obtenir une exemption sur la base des critères prévus par la résolution 1970 ;
- au Conseil de sécurité, sur les modalités qui permettraient de dégeler les avoirs des entités dont le gel a été décidé par les résolutions 1970 et 1973.
Dans ces deux enceintes les discussions sont en cours. La France souhaite qu’elles aboutissent rapidement. Nous travaillons dans cet esprit.
Q – Selon Paris-Match citant des informations d’une cellule coordonnant plusieurs services de renseignements arabes, Kadhafi aurait encore séjourné dans une maison de Tripoli mercredi matin. Avez-vous eu cette information ?
R – Non, je n’ai pas cette information.
Q – Notre correspondant en Libye constate que des Français et des Britanniques opérant en civil sont sur le terrain aux côtés des rebelles sur le Front Est. Quelle est votre explication ?
R – Je vous renvoie aux propos du président de la République prononcés hier qui ont été parfaitement clairs.
SOURCE
France – Ministry of Foreign Affairs
