
Message de Monsieur Chiaki TAKAHASHI, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, lors de la 19ème Session ordinaire du Conseil Exécutif de l’Union Africaine (UA)
MALABO, Guinée Equatoriale, 27 juin 2011/African Press Organization (APO)/ — Message de Monsieur Chiaki TAKAHASHI, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, lors de la 19ème Session ordinaire du Conseil Exécutif de l’Union Africaine (UA)
Son Excellence Monsieur Ignacio Milam Tang, Premier Ministre de la
République de Guinée Equatoriale,
Son Excellence Monsieur Pastor Micha Ondo Bile, Président du Conseil
Exécutif de l’UA,
Son Excellence le Docteur Jean Ping, Président de la Commission de l’UA,
Mesdames et Messieurs les Ministres et les Chefs de Délégation,
Mesdames et Messieurs,
1. Introduction
Je souhaiterais vous présenter mes félicitations à l’occasion de cette 19ème
Session ordinaire du Conseil Exécutif de l’UA.
2. Manifestation de gratitude pour le soutien reçu des pays africains après
le désastre sismique et la détermination du Japon à soutenir l’Afrique
Comme vous le savez, le Japon a été frappé le 11 mars par une catastrophe
sans précédent, et de nombreuses personnes ont ainsi perdu la vie ou sont
portées disparues. A la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi,
endommagée par le tsunami, les efforts se poursuivent jour et nuit pour
apaiser la situation.
Dans ce contexte, nous avons reçu des pays africains un nombre
incalculable de messages de sympathie et de soutiens. Ce grand désastre a
donc été aussi pour moi l’occasion de me rappeler que, même si notre pays et
l’Afrique sont géographiquement éloignés, ils n’en sont pas moins liés par des
relations étroites (kizuna) de confiance. Permettez-moi donc de saisir cette
occasion pour vous manifester à tous, qui représentez les pays africains, notre
profonde reconnaissance, au nom du gouvernement et du peuple japonais.
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Ainsi que le Ministre M. Matsumoto et moi-même l’avons déclaré lors de la
Réunion ministérielle de suivi de la TICAD (Conférence Internationale de
Tokyo sur le Développement de l’Afrique), organisée en mai à Dakar, le Japon
est déterminé à fidèlement remplir ses engagements faits à la TICAD IV,
malgré les difficultés dues au séisme. Ensuite, en approfondissant sa solidarité
avec l’Afrique, il souhaite vigoureusement mener envers elle une politique
reposant sur trois piliers, à savoir (1) contribuer à la paix et à la stabilité, (2)
accroître l’aide au développement, le commerce et les investissements, et (3)
s’attaquer aux questions d’échelle planétaire
3. Les 3 piliers de la politique africaine du Japon
La politique japonaise envers l’Afrique consiste en trois piliers.
(1) Contribuer à la paix et à la stabilité
Le premier de ces piliers, c’est donc de « contribuer à la paix et à la
stabilité ».
Le Japon se félicite des efforts en cours pour la démocratisation et la
stabilité politique en Afrique. En Côte d’Ivoire, des efforts de retour à la paix
et de réconciliation nationale sont en particulier menées sous l’administration
du Président Ouattara. Par ailleurs, le Sud-Soudan s’apprête à accéder à
l’indépendance le 9 juillet prochain, dans le respect de la volonté du peuple,
exprimée lors d’un référendum.
D’un autre côté, la violence en Libye doit immédiatement prendre fin. Le
Japon accorde de l’importance aux efforts d’arbitrage et de médiation
coordonnés par les Nations Unies et l’Union Africaine. Nous souhaitons que
l’Egypte et la Tunisie connaissent une transition stable vers des régimes
politiques démocratiques.
Le Japon continuera à contribuer à la paix, à la stabilité et à l’enracinement
de la démocratie en Afrique tout en menant un appui dans les domaines du
maintien et de la construction de la paix, notamment à travers une assistance
aux élections et aux centres de formation aux opérations de maintien de la
paix (OMP), dans le cadre du processus de la TICAD.
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(2) Accroître l’aide au développement, le commerce et les investissements,
Le deuxième pilier consiste à « accroître l’aide au développement, le
commerce et les investissements ».
Comme je l’ai indiqué plus haut, le Japon est déterminé à continuer à
fidèlement remplir les engagements globaux faits à la TICAD IV. Concernant
en particulier les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), nous
mettrons progressivement en oeuvre l’aide au développement, notamment dans
les domaines de la santé et de l’éducation. Ceci s’est concrétisé par les
« Engagements Kan ». Et sur la base des résultats de la Réunion de suivi des
OMD qui a été tenue à Tokyo début juin, en coopération avec les pays
africains, le Japon continuera à prendre l’initiative dans les débats de la
communauté internationale concernant les OMD actuels et les objectifs
internationaux au-delà de 2015. A ce propos, nous accueillons
chaleureusement la proposition de l’Afrique du Sud d’organiser la prochaine
réunion de suivi des OMD de 2013 en Afrique australe.
Du point de vue économique, l’Afrique poursuit maintenant une croissance
positive et régulière. Pour que celle-ci soit durable, le Japon entend poursuivre
non seulement son aide, mais aussi des efforts intégrés dans une coopération
public-privé incluant la promotion de l’investissement privé.
(3) S’attaquer aux questions d’échelle planétaire
Le troisième pilier consiste à « s’attaquer aux questions d’échelle planétaire
». L’Afrique est un partenaire indispensable aux différents efforts que le Japon
engage concernant les questions internationales.
Concernant la question du changement climatique en particulier, la manière
dont se positionneront les pays africains va se révéler un facteur clé à
l’approche de la Conférence des parties COP17 qui se tiendra en novembre en
Afrique du Sud. Le Japon souhaite renforcer sa coopération avec les pays
africains en vue de l’adoption rapide d’un nouveau texte juridique unique et
compréhensif, qui établira un cadre international équitable et efficace auquel
participeront toutes les principales économies. Continuant d’appuyer les
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efforts des pays africains pour répondre au changement climatique, le Japon
coopèrera aussi avec eux pour élaborer la « Stratégie de Croissance à Faibles
Émissions de Carbone et de Développement Durable pour l’Afrique ». Lors de
la précédente Réunion ministérielle de suivi de la TICAD, il avait été convenu
que cette stratégie serait à formuler en coopération avec ces pays.
Le Japon et les pays africains souhaitent de concert que la réforme du
Conseil de sécurité des Nations Unies prenne rapidement place. Il nous faut
réformer le Conseil de sécurité, dont la composition fondamentale n’a pas
changé durant les 65 ans écoulés depuis sa création, afin qu’il reflète la réalité
de la communauté internationale du vingt-et-unième siècle.
Plus de la moitié des questions dont délibère le Conseil de sécurité
concernent des pays africains. La représentation de l’Afrique doit donc y être
garantie sous la forme d’un statut de membre permanent.
Pour améliorer la situation actuelle le plus rapidement possible, le Japon
mène les débats sur la réforme en collaboration avec des pays qui la
souhaitent. Tant qu’un élan pour la réforme se développe, le Japon est
déterminé à agir avec les pays africains pour rapidement concrétiser celle-ci.
4. Approfondissement des relations entre le Japon et l’Union Africaine
Je souhaiterais également évoquer nos relations avec l’Union Africaine.
L’Union Africaine remplit un rôle d’importance croissante aussi bien pour la
paix et la sécurité que pour le développement. Dans ce contexte, la
Commission de l’Union a participé, pour la première fois en tant que
co-organisateur, aux processus de préparation et de tenue de la Réunion
ministérielle de suivi de la TICAD.
Sur la base du communiqué conjoint publié lors de la visite au Japon du
Président Jean Ping, en août dernier, le Japon souhaite développer
progressivement ses relations avec l’Union Africaine, et en partenariat avec
elle, il promouvra les futurs processus de la TICAD.
5. Conclusion
L’Afrique doit encore faire face à des défis tels que la pauvreté, les conflits
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ou la gouvernance, mais elle suscite l’attention de la communauté
internationale en tant que « continent porteur d’espoirs et d’opportunités ». Je
voudrais donc conclure en mettant l’accent sur la détermination du Japon
d’avancer avec l’Afrique tout en approfondissant sa solidarité avec elle,
solidarité qui a été reconfirmée à l’occasion du grand séisme.
Merci de votre aimable attention.
(Fin)
SOURCE
Japan – Ministry of Foreign Affairs
