
SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DE L’UNION SUR L’ETAT DE LA PAIX ET DE LA SECURITE EN AFRIQUE, ADDIS ABEBA, ETHIOPIE, 25 MAI 2011 / Déclaration sur l’état de la paix et de la sécurité en Afrique / Renforcer le leadership de l’Afrique, Promouvoir des solutions africaines
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 27 mai 2011/African Press Organization (APO)/ — Déclaration sur l’état de la paix et de la sécurité en Afrique
La Conférence de l’Union, lors de sa session extraordinaire tenue à Addis Abéba, en
Ethiopie, le 25 mai 2011, pour passer en revue l’état de la paix et de la sécurité en Afrique, a
examiné la situation qui prévaut sur le continent sur la base du rapport du Président de la
Commission [EXT/ASSEMBLY/AU/2.(01.2011)].
La Conférence a noté que cette session se tenait dans un contexte particulier, marqué par
les changements profonds intervenus en Tunisie et en Egypte, le grave conflit qui prévaut en
Libye, ainsi que par les situations en Somalie, avec la fin imminente de la transition, et au
Soudan, avec la persistance de la crise au Darfour et les menaces que la tension actuelle à
Abyei fait peser sur les avancées enregistrées dans la mise en oeuvre de l’Accord de paix
global (CPA).
La Conférence s’est réjouie des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la Déclaration
[SP/ASSEMBLY/PS/DECL.(I)] et du Plan d’action [SP/ASSEMBLY/PS/PLAN(I)] de
Tripoli du 31 août 2009. Elle a réaffirmé la pertinence de ces documents, et souligné la
nécessité pour tous les acteurs concernés de continuer à oeuvrer à leur mise en oeuvre
diligente.
De façon plus spécifique, la Conférence a salué les évolutions intervenues en Tunisie et en
Egypte, et souligné qu’elles constituent une occasion pour les Etats membres de renouveler
Leur engagement en faveur de l’Agenda de l’UA pour la démocratie et la gouvernance,
d’insuffler une dynamique additionnelle aux efforts déployés à cet égard et de mettre en
oeuvre des réformes socio‐économiques adaptées à chaque situation nationale.
La Conférence a réitéré la nécessité d’évaluer l’état de mise en oeuvre des instruments de
l’UA relatifs à la démocratie, à la bonne gouvernance et à l’état de droit, en vue de renforcer
leur efficacité et de les adapter, le cas échéant, aux circonstances changeantes de l’évolution
historique des peuples africains et aux avancées de l’action africaine commune tendant à la
réalisation des objectifs stratégiques de l’UA. La Conférence attend avec intérêt les
recommandations que le Groupe des Sages doit soumettre à cet effet, conformément à la
Déclaration adoptée par la 275ème réunion du CPS [PSC/MIN/BR. 2(CCLXXIV)], tenue le 26
avril 2011.
La Conférence a également salué le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée et au Niger ;
la tenue du référendum d’auto‐détermination au sud‐Soudan et l’engagement des parties
soudanaises à bâtir deux Etats viables, vivant côte à côte, dans la paix et le bon voisinage, et
oeuvrant ensemble pour relever les défis qui leur sont communs ; ainsi que la fin de la crise
postélectorale en Côte d’Ivoire.
La Conférence a exhorté les parties au CPA à ne ménager aucun effort pour surmonter les
difficultés actuelles à Abyei et mener à leur terme les négociations sur les aspects pendants du
CPA et les arrangements post‐référendaires, sous les auspices du Groupe de mise en oeuvre
de haut niveau de l’UA sur le Soudan. Elle a souligné la nécessité d’imprimer une dynamique
nouvelle à la recherche de la paix au Darfour, notamment à travers le lancement immédiat du
Processus politique dans cette région, sous les auspices du Groupe de mise en oeuvre de haut
niveau.
Après avoir salué les avancées importantes enregistrées sur le terrain par les forces du
Gouvernement fédéral de transition (TFG) et la Mission de l’UA en Somalie (AMISOM), la
Conférence a exhorté les dirigeants somaliens à mettre un terme aux divisions au sein des
Institutions fédérales de transition et de se concentrer sur la réconciliation, afin d’être à la
Hauteur des attentes de la population somalienne. Elle a demandé au CPS, en consultation
avec l’IGAD et les parties somaliennes, de se réunir aussi rapidement que possible pour
prendre les décisions qui s’imposent sur la question de la fin de la transition et des
arrangements post‐transition. La Conférence s’est déclarée particulièrement préoccupée par la
grave situation humanitaire qui prévaut en Somalie, du fait de la violence et de la secheresse
qui sévit actuellement, et a lancé un appel à tous les Etats membres et à la communauté
internationale dans son ensemble pour qu’ils apportent l’assistance requise aux populations
affectées.
La Conférence a souligné la nécessité d’efforts renouvelés pour consolider la paix, partout
où elle a été restaurée, ainsi que pour prévenir les conflits. A cet égard, elle a réitéré son appel
à tous les Etats membres concernés pour qu’ils apportent la coopération nécessaire aux
instances compétentes de l’UA. La Conférence a également souligné l’importance que revêt la
prévention structurelle des crises et conflits, tant à travers la mise en oeuvre des instruments
pertinents de l’UA que l’accélération de l’intégration socio‐économique du continent et la
promotion du bien être de ses populations, y compris à travers le développement des
infrastructures.
Au regard des leçons tirées de tentatives de marginalisation de l’Afrique, la Conférence a
souligné la nécessité d’affirmer et de promouvoir le leadership africain dans la gestion et le
règlement des crises qui affectent le continent. Elle a demandé aux partenaires de l’UA
d’accepter ce leadership et d’oeuvrer à son renforcement et à celui de l’appropriation
continentale, comme conditions de la pérennité des avancées enregistrées dans la quête de la
paix et de la sécurité sur le continent.
Dans ce cadre, la Conférence a reconnu la nécessité d’efforts continus pour renforcer
l’efficacité des initiatives du continent dans le domaine de la paix et de la sécurité, notamment
en assurant que l’UA, à travers le CPS, se saisisse promptement des différentes situations de
crises et de conflits sur le continent et prenne les décisions requises.
La Conférence est également convenue de la nécessité de mobiliser des ressources accrues
au niveau du continent pour soutenir l’Agenda pour la paix et la sécurité de l’UA. Elle a
demandé à la Commission de lui soumettre, dès que possible, des propositions concrètes à cet
égard. Dans l’intervalle, elle a exhorté tous les pays africains à faire des contributions
volontaires au Fonds de la paix, tout en encourageant la Commission à explorer des sources
complémentaires de financement, comme envisagé dans le cadre du programme de suivi de
l’Année de la paix et de la sécurité, tel qu’entériné par la 15ème session ordinaire de la
Conférence de l’Union, tenue à Kampala, en Ouganda, du 25 au 27 juillet 2010
[Assembly/AU/ Dec.295(XV)].
Enfin, la Conférence a souligné la nécessité de renforcer l’action collective africaine dans le
cadre de l’UA, ainsi que la nécessité d’optimiser l’efficacité et l’impact de la contribution de
l’UA au Conseil de sécurité, dans l’attente de la réforme tant nécessaire du Conseil, pour que
les positions de l’Afrique soient dûment prises en compte. A cet égard, la Conférence a
demandé à la Commission de lui soumettre des propositions sur les voies et moyens de mieux
coordonner les positions africaines au Conseil de sécurité, et de faire en sorte qu’elles
renforcent davantage les décisions prises par le CPS et d’autres instances compétentes de
l’Union.
SOURCE
African Union Commission (AUC)
