
Côte d’Ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI
ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 22 avril 2011/African Press Organization (APO)/ — Côte d’Ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI
Hamadoun Touré (Porte-parole de l’ONUCI) : Bonjour mesdames et messieurs, Bienvenue à ce point de presse hebdomadaire de l’ONUCI. Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, YJ Choi, est actuellement à New York pour une mission au siège de l’Organisation interrnationale. Il poursuit ses consultations sur les derniers développements de la situation dans le pays et a fait une présentation devant ce que nous appelons les pays contributeurs de troupes, il s’agit des Etats membres qui envoient des policiers et des militaires servir au sein de l’ONUCI. M. Choi va également discuter du futur rôle qui sera confié à l’ONUCI au sortir de la crise postélectorale.
C’est pour cette raison que l’ONUCI suit attentivement les nouveaux défis au triple plan sécuritaire, humanitaire et celui des droits de l’Homme. La Mission réitère sa disponibilité à ne ménager aucun effort pour aider le Gouvernement à se hisser à la hauteur de ces trois chantiers qui pourraient servir de socle à la cohésion sociale et à la réconciliation nationale.
Ainsi, depuis le mercredi 21 avril 2011, l’ONUCI a lancé des patrouilles conjointes avec les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) visant à accélérer le retour de la loi et de l’ordre à Abidjan. Nos troupes ont aussi la responsabilité de sécuriser le port et tiennent les anciens postes de contrôle autour du Golf Hôtel.
Dans le même cadre, l’ONUCI assure la protection du siège national de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Plateau, et en fera de même pour ses succursales à l’intérieur du pays. L’ONUCI espère que ces patrouilles vont contribuer à davantage rassurer les populations en vue de la reprise effective des activités quotidiennes.
Au cours de la semaine écoulée, 976 patrouilles terrestres, mixtes et aériennes on été exécutées. A quoi s’ajoutent des escortes de convois logistiques et de personnalités. Une patrouille de l’ONUCI a essuyé hier mercredi, des tirs au carrefour SIPOREX de Yopougon. Au vu de la situation encore troublée, il a été décidé de renforcer la présence des casques bleus dans cette zone. Ainsi, une centaine de casques bleus exécutent des tâches de patrouille 24 heures sur 24. Nous contribuons à assurer la sécurité en conservant notre impartialité militaire.
L’opération de désarmement et de collecte d’armes par les casques bleus en dehors des camps commencée au lendemain du départ de l’ancien Président Laurent Gbagbo se poursuit. Une cinquantaine d’armes légères, une dizaine d’armes lourdes et plus de 3000 munitions ont déjà été recupérées en plus de quelques équipements de transmission.
Une équipe de déminage de l’ONUCI a commencé les travaux de dépollution à Cocody qui comme vous le savez fut le théàtre de combats meurtriers au cours des dernières semaines.
Avant de clore le chapitre militaire, je voudrais annoncer l’arrivée de 250 soldats du Malawi dans le cadre du renforcement de l’ONUCI. Cette compagnie fait partie des 2000 casques bleus autorisés par le Conseil de Sécurité. Mais au total, le contingent malawite sera composé de 850 éléments.
Au plan humanitaire, pendant le mois de mars, 1 423 patients Ivoiriens ont bénéficié de soins médicaux gratuits et 56 000 litres d’eau potable distribués dans certaines villes comme Man, Zuenoula, Seguela, Boundiali etc.
En Zone 4, à Abidjan, nos troupes ont distribué 150 repas aux nécessiteux et des médicaments ont été également donnés à 1 000 patients à l’hôpital de Treichville.
Dans le même ordre, le retour d’une sécurité relative a permis l’acheminement de l’aide à l’intérieur du pays, en particulier dans les zones où les populations ont été particulièrement éprouvées par les affrontements.
En raison de l’amélioration de la situation, l’ONUCI va intensifier le suivi et les enquêtes sur les nombreuses allégations de violations des droits de l’homme. Il s’agira de rencontrer les victimes et les témoins de ces allégations pour vérification. Juste entre parenthèses, je voudrais vous rappeler qu’il y a eu une commission internationale d’enquête qui a été mise sur pied et dont les éléments sont attendus très bientôt à Abidjan.
Au chapitre des activités de sensibilisation au retour progressif de la sécurité et de la vie normale, Agnibilékro, Koun Fao et Tanda accueillent la semaine prochaine la caravane de la paix de l’ONUCI que nous avons lancée ici même avec certains de vos collègues le 14 avril à Abidjan. Il s’agit du défilé pour la paix que nous avons organisé pour essayer d’encourager les populations à sortir de chez elles et à mener une vie normale. La même campagne s’est poursuivie le19 à Bondoukou et à Bouna le 20 avril 2011.
Sur le terrain, de nombreuses activités sont prévues dans la région des Savanes. Ainsi, un atelier d’échanges sur la contribution des leaders des jeunesses de Korhogo à la réconciliation et à la cohésion sociale aura lieu le 27 avril avril et le lendemain, c’est à dire le 28 avril, la ville de Kolia accueillera ONUCI Tour, rencontre de proximité avec la population pour œuvrer à la préservation d’un environnement postélectoral apaisé.
Enfin, pour terminer, l’ONUCI se félicite du retour dans les kiosques de certains journaux ivoiriens et exhorte les autorités compétentes à prendre les mesures adéquates en vue de permettre une expression plurielle des opinions dans le paysage médiatique national. Il en va du respect de la liberté de la presse et du droit à l’information des populations. Voila mesdames et messieurs ce que j’avais pour vous en guise d’introduction, si vous avez des questions, je suis prêt à y répondre.
HT: (Reprise en français des questions posées en anglais) : Ils ont demandé s’il y avait quelque chose sur les combats à Yopougon, mais également sur les combats signalés ce matin entre le commando invisible et les éléments des Forces Républicaines. Nous avons également appris, parce que nous avons reçu ces informations. Mais nous faisons tout pour que cela ne déborde pas parce que cela menace les efforts qui ont été déployés depuis 4 mois. Pour ramener la paix pour protéger les populations et pour s’assurer surtout que la Côte d’Ivoire va fermer une page triste de son histoire et en ouvrir une nouvelle. Nous sommes entrain de travailler avec toutes les parties pour leur rappeler leurs responsabilités et leur dire que l’utilisation des armes lourdes contre les populations est intolérable et inacceptable et que l’ONUCI a le mandat, suivant la résolution 1975, de mettre hors d’état de nuire toutes les armes lourdes qui seraient utilisées contres les populations civiles. Nous avons mené une patrouille aérienne hier pour voir la zone et nous assurer que ces armes lourdes n’étaient pas utilisées contre les populations, Mais Il n’y a pas que l’usage de la force, nous utilisons aussi les moyens diplomatiques pour parler aux parties concernées. En ce qui concerne San Pedro, on nous a dit qu’il y avait des querelles internes en fait au sein des forces républicaines, mais que tout était renté dans l’ordre. Nous espérons que cela correspond à la réalité mais nous surveillerons très étroitement ces deux situations qui risquent d’anéantir tous les efforts qui ont été déployés jusqu’à présent.
Michelle Faul (AP) : On a entendu que pendant les affrontements à San-Pedro, c’est l’ONUCI qui est intervenue pour arrêter les confrontations parce que la population était en danger quand il était en train de lancer les obus, les roquettes en pleine ville où il y a la population. Comment ils ont réussi à faire ça et pourquoi est-ce qu’ils ne peuvent pas faire la même chose à Yopougon et à Abobo. ?
HT : D’abord l’intervention lorsque les combats se déroulent, est une situation très délicate. C’est compliqué pour les armes lourdes parce qu’il faut mesurer les dommages collatéraux, Il ne faut pas que les populations que vous voulez protéger soient victimes de vos actions. Donc cela dépend certainement du terrain, ça dépend de la façon dont la confrontation a lieu ; et des querelles internes sont certainement plus faciles à gérer que des affrontements qui opposent deux groupes armés qui n’appartiennent pas au même bord. C’est peut être pour cela que San Pedro a été plus facile gérer. Mais comme je vous l’ai dit, à Yopougon, il y a une centaine de casques bleus pour faire des patrouilles 24 h sur 24. Ca n’arrête pas. Il ya 4 patrouilles, deux qui se succèdent 24 h sur 24 pour essayer de minimiser les effets négatifs de ce qui se passe à Yopougon .C’est très regrettable, je pense que le peuple ivoirien n’a pas besoin de se genre d’affrontements car les populations ont payé un très lourd tribut déjà aux affrontements qui avaient eu lieu au cours des 04 derniers mois. Nous pensons qu’il est urgent de mettre fin à ce genre d’affrontements. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver une solution aussi bien politique, diplomatique que par d’autres voies si c’est nécessaire.
HT: Je disais que nous avons assuré la sécurité du Président de l’Assemblée Nationale [Mamadou Koulibaly] lors de sa visite en Côte d’Ivoire. Vous savez qu’il a rencontré le Président Ouattara. Aujourd’hui nous en ferons de même pour le président du Conseil Constitutionnel, Paul Yao N’Dré qui vient d’Accra pour rencontrer le Président Ouattara.
MF: Encore une question. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire au sujet de l’état de Laurent Gbagbo ?
HT : Je n’ai pas de nouvelle particulière au sujet de Laurent Gbagbo. Je sais que l’ONUCI l’a transporté vers le nord du pays à la demande du gouvernement du Président Ouattara. Nous assurons avec les autorités ivoiriennes sa protection. Nous sommes au deuxième niveau, le premier niveau de protection est assuré par les Forces Républicaines et l’ONUCI contribue à la protection de Laurent Gbagbo. Je n’ai pas de nouvelle particulière le concernant. Merci beaucoup et à jeudi prochain.
SOURCE
Mission of UN in Côte d’Ivoire
