
Côte d’Ivoire : sortir enfin de l’ornière?
DAKAR, Sénégal, 25 novembre 2010/African Press Organization (APO)/ — Le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire risque de dégénérer en affrontements si un appel au calme n’est pas lancé.
Côte d’Ivoire : sortir enfin de l’ornière ?, le dernier briefing Afrique de l’International Crisis Group presse les candidats au second tour de la présidentielle, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, à calmer leurs partisans et à accepter les résultats de l’ élections du 28 novembre 2010. International Crisis Group demande également à la communauté internationale de rester attentive à la situation en Côte d’Ivoire, pour éviter que le pays ne renoue avec la violence.
« Depuis l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle, le climat s’est détérioré », explique Rinaldo Depagne, Analyste Senior de l’Afrique de l’Ouest pour Crisis Group. « Plusieurs affrontements entre les partisans des deux candidats se sont déjà produits. Si ces troubles se poursuivent, c’est tout le processus électoral qui risque de dérailler. »
Le résultat direct du premier tour aura été de renvoyer face-à-face les deux candidats les plus antagonistes du paysage politique ivoirien : le président sortant Laurent Gbagbo (38,3% des voix) et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara (32 ,08% des voix). Alors que le premier tour des élections avait été relativement paisible, malgré des imperfections techniques, chaque camp pourrait désormais être tenté, en cas de défaite, de contester les résultats dans la rue. Les Ivoiriens n’ont pas oublié les affrontements post-électoraux d’ octobre 2000 et la répression par les forces de sécurité d’une manifestation de l’opposition en 2004 qui s’était soldée par au moins 150 morts, selon les Nations unies.
Des moyens existent cependant pour éviter des lendemains d’élection troublés. Il faut avant tout veiller à assurer une meilleure organisation technique du second tour, afin qu’il y ait le moins de contestation possible et donc moins de risque de violences. La communauté internationale doit continuer à soutenir mais aussi à faire pression sur les responsables politiques ivoiriens, et leur rappeler qu’ils seront tenus pour responsables des dérapages de leurs partisans.
Avec cette élection présidentielle, les responsables politiques ivoiriens ont une occasion unique de clore une décennie de crise et de violences récurrentes. Ils ont aussi une occasion inespérée de créer les conditions du redémarrage économique de la Côte d’Ivoire. Les leaders politiques doivent se garder de tout discours extrémiste et respecter la volonté des Ivoiriens de mettre fin à la crise en passant par les urnes. Les candidats doivent accepter les résultats du second tour.
« L’heure n’est plus aux exhortations courtoises », explique Ernst Jan Hogendoorn, Directeur du Programme Afrique de Crisis Group. « Si les responsables politiques ivoiriens ne calment pas immédiatement leurs partisans, la sortie de crise par une élection crédible en Côte d’Ivoire risque bien d’être reportée. »
SOURCE
International Crisis Group
