
Cérémonie d’ouverture du forum EUMETSAT 27 septembre2010 à Ouagadougou
OUAGADOUGOU, Burkina-Faso, 27 septembre 2010/African Press Organization (APO)/ — Allocution de M. Amos TINCANI, Ambassadeur, Chef de Délégation
(Protocole)
Conscients que l’observation de la terre de l’espace est utile pour la gestion de l’environnement, l’UE et EUMETSAT ont soutenu dans les dernières 10 années deux initiatives en faveur de l’Afrique.
En 2003, la “Préparation de l’utilisation de MSG en Afrique” (le projet PUMA), financé par l’Union Européenne, a aidé les communautés météorologiques à obtenir et à utiliser les données satellites afin d’améliorer leur prévision météorologique. Le projet PUMA a mis les données météorologiques à la disposition de tous les services météorologiques en Afrique. Aujourd’hui, les services météorologiques africains utilisent ces images satellites pour leur prévision quotidienne.
Le successeur du projet PUMA, le projet “Surveillance de l’environnement en Afrique pour le développement durable” (AMESD), est un programme panafricain financé par l’UE et coordonné par le Département d’Economie Rural et Agriculture de la Commission de l’Union Africaine, le Secrétariat du Groupe des États ACP, et avec l’appui de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et deux institutions des Nations unies: UNECA et la FAO. Il répond à la nécessité d’améliorer la surveillance de l’environnement pour une gestion durable des ressources naturelles, et ceci, dans cinq régions et avec leur cofinancement régional de l’Afrique subsaharienne, à savoir dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Autorité intergouvernementale pour le Développement (IGAD), de la Commission de l’Océan Indien (COI) et de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). Le projet AMESD se construit sur la connaissance acquise par le secteur météorologique, mais fait maintenant le pont avec le secteur environnemental.
AMESD renforce les capacités régionales en Afrique à l’utilisation des données d’observation de la terre pour le suivi de l’environnement. AMESD développe maintenant des services opérationnels et durables, basés sur l’observation de la terre, au profit de 47 pays en Afrique subsaharienne comprenant tous les pays d’Afrique de l’Ouest. Nous sommes satisfaits que grâce aux programmes comme PUMA et AMESD, l’Afrique puisse maintenant pleinement profiter de cette infrastructure spatiale pour leur propre gestion de l’environnement. La dimension continentale d’AMESD est soutenue par cinq actions thématiques régionales : la gestion des ressources en eau, la gestion marine et côtière, la gestion des terres agricoles et pastorales, le suivi des sécheresses, la dégradation des terres, l’atténuation de la désertification, et la conservation des habitats naturels.
L’action mise en œuvre en Afrique de l’Ouest (plus le Tchad et la Mauritanie) se concentre sur la gestion de l’eau pour les terres agricoles et pastorales. Cette mise en œuvre est confiée au Centre Régional AGRHYMET. L’agriculture est la première source de revenus en Afrique de l’Ouest. Le suivi de la sécurité alimentaire est une question de très grande importance. L’identification précoce des populations à risque permettra la planification adéquate des actions visant à empêcher des crises alimentaires sérieuses. Les services d’information qui sont développés pour l’Afrique de l’Ouest comprennent le développement des indicateurs environnementaux relatifs à 4 thèmes environnementaux : 1) suivre la croissance des végétaux pour évaluer le rendement des récoltes et des pâturages ; 2) déterminer les zones affectées par la désertification ; 3) localiser et suivre les petits points d’eau et enfin 4) localiser les feux de brousse et estimer les zones brûlées. En outre, un “bulletin de veille environnementale” est régulièrement publié par AGRHYMET depuis août 2009.
Je suis heureux de signaler que grâce à l’observation de la terre, le projet AMESD pourra très bientôt fournir des services en Afrique pour l’agriculture, l’eau, le suivi de la sécheresse et des feux.
Si AMESD a connu des difficultés de démarrage, il est actuellement sur les rails et offre des services utile pour les utilisateurs africains.
Parallèlement, l’Europe et l’Afrique travaillent ensemble depuis quelques années pour décliner le 8e partenariat sur la science, la société de l’information et l’espace, avec un programme d’action prioritaire.
En octobre 2006 à Maputo, la Commission de l’Union Africaine et les cinq communautés économiques régionales (dont fait parti la CEDEAO) ont demandé que l’effort “d’observation de la Terre en Afrique” devait être renforcé par le lancement d’un “programme GMES Afrique”. L’Union Africaine a confirmé sa conviction que l’initiative “GMES Afrique” complétera, à une échelle internationale, les efforts européens sur le GMES, consolidera les objectifs de PUMA et d’AMESD, et contribuera au renforcement du 8e partenariat Europe-Afrique. Fort de cette conviction, l’Union européenne a été invitée à élargir l’initiative européenne de GMES à l’Afrique.
Cette initiative politique a été consolidée par la déclaration de Lisbonne en décembre 2007, avec une décision de lancer le Plan d’Action pour GMES et Afrique, qui est en cours de développement, et qui devrait être présenté, pour adoption, lors du Sommet Afrique-UE qui tiendra en Libye le 29-30 novembre prochain.
Ce plan d’action vise à utiliser pleinement le potentiel des systèmes spatiaux pour le développement local, régional, et continental durable, et pour renforcer la capacité de l’Afrique et son appropriation dans l’utilisation de la technologie de la télédétection. Le plan d’action introduit également un dialogue structuré à long terme entre l’Afrique et l’Europe sur les applications connexes d’observation de la terre.
Nous sommes actuellement a la croisée des chemins en termes du partenariat Europe-Afrique sur l’espace. Si l’initiative ‘GMES Afrique’ reste le fer de lance du partenariat actuel, je constate aujourd’hui un manque de souffle, de vision, une dispersion des efforts, sans qu’une orientation concrète et claire n’émerge.
Il est important que les acteurs du Partenariat Stratégique UE-Afrique développent ensemble, une réelle vision commune pour l’innovation et la coopération spatiale, un plan d’actions cohérent et faisable, avec des échéances et des budgets. Le Joint Expert Group nr 8 pourrait être plus focalisé sur les résultats.
Coté africain, il est a mon avis important de disposer d’une structure large et ouverte de dialogue sur l’espace, incluant non seulement les scientifiques, mais aussi les utilisateurs. Ce dialogue ne doit pas être limité aux sciences et aux technologies. Nous devons faire la preuve que l’espace apporte une solution concrète aux problèmes de tous les jours à l’africain moyen.
Si le leadership de la Commission de l’Union Africaine est essentiel, les Communautés économiques régionales (REC) sont également des partenaires institutionnels clé.
Un équilibre est également à rechercher entre planification et vision à long terme, et mise en œuvre des projets mûrs, tels que la continuation du projet AMESD. Une attention prioritaire aux projets qui apportent une solution aux problèmes des africains maintenant (low-hanging fruits) est utile pour démontrer le bien fondé de notre investissement.
Enfin, il faut caler notre action dans le cadre des échéances institutionnelles.
A ce propos, le Programme GMES actuel est financé jusqu’en 2013. Afin d’assurer son financement pour la période des prochaines perspectives financières, 2014-20, nous devons déjà être en mesure d’identifier et de justifier les besoins des utilisateurs africains. Les parties africaines et européennes doivent donc se mettre d’accord sur un Plan d’Action détaillé et ‘bancable’ au plus tard au printemps 2011 pour faire part des inéluctables arbitrages budgétaires. Ceci est essentiel pour assurer un futur financement de GMES Afrique qui réponde aux vrais besoins africains.
Dans le cadre de la coopération au développement, il est important de s’insérer dans le cycle de programmation du 10ème FED. Le fonds intra-ACP et plusieurs régions africaines ont déjà indiqué leur désir de construire sur PUMA et AMESD, tout en poursuivant activement la vision plus large de l’initiative GMES Afrique.
La continuation du projet AMESD est en cours d’identification, et notre espoir est d’avoir un projet approuvé d’ici la fin 2011, pour un montant supérieur au projet AMESD actuel.
Je voudrais souhaiter à tous les participants au 9e Forum des usagers d’Eumetsat un plein succès dans leurs délibérations.
SOURCE
Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso
