Afrique francophone / Décideurs politiques et entreprises se concentrent sur les nouvelles technologies pour mettre les services financiers à la disposition des populations pauvres en Afrique francophone
DAKAR, Sénégal, 16 juin 2010/African Press Organization (APO)/ — L’exploitation du potentiel technologique pourrait accroître considérablement l’accès aux services financiers des populations pauvres du monde entier, selon le CGAP, un groupe de microfinance basé à la Banque mondiale, et l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI), un réseau international de décideurs politiques dans les pays en développement. Mais cela ne se fera que si les régulateurs et les entreprises privées trouvent le bon équilibre entre la protection des intérêts des consommateurs et la promotion de l’innovation dans le domaine de la banque à distance – un équilibre qui produit déjà des résultats tangibles dans certains pays, en particulier en Afrique.
« Les populations pauvres ont besoin d’un moyen sûr pour épargner et envoyer de l’argent, et
des innovations africaines telles que M-PESA et M-KESHO nous montrent à tous comment
atteindre le milliard de personnes dans le monde qui disposent d’un téléphone portable mais
n’ont pas de compte bancaire », a dit Alexia Latortue, Directrice par intérim du CGAP. « Des
millions de personnes dans toute l’Afrique francophone pourraient accéder à des services
financiers sûrs et à moindre coût en utilisant des téléphones portables et d’autres technologies,
de manière à pouvoir ainsi de gérer leur vie financière. »
C’est dans cette optique que décideurs politiques et hommes d’affaires de 11 pays africains se
réunissent aujourd’hui à Dakar, Sénégal. Il s’agit-là du premier séminaire sur la banque à
distance organisé à l’intention de décideurs politiques et régulateurs de haut-niveau d’Afrique
francophone. Y sont attendues des délégations du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de
la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, de la Guinée, de Madagascar, du
Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal.
Selon Alfred Hannig, Directeur exécutif de l’AFI, « l’Afrique est un leader mondial de solutions
politiques innovantes pour l’inclusion financière et nous devons apprendre de son expérience et
en tirer parti. La confrontation d’expériences de pays d’Afrique francophone accélérera les
échanges d’idées et de bonnes pratiques ».
L’étude évaluant de la taille du marché de la monnaie électronique réalisée par CGAP/GSMA
en 2009 a trouvé qu’un milliard de personnes n’ont pas de comptes bancaires mais disposent
d’un téléphone portable. Selon cette étude, d’ici 2012, ce nombre passera à 1,7 milliard de
personnes, faisant du téléphone portable un moyen direct pour près de la moitié des personnes
non bancarisées dans le monde. Au moins 364 millions de personnes à faibles revenus et non
bancarisées utiliseront la monnaie électronique d’ici 2012, générant 7,8 milliards de dollars de
recettes pour ce secteur au travers de frais de transaction, une meilleure fidélisation et une
distribution plus efficiente des unités de temps d’appel.
Le programme de technologies du CGAP vise à étendre l’accès aux services financiers aux populations pauvres à l’aide de la
téléphonie mobile et d’autres technologies. Il est cofinancé par la Fondation Bill & Melinda Gates, le CGAP et le département
britannique pour la coopération internationale, DFID. Le CGAP est un centre indépendant de ressources en politiques et de
recherche qui vise à promouvoir l’accès des pauvres du monde entier aux services financiers. Son financement est assuré par plus
de 30 organisations de développement et fondations privées qui partagent la même mission de réduction de la pauvreté. Logé à la
Banque mondiale, le CGAP fournit des informations, promeut des standards, développe des solutions innovantes et offre des
services de conseil aux gouvernements, aux prestataires de services financiers, aux bailleurs de fonds et aux investisseurs. Pour
plus d’informations, voir http://www.cgap.org.
L’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) est un réseau international de banques centrales et d’autres organes de décision en
matière d’inclusion financière de pays en développement. L’AFI offre à ses membres les outils et ressources nécessaires pour
partager, accroître et appliquer leurs connaissances sur les politiques d’inclusion financière. Elle rapproche les décideurs par des
médias virtuels et des rencontres physiques soutenus par des subventions et des partenariats stratégiques, afin qu’ils puissent
échanger leurs connaissances et appliquer les politiques d’inclusion financière les plus appropriées aux réalités particulières de
leurs pays. Pour plus d’information, voir http://www.afi-global.org.
SOURCE
The World Bank
