Communiqué de presse à l’occasion de son Conseil d’administration du 27 mai 2010, l’AFD déploie plus de 450 millions d’euros en faveur du développement durable
PARIS, France, 28 mai 2010/African Press Organization (APO)/ — Eau en Afrique du Sud, électricité en Egypte, lutte contre le changement climatique en Indonésie, éducation au Burkina Faso… : à l’occasion de son Conseil d’administration du 27 mai 2010, l’AFD déploie plus de 450 millions d’euros en faveur du développement durable.
Afrique du Sud : eau potable à Johannesburg
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 50 millions d’euros à la municipalité de Johannesburg pour l’amélioration du réseau de distribution de l’eau dans le quartier de Soweto.
Les municipalités d’Afrique du Sud ont la responsabilité de la distribution d’eau potable et de l’assainissement. A Johannesburg, la Johannesburg Water (JW) distribue l’eau à 3,5 millions d’habitants, dont 1 million dans le township de Soweto. L’opération « Gcin’amanzi (« Conservation de l’eau » en zulu), qui est le plus grand projet de JW, concerne les 170.000 foyers de Soweto. Une première phase, financée par l’AFD, a bénéficié à 99.000 foyers, et la seconde atteindra les foyers restants. Le projet comprend la réhabilitation des réseaux de distribution secondaire, des branchements et des plomberies privées, avec l’installation d’un compteur à prépaiement. Cette opération s’inscrit dans la politique d’insertion des populations les plus démunies à la société sud-africaine post-apartheid.
UEMOA : aide budgétaire
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 20 millions d’euros à la Commission de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) pour la mise en œuvre de son programme Economique Régional (PER).
Cette aide sera versée au Fonds d’Appui à l’Intégration Régionale (FAIR) de la Commission, dans l’objectif de financer son PER quinquennal. Ces fonds sont destinés au financement de projets et programmes et au renforcement des capacités des services de la C-UEMOA.
CEMAC : aide budgétaire
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 30 millions d’euros à la Commission de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) pour la mise en œuvre de son programme Economique Régional (PER).
La majeure partie de cette aide sera rétrocédée à la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) pour financer les projets et programmes du PER. Elle permettra par ailleurs de financer les études de faisabilité des projets et de renforcer les capacités de la Commission.
Afghanistan : programme de développement économique et social
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 15 millions d’euros à la République d’Afghanistan pour le financement d’un programme de développement économique et social, à l’est de Kabul.
La zone de déploiement de l’armée française en Afghanistan couvre la province de Kapisa et le district de Surobi de la province de Kabul, à l’est de la capitale. Cette zone comprend 500.000 personnes, qui vivent essentiellement de l’agriculture. Elle a reçu peu d’aide internationale, pour des raisons de sécurité et d’enclavement, laissant ainsi une grande partie de la population en situation de précarité.
Dans ce contexte, la France a lancé en 2009 un programme de coopération civilo-militaire qui comporte cinq volets : agricole, électrification, éducation, santé et un volet gestion et suivi. Ces actions permettront de favoriser le développement économique et social et de contribuer à la stabilisation politique de cette région.
Egypte : renforcement du réseau de transport électrique
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 50 millions d’euros à la République d’Egypte pour le renforcement de son réseau de transport électrique.
Le projet, dont le maître d’ouvrage sera la compagnie égyptienne de transport d’électricité EETC, est un programme multi-investissement de 762 millions d’euros ayant trait aux infrastructures du réseau égyptien de transport d’électricité de 220 et 500 kV. Il contribuera à fournir un approvisionnement fiable en électricité pour faire face à l’augmentation de la demande intérieure, notamment en raccordant au réseau de nouvelles structures de production d’énergie éolienne et en permettant des raccordements futurs aux réseaux de pays limitrophes, dont l’Arabie saoudite et la bande de Gaza.
Indonésie : lutte contre le changement climatique
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 300 millions de dollars à la République d’Indonésie pour son Programme de lutte contre les changements climatiques.
L’Indonésie est devenue, principalement du fait de la déforestation, le 3ème émetteur mondial de gaz à effet de serre, après les Etats-Unis et la Chine. La volonté du Gouvernement de faire face à cette situation et à la crise climatique s’est traduite par l’élaboration de plans de plus en plus contraignants, visant à intégrer cette dimension dans les politiques nationales de développement. La JICA (coopération japonaise) et l’AFD ont décidé, dès 2008, avant d’être rejointes par la Banque mondiale en 2010, d’encourager par une aide budgétaire cet effort substantiel et novateur d’un pays émergeant.
Le principe du CCPL (Climate Change Program Loan), programme de financement triennal (2008 à 2010), est que les engagements annuels des bailleurs accompagnent des décisions de politiques publiques ou la mise en œuvre de programmes pertinents d’un point de vue climatique du gouvernement. Les indicateurs de ce programme sont réunis au sein d’une policy matrix, qui évolue au gré des avancées et des négociations du gouvernement avec les bailleurs de fonds.
Burkina Faso : soutien à l’éducation
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 7 millions d’euros à la République du Burkina Faso pour la mise en œuvre de la phase finale du Programme Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB).
Le Burkina Faso met en œuvre, depuis 2002, un PDDEB qui vise à assurer un développement global de l’enseignement de base, au-delà de la scolarisation primaire. Le concours de l’AFD contribue au financement des plans d’action 2010, 2011 et 2012, qui finalisent ce programme et préparent le suivant. Le PDDEB vise notamment à améliorer l’offre éducative et le rendement du système, de façon à atteindre un taux d’achèvement du primaire de 70% en 2015. En contribuant au renforcement du système éducatif, ce concours renforce le capital humain du pays, condition indispensable à la lutte contre la pauvreté et les inégalités, tout en générant des impacts sensibles sur la santé, la démographie, la citoyenneté, la mobilité et la bonne gouvernance.
Sénégal : production de riz
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 3,3 millions d’euros, sur fonds délégués par l’Union européenne, à la République du Sénégal pour un Programme de Promotion de Partenariat Rizicole dans le Delta du fleuve Sénégal (3PRD). Ce concours vient compléter la subvention de 10 millions d’euros octroyée par l’AFD pour ce programme en décembre 2009.
Après avoir libéralisé le secteur rizicole, puis entrepris les réformes nécessaires aux investissements, le gouvernement sénégalais a lancé en avril 2008 la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA), qui vise à assurer la sécurité alimentaire du pays. Concernant le riz, la GOANA introduit le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR), qui a pour objectif la production de 1 million de tonnes de riz paddy en 2012. Dans cette perspective, le 3PRD permettra d’accroître la productivité agricole à partir de la réalisation d’infrastructures hydrauliques publiques, puis de mettre en valeur 2.500 ha de nouvelles terres irrigables par des investisseurs privés. Ce programme contribuera par ailleurs à l’amélioration des conditions de financement des investissements agricoles et d’accès aux crédits bancaires. Enfin, il soutiendra l’organisation des acteurs de la filière rizicole. L’augmentation escomptée de la production de riz blanc est de 20.000 tonnes par an.
Madagascar : soutien aux investissements des PME
L’AFD a approuvé l’octroi d’une garantie partielle de portefeuille ARIZ II de 10 millions d’euros à la Banky Fampandrosoana Ny Vaotra – Société Générale (BFV-SG) pour l’octroi de prêts d’équipements aux PME.
Les garanties partielles de portefeuille ARIZ II permettent de garantir des prêts octroyés par les banques aux petites et moyennes entreprises. En favorisant l’octroi de ces crédits, ce concours contribuera au développement du tissu économique local et au maintien et à la création d’emplois à Madagascar. La BFV-SG, deuxième banque du pays en termes d’activité, s’est également engagée dans la micro-finance en prenant 20% d’Acces Bank, principal opérateur en micro-finance à Madagascar.
Afrique : financement des infrastructures
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 5 millions d’euros au Fonds Fiduciaire Infrastructures (FFI) pour la réalisation d’investissements régionaux.
En Afrique, l’accès limité aux transports, aux services de télécommunication, d’énergie d’eau potable et d’assainissement constitue un frein important aux dynamiques du développement. Le FFI est un fonds fiduciaire créé en 2007 par la Commission européenne pour promouvoir le financement de projets d’infrastructures transfrontalières ou régionales dans les pays ACP d’Afrique sub-saharienne et de l’Océan indien. Il est abondé par la Commission européenne et 12 Etats membres. En janvier 2010, le fonds était doté à hauteur de 373 millions d’euros, dont 309 par la Commission.
Maroc : formation professionnelle
L’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 20 millions d’euros au Royaume du Maroc pour la création de centres de formation professionnelle dans le secteur de l’automobile.
Au Maroc, 70.000 emplois seront créés sur la période 2009-2015 dans le secteur de l’automobile. Le concours contribuera à la création d’un réseau de centres de formation dans les métiers de l’industrie automobile pour améliorer la compétitivité du secteur et accompagner son développement rapide. Le réseau comprendra deux instituts de formation aux métiers de l’industrie automobile, destinés aux équipementiers, ainsi qu’un centre de formation aux métiers de l’automobile, destiné à Renault et ses sous-traitants. Ces centres assureront des formations de professionnalisation de courte durée (de 1 à 18 mois), à destination des diplômés de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) et de l’enseignement supérieur de niveaux Bac à Bac+4. L’ensemble du dispositif sera sous tutelle du Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.
Vietnam : infrastructures hydrauliques agricoles
L’AFD a approuvé l’octroi d’un financement de 20,8 millions d’euros (prêt de 20 millions d’euros et subvention de 800.000 euros) à la République du Vietnam pour le projet de Renforcement de la Gestion des Ressources en Eau et de Réhabilitation des Infrastructures Hydro-agricoles dans le périmètre de Bac Hung Hai.
L’un des plus anciens et des plus grands systèmes hydrauliques dédiés à l’irrigation et au drainage du Vietnam est celui de Bac Hung Hai, situé sur le bassin du fleuve Rouge et du fleuve Thai Binh. Etant donné son importance économique, sociale et en termes de sécurité alimentaire, et compte tenu de son état de dégradation, le gouvernement a fait de sa réhabilitation l’une de ses priorités d’investissement. Dans une zone très peuplée, les effets sociaux seront conséquents, 560.000 personnes (dont la moitié de femmes) devant bénéficier directement du projet pour diversifier et intensifier leur production agricole. Par ailleurs, 1.900.000 personnes bénéficieront d’une amélioration du drainage et seront ainsi moins exposées aux risques d’inondation.
Haïti : gestion des déchets à Gonaïves et Cap-Haïtien
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 6 millions d’euros à la République d’Haïti pour soutenir son projet de Gestion intégrée des déchets dans les villes de Gonaïves et du Cap-Haïtien (GIDE).
Haïti connait depuis près de vingt ans une situation économique et sociale particulièrement difficile. Le séisme du 12 janvier 2010 qui a frappé au cœur du pays a encore fragilisé l’économie et pratiquement détruit ce qui constituait l’Etat. Le bilan humain fait état de près de 300.000 décès et davantage de blessés et les dommages sont estimés à 8 milliards de dollars. Bien que les villes du Cap-Haïtien et des Gonaïves n’aient pas été touchées, elles en subissent d’importantes conséquences indirectes.
Les transferts de charges prévues par les récentes lois de décentralisation n’ont pas donné aux communes les moyens de gérer leur territoire. A Cap Haïtien, deuxième ville du pays avec 600 000 habitants, la situation est devenue catastrophique, la majeure partie des déchets étant déversée dans la mangrove, contribuant à créer des polders de déchets où les habitants construisent des quartiers entiers. La ville des Gonaïves, qui compte 400 000 habitants, a été submergée par un torrent de boue lors des cyclones de 2004 et 2008, qui ont fait des milliers de morts et laissé la ville anémique, obligeant une quasi reconstruction. La municipalité étant dépourvue de tous moyens d’intervention, la ville est aujourd’hui couverte de décharges spontanées, la boue se mélangeant aux déchets.
La principale composante du projet de Cap Haïtien constituera en la refonte du système de collecte et de traitement des déchets et s’accompagnera d’actions de renforcement des capacités, en partenariat avec la ville de Suresnes ; le patrimoine urbain de la ville, le plus important du pays, sera protégé et mis en valeur. Le projet des Gonaïves financera la réorganisation de la filière et l’aménagement d’un centre d’enfouissement technique ; un important appui sera apporté à la municipalité ; l’ensemble du projet sera mis en œuvre avec la Région île de France, le Syndicat d’assainissement de Paris (SIAAP), Suez-environnement et l’Agence régionale pour les énergies nouvelles (ARENE).
Etablissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis plus de soixante ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique de développement définie par le Gouvernement français. Présente sur le terrain dans plus de 50 pays, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation des enfants, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique… En 2009, l’Agence a consacré plus de 6,2 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays du Sud et en faveur de l’Outre-mer. Ces financements concernent notamment la vaccination de 1,8 million d’enfants, l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable de 7,3 millions de personnes et le soutien de 900 000 emplois dans le secteur productif. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 5 millions de tonnes de CO2 par an.
SOURCE
Agence Française de Développement (AFD)
