
Message du Dr Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine à l’occasion de la commémoration de la Journée De l’Afrique (25 mai 2010)
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 25 mai 2010/African Press Organization (APO)/ — Message du Dr Jean Ping, Président de la Commission de l’Union africaine à l’occasion de la commémoration de la Journée De l’Afrique (25 mai 2010)
Chers soeurs et frères du Continent,
Ami(e)s et partenaires de l’Afrique,
Comme tous les ans, nous célébrons aujourd’hui 25 mai 2010, la Journée de
l’Afrique.
Cette année, nous avons voulu qu’elle soit placée sous le thème de « la
consolidation et du maintien de la paix par le sport ». A quelques semaines de
la 19è édition de la Coupe du Monde du football, organisée pour la première fois
de son histoire sur notre continent, ce thème prend toute sa dimension. Il met
en évidence, la volonté africaine de déployer tous les efforts possibles en vue de
l’accomplissement de la vision d’une Afrique jouissant de la paix, intégrée,
prospère et exerçant un rôle dynamique au sein du concert des Nations. Il fait
aussi écho à la décision prise à Tripoli en août 2009, par nos Chefs d’Etat et de
gouvernement de proclamer 2010, Année de la Paix et de la Sécurité en Afrique.
Il remet également en mémoire, un moment fort et emblématique de l’Histoire
du continent et qui a fait prendre conscience au monde entier, de la puissance du
sport ainsi que de sa contribution en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
Souvenons-nous de la Coupe du Monde de rugby 1995 en Afrique du Sud qui a
scellé la réconciliation de la nation arc-en-ciel, déchirée jusque-là par des
décennies d’apartheid et ce grâce à l’implication personnelle d’un leader
charismatique et visionnaire, le Président Nelson Mandela, qui a accompli un
geste hautement symbolique durant la compétition : en portant le maillot des
Springboks, considérée comme l’équipe des ennemis de la communauté noire, il
ouvrait l’ère du pardon et chassait les craintes de représailles de la communauté
afrikaner. Le sport est ainsi devenu un symbole d’unité retrouvée, de
réconciliation nationale, un moyen pour une nation, au-delà de tous les clivages,
de communier avec ferveur, par la grâce de « l’union sacrée » derrière l’équipe
nationale. Le Président Mandela disait que «le football, aussi bien que le rugby,
le cricket et les autres sports collectifs, a le pouvoir de guérir les blessures». Il
s’agit d’un héritage dont le continent, à l’instar de l’ensemble de la population
sud africaine, peut tirer non seulement fierté mais aussi des enseignements.
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Les annales mondiales recèlent de nombreuses illustrations ayant montré que le
sport pouvait contribuer à atteindre les objectifs de paix et de développement
grâce notamment à son impact médiatique, à travers des actes symboliques
comme la rencontre de football entre l’Arménie et la Turquie qui a entrainé la
reprise des échanges diplomatiques entre ces deux nations. Le sport dispose aussi
d’un potentiel sans égal de mobilisation dans la mondialisation, et sa capacité à
drainer et à toucher les masses ainsi qu’à capter l’attention des jeunes
générations, en fait un outil éducatif de formation, de sensibilisation et de
promotion des valeurs de tolérance, de respect des règles du jeu et de l’arbitre,
de courage, de bonne conduite, de rigueur, de courage, de persévérance, de
l’effort, de l’humilité dans le triomphe, du contrôle de soi dans la défaite et de
l’estime pour l’adversaire. En prônant aujourd’hui le sport comme instrument et
véhicule puissant par lequel l’Afrique peut également promouvoir la paix, nous
réaffirmons notre foi en ces valeurs inhérentes au sport qui rejoignent les valeurs
humaines universelles et nos valeurs africaines partagées ainsi que notre
conviction dans la nécessité de centrer davantage nos actions sur l’amélioration
de l’Homme et de ses valeurs, à travers des activités qui lui permettront de
s’épanouir comme le sport, les échanges et la compétition, pour pouvoir
construire plus vite et plus efficacement la paix dans nos sociétés, entre nos Etats
et avec le reste du monde.
Dans un continent qui continue à être le terrain privilégié des conflits en dépit de
l’opérationnalisation de la plupart de nos instruments et de nos efforts
inlassables, dans une région du monde qui compte le plus grand nombre de
réfugiés et de personnes déplacées et où un certain nombre de processus de
reconstruction dans les situations post-conflit sont engagés, le sport représente
également un outil essentiel, pouvant d’une part, créer des liens et des attaches
entre des communautés qui ont été divisées par des conflits et d’autre part
améliorer les relations des forces et missions de paix avec les populations civiles.
C’est dans ce cadre que s’inscrit par exemple, l’organisation par les Opérations
des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) des tournois comme les
Championnats d’Afrique des Nations (CHAN) avec la Confédération Africaine de
football (CAF), un événement unique dans l’histoire des missions de maintien de
la paix, à s’être déroulé dans un pays émergeant d’une crise. Le sport participe
ainsi à la restauration d’un environnement pacifique propice aux élections.
La paix n’est pas simplement l’absence de guerre ; la paix est aussi synonyme de
développement. Quant à notre continent, il recèle d’énormes potentialités qui
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restent toutefois sous-exploitées, mettant en exergue la nécessité de promouvoir
les valeurs de solidarité pour lui garantir un meilleur avenir. Le sport, de par sa
nature fédératrice qui implique la participation et entraine un phénomène
d’inclusion et de citoyenneté, peut grandement y contribuer.
Pour ma part, dans ce nouveau contexte de la mondialisation auquel l’Afrique est
résolument partie intégrante et acteur et en cette année 2010 durant laquelle
plusieurs Etats africains célèbrent le cinquantième anniversaire de leur
indépendance, je suis confiant dans notre volonté de concrétiser enfin ce rêve
depuis si longtemps caressé par nos Pères fondateurs d’une Afrique
indépendante, unie, prospère et en paix. Comme nous le suggère la devise de
l’Olympisme, ne nous fixons guère de limites dans notre entreprise collective
destinée à asseoir le développement durable de notre continent. Demeurons
toujours des champions ambitieux et hautement performants pour assurer
ensemble l’avenir et la Paix du continent. Citius, Altus, Fortius ! Plus vite, plus
haut, plus fort ! Nous resterons unis pour une Afrique qui sait gagner !
A tous, je souhaite une excellente journée de l’Afrique !
SOURCE
African Union Commission (AUC)
